Le Cross-Border E-Commerce (CBEC) reste en 2026 la porte d’entrée la plus rapide pour une marque étrangère qui veut vendre en Chine sans y ouvrir de société. Le commerce transfrontalier chinois a progressé de 15,5 % en 2025 selon le ministère du Commerce chinois, et la dynamique se confirme sur 2026. Les plateformes Tmall Global, JD Worldwide et Douyin E-commerce continuent de dominer le secteur, chacune avec ses propres codes.
Mais ce qui a le plus changé depuis le lancement du CBEC, ce n’est pas les plateformes. C’est la réglementation qui les entoure : fiscalité, entrepôts sous douane, licences d’exploitation. Une marque qui se lance aujourd’hui sans comprendre ces trois piliers perd du temps, et de l’argent, avant même d’avoir vendu un seul produit.
Gentlemen Marketing Agency (GMA) a pour patron Olivier Verot. Trois versions des règles CBEC lui sont passées sous les yeux. Le plus souvent, ses clients se trompent pour une seule raison : ils suivent encore les règles d’il y a deux ans.
Cependant, avant de se lancer, il est essentiel de comprendre les spécificités du CBEC en Chine. Les régulations évoluent rapidement, et des questions cruciales se posent :
- Quels sont les avantages du CBEC par rapport à l’importation traditionnelle ?
- Quels types de produits sont autorisés à être vendus via le CBEC ?
- Quelles sont les exigences en matière de conformité et de documentation ?
- Ai-je besoin d’une licence chinoise pour vendre via le CBEC ?
- Quelles sont les stratégies marketing efficaces pour atteindre les consommateurs chinois ?
Dans cet article, nous répondons aux 10 questions essentielles que se posent les entreprises désireuses de réussir dans le Cross-Border E-Commerce en Chine en 2026, avec un focus sur la fiscalité, les entrepôts sous douane et les licences. Vous cherchez plutôt un comparatif détaillé des plateformes (Tmall Global, JD Worldwide, Douyin, Xiaohongshu) ? Nous avons écrit un article dédié à ce sujet : quelle plateforme CBEC choisir en Chine.
Qu’est-ce que le Cross border e-commerce ?

Le Cross border e-commerce est simplement l’importation de bien venant de vendeurs de pays étrangers. Les régulations sont spécifiques à chaque pays. Pour faciliter les échanges la Chine a mis en place des zones d’échange relatives au « Cross Border E-Commerce » (CBEC) permettant des transactions et une logistique simplifiées.
Le 21 novembre 2018, le premier ministre Chinois Li Keqiang est revenu sur l’organisation de ces zones. À l’issu de ce meeting, il est décidé d’ajouter 22 villes aux 13 initiales dans le but d’optimiser l’e-commerce trans-frontalier et d’améliorer l’organisation et les résultats de l’économie chinoise. Dans le même cadre, la limite de transaction classique et de transaction annuelle seront augmentées à hauteur de 3000 RMB (de 2000 à 5000 RMB) et 6000 RMB (de 20000 à 26000 RMB) respectivement. C’était le point de départ d’un réseau qui, huit ans plus tard, couvre presque tout le territoire chinois, comme nous le détaillons plus bas.
1 – Comment exporter mes produits ?
Le Cross-Border E-Commerce (CBEC) est aujourd’hui l’un des moyens les plus efficaces pour une marque étrangère de vendre en Chine sans avoir besoin d’une entité locale. Tmall Global, JD Worldwide et Douyin E-commerce ont mis en place des infrastructures spécifiques pour simplifier ce processus, notamment grâce aux zones de libre-échange (FTZ – Free Trade Zones).
Les zones de libre-échange : la clé du Cross-Border E-Commerce
Ces plateformes e-commerce utilisent des entrepôts sous douane situés en Chine dans des zones de libre-échange. L’objectif ? Permettre aux marques étrangères de stocker leurs produits en Chine sans qu’ils soient officiellement importés, évitant ainsi les lourdeurs administratives et retardant le paiement des droits de douane jusqu’à la vente au consommateur final.
Un processus d’importation simplifié
Voici comment cela fonctionne :
- La marque envoie sa marchandise dans une zone de libre-échange (par exemple à Ningbo, Shenzhen ou Hangzhou) désignée par la marketplace (Tmall Global, JD Worldwide ou Douyin).
- Une entreprise d’import agréée par la marketplace se charge du dédouanement lorsque les commandes sont passées.
- Une société logistique partenaire de la marketplace prend ensuite le relais pour la gestion des stocks et la livraison aux consommateurs chinois.
Quelle est la responsabilité de la marque ?
Contrairement à l’importation classique, où l’entreprise doit gérer elle-même le dédouanement, la logistique et la distribution locale, dans le cadre du CBEC, la marque n’a qu’une seule mission : expédier sa marchandise dans l’entrepôt sous douane désigné.
Tout le reste est pris en charge par la marketplace et ses partenaires logistiques :
✔ Dédouanement par une entreprise import agréée.
✔ Stockage en entrepôt sous douane.
✔ Expédition locale aux consommateurs via les partenaires logistiques de Tmall, JD ou Douyin.
Pourquoi choisir le CBEC plutôt qu’une importation classique ?
- Pas besoin d’une entité locale : vous pouvez vendre directement aux consommateurs chinois sans avoir une société enregistrée en Chine.
- Moins de contraintes réglementaires : pas d’enregistrement auprès de la NMPA (pour les cosmétiques, par exemple) ou d’autres organismes.
- Flexibilité et rapidité : la marque peut tester le marché sans investir massivement dans une structure locale.
- Paiement des taxes uniquement à la vente : contrairement à l’importation traditionnelle où les droits de douane sont payés dès l’arrivée des marchandises, ici, la taxation est appliquée au moment de la vente finale.

Ce qui a changé en 2026 : fiscalité, entrepôts et licences
Les mécanismes du CBEC n’ont pas bougé depuis 2018. Ce qui bouge, c’est le cadre fiscal et administratif autour. Voici ce qui change concrètement en 2026, sur les trois points qui bloquent le plus souvent les marques que nous accompagnons.
Fiscalité : fin du régime forfaitaire, retour de l’audit
Depuis le 1er janvier 2026, les entreprises de CBEC basculent vers un régime d’imposition sur la base d’une comptabilité vérifiée (查账征收), aligné sur les règles du commerce domestique classique. Avant, beaucoup d’opérateurs étaient imposés au forfait, sur une base estimée. Ce n’est plus le cas. Concrètement, votre importateur agréé, l’entreprise qui gère le dédouanement pour votre compte, doit désormais tenir une comptabilité en règle, traçable, avec des factures et des justificatifs conformes. Si vous travaillez avec un agent qui « arrangeait » les chiffres pour rester sous le radar, ce n’est plus tenable en 2026. Vérifiez que votre partenaire logistique et import est prêt pour ce changement, sinon vous risquez un redressement rétroactif.
Deuxième changement fiscal notable : le gouvernement a prolongé, du 1er janvier 2026 au 31 décembre 2027, l’exonération de droits de douane et de TVA à l’importation sur les marchandises invendues ou retournées, à condition qu’elles repartent de Chine dans les 6 mois suivant l’exportation initiale. Pour une marque qui teste un nouveau produit via le CBEC, c’est un vrai filet de sécurité : un stock qui ne se vend pas peut repartir sans double taxation.
Troisième point, côté export cette fois, utile si vous utilisez le modèle dit « 9810 » (envoi vers un entrepôt à l’étranger avant vente) : la Chine a mis en place un remboursement de TVA à l’export dès la sortie du territoire douanier, sans attendre la preuve de vente effective à l’étranger. Ça libère de la trésorerie plus tôt pour les marques qui exportent depuis la Chine.
Entrepôts sous douane : le réseau de zones pilotes s’étend encore

La Chine compte désormais près de 180 zones pilotes de commerce transfrontalier (综合试验区) réparties sur le territoire, contre 165 un an plus tôt. La dernière vague, actée mi-2025, a notamment transformé l’île de Hainan en une zone pilote unique, en fusionnant les anciennes zones de Haikou et Sanya. Concrètement, plus une région chinoise se dote de ce statut, plus vous avez de choix pour positionner votre entrepôt sous douane au plus près de votre clientèle cible. Une marque qui vise le sud de la Chine n’a plus les mêmes contraintes logistiques qu’il y a trois ans.
La liste positive, elle aussi, s’est élargie. La version 2026 compte désormais environ 1 476 lignes tarifaires, avec 29 nouvelles catégories ajoutées (équipements de ski, lave-vaisselle, entre autres) et plus de 200 lignes existantes précisées, notamment sur les produits soumis à des contrôles environnementaux ou d’espèces protégées. Si votre produit était hors liste en 2023 ou 2024, ça vaut le coup de revérifier son code HS aujourd’hui : il est peut-être passé du côté CBEC depuis.
Licences : ce qui est simplifié, ce qui reste obligatoire
Bonne nouvelle côté paperasse : depuis 2026, l’enregistrement séparé pour le modèle d’entrepôt à l’étranger 9810 a été supprimé. Il n’est plus nécessaire de fournir l’adresse de l’entrepôt, le contrat de location ou un justificatif de capacité de stockage. Une seule case à cocher suffit désormais, « entreprise de commerce électronique transfrontalier », lors de l’enregistrement douanier sur le guichet unique du commerce international chinois.
Attention cependant : cette simplification concerne l’entreprise d’import agréée qui opère en Chine, pas votre société à l’étranger. En tant que marque française ou européenne, vous n’avez toujours pas besoin d’une licence commerciale chinoise ni d’une entité locale pour vendre via le CBEC. C’est tout l’intérêt du système : votre importateur agréé porte la responsabilité réglementaire à votre place. En revanche, si vous voulez un jour basculer vers l’import classique, par exemple pour ouvrir en parallèle un point de vente physique, là oui, une licence et une entité chinoise deviennent nécessaires.
Beaucoup de marques que nous conseillons se posent la question de la licence trop tôt. Le CBEC existe justement pour repousser ce moment, parfois de plusieurs années.
2- Qu’est-ce que la « liste positive » et en quoi influence t-elle mes operations ?
Définition de la « liste positive » en Cross-Border E-Commerce (CBEC)
La « liste positive » est une liste officielle publiée par le gouvernement chinois, détaillant les catégories de produits autorisées à être vendues via le Cross-Border E-Commerce (CBEC). Seuls les produits figurant sur cette liste peuvent être importés via les canaux CBEC et bénéficier d’un traitement douanier simplifié. Comme vu plus haut, elle compte 1 476 lignes tarifaires en 2026.
Quels types de produits figurent sur la liste positive ?
La liste comprend des milliers de références, notamment :
- Produits cosmétiques (crèmes, maquillages, soins du visage, etc.).
- Compléments alimentaires (certains types sont autorisés sans enregistrement préalable).
- Produits alimentaires et boissons (thé, lait infantile, snacks, etc.).
- Vêtements et accessoires de mode.
- Produits pour bébés et enfants.
Comment vérifier si mon produit est sur la liste positive ?
Il est essentiel de vérifier le code HS (Harmonized System Code) de votre produit et de le comparer avec la liste officielle du gouvernement chinois. Un transitaire ou une agence spécialisée en e-commerce en Chine peut vous aider à faire cette vérification, code par code, plutôt que de se fier à une réponse générale par catégorie de produit.
3- Quels sont les limitations à l’import ?
La liste positive gère les produits éligibles à l’importation, pour les produits non mentionnés dans la liste il faut :
- Accompagner les produits d’un permis d’importation
- Le formulaire d’enregistrement, comme un permis CFDA pour les produits relatifs à la nutrition (nécessaire au dédouanement de la marchandise)
Les limitations en termes de valeur, toujours en vigueur en 2026, restent de 5000 RMB par commande et 26000 RMB par an et par consommateur.
Pour l’envoi par UPU, la valeur totale des pièces ne doit pas dépasser 1000 RMB pour 6 produits (à savoir cependant que s’il n’y a qu’un seul produit la valeur de ce dernier n’a pas d’importance). Attention toutefois si vous choisissez l’envoi postal, il est important de jeter un oeil aux restrictions et aux interdictions en terme d’importation en Chine : il est possible de retrouver la liste complète sur le site de FedEx (différent de la liste positive). Aucune autorisation particulière n’est requise, il sera cependant demandé de détailler le contenu de l’envoi.
4- Comment gérer le dédouanement ?
Le rôle des entrepôts sous douane
Les marketplaces comme Tmall Global, JD Worldwide et Douyin utilisent des zones de libre-échange (FTZ – Free Trade Zones) en Chine.
- La marque envoie ses produits vers un entrepôt sous douane, situé dans l’une de ces zones.
- Tant qu’un produit est stocké dans une FTZ, il n’est pas encore officiellement importé en Chine, ce qui permet d’éviter le paiement immédiat des droits de douane.
- Lorsque le client achète un produit, la commande est enregistrée auprès des douanes chinoises et la marchandise est libérée après paiement des taxes applicables.
Les documents requis pour le dédouanement
Pour garantir une importation fluide, plusieurs documents doivent être préparés :
- Facture commerciale : mentionnant la description du produit, la valeur déclarée et les quantités.
- Packing list : détaillant les dimensions, le poids et l’emballage des marchandises.
- Code HS (Harmonized System Code) : permet d’identifier le produit et de déterminer les droits de douane et les éventuelles restrictions.
- Fiche SDS (Safety Data Sheet) : obligatoire pour certains produits comme les cosmétiques et les produits chimiques.
- Certificats spécifiques : certains produits peuvent nécessiter des certificats de conformité ou d’analyse selon la réglementation chinoise.
L’intervention des entreprises d’importation agréées
Les marketplaces collaborent avec des entreprises spécialisées dans l’importation et le dédouanement, qui prennent en charge toutes les formalités administratives. Ces entreprises s’occupent de :
- La déclaration en douane auprès des autorités chinoises.
- L’inspection éventuelle des marchandises en fonction de leur classification.
- Le paiement des droits de douane et de la TVA pour libérer les produits vers les consommateurs finaux.
Les points clés pour un dédouanement réussi
- Vérifier que le produit est sur la liste positive du CBEC pour bénéficier de la procédure simplifiée.
- Confirmer le code HS et s’assurer qu’il ne présente pas de restrictions spécifiques en Chine.
- Travailler avec une entreprise spécialisée en importation et dédouanement, déjà à jour sur la comptabilité vérifiée 2026, pour éviter les erreurs administratives.
- Anticiper les documents nécessaires pour éviter tout blocage en douane.
- S’assurer que la plateforme choisie gère l’ensemble du processus logistique après dédouanement, garantissant une expérience fluide pour le consommateur.
Une bonne gestion du dédouanement permet d’accélérer la mise en marché des produits en Chine, d’éviter les retards et de garantir une expérience d’achat optimale aux consommateurs chinois.

5- Les paiements sont effectués en RMB, comment s’applique le taux de change?
Le principe des paiements en RMB
Lorsque vous vendez vos produits via le Cross-Border E-Commerce (CBEC) en Chine, les paiements effectués par les consommateurs chinois sont en RMB (Renminbi, ou yuan chinois). Cependant, en tant que marque étrangère, vous recevez généralement votre paiement en devises étrangères après conversion du RMB.
Le rôle des plateformes de vente et des partenaires financiers
Les marketplaces comme Tmall Global, JD Worldwide et Douyin E-commerce collaborent avec des prestataires de paiement agréés qui gèrent la conversion et le transfert des fonds vers votre compte bancaire à l’international. Ce processus comprend plusieurs étapes :
- Le consommateur chinois paie en RMB sur la marketplace.
- Les fonds sont convertis en devises étrangères (USD, EUR, etc.) avant d’être envoyés à la marque.
- Les paiements sont transférés sur le compte bancaire de la marque, après application du taux de change en vigueur et des éventuels frais de transaction.
Comment est calculé le taux de change ?
Le taux de change appliqué dépend de plusieurs facteurs :
- Le taux de change officiel fixé par la Banque Populaire de Chine (PBOC), qui définit quotidiennement une fourchette de fluctuation du RMB face aux principales devises.
- Les taux pratiqués par les prestataires de paiement, qui incluent une marge de conversion. Certaines plateformes appliquent un taux légèrement inférieur au taux interbancaire.
- Les éventuels frais de conversion et de transfert appliqués par la marketplace ou l’intermédiaire financier.
Les prestataires de paiement et solutions de rapatriement des fonds
Pour recevoir les paiements en devises étrangères, plusieurs solutions existent :
- Les services de paiement intégrés des marketplaces (Alipay pour Tmall Global, JD Pay pour JD Worldwide, Douyin Pay).
- Des solutions externes comme Payoneer, WorldFirst ou LianLian Pay, qui permettent aux entreprises étrangères d’optimiser la conversion et le rapatriement des fonds.
- Les banques partenaires en Chine ou à l’international, qui offrent des services de change et de rapatriement des devises.
Paiement en Chine :
- WeChat Pay : la création du compte WeChat Pay est gratuite. Le coût de la transaction est de 3% du montant total. L’accord de transaction se fait pour un minimum de 5000 $, si le montant est inférieur des frais de service peuvent être facturés. WeChat permet d’effectuer des transactions entre yuan chinois et euros, dollars Américain, yen Japonais, livre sterling, dollars Australien, dollars de Singapour, dollars de Hong Kong et won Sud Coréen.
- Alipay: à la différence d’un compte Wechat Pay, la création du compte Alipay est payant et s’élève au montant de 1000 $. Le coût de transaction est également de 3% (peut être réduit si le montant total de cette transaction est supérieur à 1 million de RMB). L’accord de transaction doit être d’un minimum de 5000 $ ou peut être négocié par semaine/mois ou par trimestre. Alipay supporte toutes les monnaies supporté par WeChat Pay, auxquels s’ajoutent le dollars Canadien, les francs Suisse, les couronnes Suédoises, les couronnes Danoises et les couronnes Norvégiennes.
Pour chacune des transactions, Wechat Pay et Alipay prennent en charge le taux de change grâce aux partenariats qu’ils ont avec des banques locales puis le paiement est envoyé sur un compte à l’étranger avant d’être envoyé au compte de votre entreprise (uniquement lorsque le montant de l’accord est atteint).
Cas client : comment Julien a évité un redressement fiscal en changeant d’agent d’import
Julien dirige une petite marque française de compléments alimentaires à base de plantes. Il vend en Chine via Tmall Global depuis 2022, avec un chiffre d’affaires CBEC d’environ 400 000 € par an. Son agent d’import, trouvé via un intermédiaire local, appliquait depuis le début un régime d’imposition forfaitaire, sans vraiment tenir de comptabilité détaillée des flux. Ça marchait, jusqu’à ce que ça ne marche plus.
Fin 2025, son agent l’a prévenu : avec le passage au régime de comptabilité vérifiée au 1er janvier 2026, il ne pouvait plus continuer à opérer de cette façon sans risquer un contrôle fiscal rétroactif sur toute l’année. Julien a eu deux mois pour réagir.
Ce qui a marché : plutôt que de rester chez le même agent en espérant que ça passe, Julien a changé pour une entreprise d’import agréée par Tmall qui travaillait déjà en comptabilité vérifiée pour d’autres marques européennes. Le changement d’agent a pris six semaines, entre transfert des habilitations douanières et ré-enregistrement du SKU, mais Julien a démarré 2026 en conformité, avec des factures et une piste d’audit propres.
Pourquoi ça a marché : un agent déjà habitué à la comptabilité vérifiée absorbe la complexité administrative sans la répercuter sur la marque. Julien n’a rien changé à sa stratégie produit ni à son marketing, seulement à son partenaire d’exécution en coulisses. Résultat, pas de redressement, pas d’interruption de vente, et une structure prête pour le contrôle qui, tôt ou tard, viendra vérifier les flux 2026.
La leçon vaut pour toutes les marques en CBEC : votre exposition réglementaire dépend d’abord de la rigueur de votre agent d’import, pas seulement de la vôtre.
6- Le Cross border e-commerce est-il mon objectif à long terme ?
- Tout dépend des objectifs de votre entreprise. L’objectif est-il de s’implanter complètement en Chine ? Ou de conserver cette position d’exportateur ?
- Si le but est de s’implanter en Chine dans le retail, alors le CBEC peut être une bonne alternative pour commencer et tester le marché et le retour client, tester son concept avant de prendre plus de risques. Les démarches pour s’implanter en Chine demandent de la patience et du temps, il vaut mieux être convaincu de son projet avant de se lancer. Le CBEC est un premier pas intelligent.
- Si l’objectif est au contraire de conserver ce système de E-Commerce alors il est important de prendre en considération les régulations relatives au canal d’importation, en effet l’importation de produit en Chine peut se reveler être un casse-tête en fonction du produit qu’on importe, premièrement pour les marques souhaitant importer de la nourritures ou des produits relatifs à la nutrition et/ou la santé qui demandent de s’enregistrer auprès de la China Food & Drug Administration qui est un processus souvent très long (cela peut aller d’une attente de quelques mois à plusieurs années) et demande des ressources financières considérables. Autre domaine lourdement affecté est la cosmétique, qui demande aux marques d’obligatoirement faire tester ses produits sur les animaux, sauf exemption CBEC pour certaines catégories. En Europe notamment les tendances de marques de cosmétiques « cruelty free » étant en plein essor, cette restriction peut être un obstacle majeur à l’envie d’une marque de s’exporter en Chine par la voie classique.

7- Quelle est le budget d’une stratégie de Cross border e-commerce ?
- Même avec un investissement moindre par rapport à l’établissement d’un business offline en Chine, le budget à établir avant le lancement d’un CBEC doit prendre en considération plusieurs points.
- Dans un premier temps la création et la maintenance des plateformes internet, leur design, mise à jour et optimisation.
- Le choix et la mise en place de système d’information WMS (Warehouse management system qui est un logiciel permettant le suivi logistique principalement des commandes), ERP (Enterprise Ressource Planning qui permet comme son nom l’indique de gérer ses ressources aussi bien financières que physique pour avoir en tout temps un état de ce qui est fait de ces ressources), TMS (Transportation management system qui peut être intégré à l’ERP ou non, qui permet le suivi de la partie transport uniquement), ou encore l’APS (Advanced Planning System qui permet de planifier aux préalables les ventes, la production des produits, etc), et d’autres logiciel permettant la gestion des envois/ stockages/ livraisons etc.
- Il faut bien évidemment prendre en considération les frais d’expedition (que ce soit UPU ou autre) ainsi que la méthode de stockage (entrepôt).
Le budget alloué à la publicité et aux campagnes marketing pour le produit, par les différents réseaux sociaux, WeChat, etc.
8- Comment gérer le stockage des produits?
- Si vous décidez de vous lancer dans le e-commerce trans-frontalier, la question de stockage de vos produits va très rapidement se poser. Il faut donc se demander s’il est essentiel d’investir dans une zone de stockage dans une zone CBEC.
- Si votre commerce commence tout juste, il n’est probablement pas nécessaire d’investir immédiatement dans des espaces de stockage. Car si vous n’êtes pas certain de la vente de l’intégralité de vos produits c’est de l’argent perdu.
- En revanche à mesure que vous grandissez et que vos ventes augmentent, la prévision de vos ventes sera plus précise et dans un soucis d’amélioration de l’experience client, il est judicieux d’utiliser un entrepôt pour stocker vos produits.
9- Quelle est la meilleure plateforme pour mon magasin en ligne ?
Chaque plateforme CBEC a son propre public et ses propres coûts d’entrée. Tmall Global mise sur l’image premium et l’écosystème Alibaba, JD Worldwide sur la logistique et la fiabilité, Douyin sur le contenu et le livestreaming, Xiaohongshu sur la recommandation communautaire.
Ce choix mérite un article à lui seul. Nous avons détaillé les avantages, inconvénients et profils de marque adaptés à chaque plateforme dans notre guide complet : quelle plateforme CBEC choisir en Chine.

10- Suis-je obliger de travailler avec un partenaire local ?
- Tout dépend de la taille de l’entreprise et des objectif encore une fois. Cependant la gestion logistique des commande et envoie peut être particulièrement laborieuse si vous souhaitez tout gérer vous même.
- Un partenaire sur place peut vous aider à la mise en place de votre stratégie en vous offrant ses connaissance du marché chinois et de ses moteurs pour optimiser vos démarches et améliorer vos objectifs. Ils sont au courant des modifications des lois relatives à votre business et comment elles risquent d’impacter votre business. Par ailleurs, dans la culture chinoise, les relations passent avant le business (la culture du « guanxi »), une bonne relation entre votre partenaire et votre entreprise ne peut être que fructueux pour votre business.
- Cependant si votre entreprise est une multinationale, ayant les moyens d’investir dans des unités pour manager les envois et s’occuper de traiter les commandes alors il n’est pas primordial de se lancer dans la recherche d’un partenaire local.
Vous Avez des Questions sur le Cross-Border E-Commerce en Chine ?
Si vous vous posez des questions sur le cross-border e-commerce ou si vous souhaitez vendre vos produits en Chine via ce canal, contactez-nous ! Nous sommes là pour vous accompagner à chaque étape de votre expansion sur le marché chinois, de l’analyse de votre éligibilité à la liste positive jusqu’au choix de votre entrepôt sous douane. Découvrez notre offre dédiée : agence Cross-Border E-Commerce en Chine.
GMA – Gentlemen Marketing Agency

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Sources et pour aller plus loin
- China Briefing, An Introduction to China’s CBEC Pilot Zones and Pilot Cities
- China Briefing, China Monthly Tax Brief, February 2026
- 知乎, 2026年跨境电商新规:平台合规与税务新政双管齐下


2 commentaires
MERTZ
Bonjour,
Nous sommes intéressés par le e-commerce cross-border en Chine.
Mais avant d’entreprendre tous les investissements nécessaires, pourriez-vous valider cette éligibilité avec nos produits made in France très innovants ayant comme principal ingrédient de l’huile de crocodile ?
Nos produits sont haut de gamme pour marché niche.
Sachant que 2 concurrents de Thaïlande et de Singapour sont déjà positionnés sur ce créneau huile de crocodile mais sur le marché de masse.
Merci pour votre réponse.
Cordialement.
Henri MERTZ
NILESSENCES
Toil
Bonjour, intéressant le contenu