Par Philip Chen, cofondateur de GMA. J’ai vu passer des dizaines de manuscrits d’auteurs occidentaux persuadés que la Chine allait les accueillir à bras ouverts. La réalité est plus lente, mais elle existe.
Il y a deux ans, un ami éditeur français m’a envoyé un message un peu paniqué : un de ses auteurs, un romancier assez connu en France, venait de signer avec une maison chinoise et personne dans son équipe ne savait quoi faire ensuite. Combien de temps ça prend. Ce qu’on a le droit de dire dans le livre. Si Xiaohongshu ou Weibo allait vraiment vendre des exemplaires. J’ai passé une bonne heure au téléphone à lui expliquer ce que je vais vous expliquer ici.
Grande question que se posent de nombreux écrivains : comment trouver une maison d’édition en Chine ? La publication d’un livre peut être un processus long qui prend des mois, voire des années. Écrire, trouver une maison d’édition, être accepté et être publié sont autant d’étapes qui demandent une grande patience. Un ou plusieurs de vos livres ont déjà été publiés, ou bien vous débutez et vous souhaitez trouver une maison d’édition en Chine ? Alors armez-vous de patience et de détermination pour atteindre ce bel objectif, car voici comment publier votre livre en Chine. Une petite précision avant de commencer : nous n’allons pas vous expliquer comment écrire vos œuvres, mais les étapes à suivre pour trouver une maison d’édition en Chine, et ce qui a changé depuis 2020.
- Protéger votre histoire et votre contenu
- Traduire votre contenu
- Se faire repérer
- Comprendre le marché et le circuit d’approbation en 2026
- Trouver et sélectionner une maison d’édition
- Envoyer votre manuscrit
- Vendre une fois publié : Dangdang, JD Books, Xiaohongshu
I. Protéger votre histoire et votre contenu
Une fois que vous avez fini d’écrire votre livre, assurez-vous de protéger votre contenu, tant dans votre pays qu’en Chine. Cela vous protégera contre les vols potentiels ou les escrocs qui existent dans le secteur. C’est la procédure à suivre en premier lieu pour commencer votre aventure.
Un détail que beaucoup d’auteurs occidentaux ignorent encore en 2026 : le dépôt du droit d’auteur à l’étranger ne vaut rien devant un tribunal chinois si le litige tourne mal. La Chine a signé la Convention de Berne, donc votre œuvre est en théorie protégée dès sa création, mais dans la pratique, un enregistrement local auprès du Copyright Protection Center of China (CPCC) reste la preuve la plus solide si vous devez un jour faire valoir vos droits face à une maison d’édition ou un plagiaire.
II. Traduire votre contenu
Comme vous pouvez l’imaginer, vous devez traduire votre travail dans la langue du pays cible pour aspirer à son succès. Dans notre cas, il s’agit de traduire de votre langue vers le chinois mandarin simplifié.
Nous vous recommandons de faire d’abord traduire votre travail par un professionnel parlant couramment votre langue et le mandarin. Ensuite, faites vérifier cette version traduite par une tierce personne. Il est préférable de faire appel à des professionnels de la langue afin d’obtenir un meilleur rendu, car certains mots en mandarin ont un sens qui peut ne pas exister en français, ou qui diffère, et vice versa.
Un point à ajouter en 2026 : la traduction assistée par IA a énormément progressé sur le mandarin, et certaines plateformes de littérature numérique chinoises l’utilisent en masse pour importer du contenu étranger. Mais pour un livre destiné à une vraie maison d’édition, ne vous fiez jamais uniquement à un outil. Un éditeur chinois qui reçoit un manuscrit visiblement traduit à la machine le referme en deux minutes. La qualité de la traduction reste, avec le sujet lui-même, le premier filtre de sélection.
III. Se faire repérer
Être repéré par une maison d’édition peut lancer votre carrière en Chine, mais pour cela, vous devez accroître votre visibilité pendant un certain temps.
A. La presse (relation avec la presse)
L’étape la plus importante pour le début de votre nouvelle carrière. Être présent dans la presse donne non seulement une visibilité accrue mais aussi une grande crédibilité en Chine. Si vous n’existez pas dans la presse chinoise, vous ne serez qu’un amateur aux yeux des Chinois. Comme il existe une grande diversité de médias en Chine, le choix du type de médias que vous utiliserez et le recours à une relation de presse spécialisée vous permettront d’atteindre beaucoup plus facilement votre cible.
B. Les réseaux sociaux en Chine
1. WeChat, la super application en Chine
WeChat est l’équivalent de Facebook en Chine. Il dépasse aujourd’hui 1,3 milliard d’utilisateurs actifs mensuels et offre des outils illimités pour vous aider à trouver votre maison d’édition.
2. Compte officiel de WeChat
En créant votre compte officiel, vous pourrez partager du contenu avec vos adeptes. C’est une excellente occasion de partager vos premières œuvres par exemple, ou de donner aux gens un avant-goût de vos œuvres à venir. Maintenir le suspense peut vous permettre de vous constituer une base d’adeptes.
3. Brochures WeChat
En quelques mots, les brochures WeChat sont de simples pages que vous pouvez créer pour les gens. Dans notre cas, vous pouvez partager vos brèves histoires pour permettre aux gens de connaître votre style et votre contenu. L’idée est de créer une petite base d’adeptes pour permettre aux gens de savoir ce que vous êtes s’ils veulent en savoir plus sur vous. Ce sera votre meilleur allié le jour où un professionnel se penchera sur votre compte et votre contenu officiels.
4. Groupes WeChat
En vous regroupant dans des groupes appropriés, vous pouvez partager du contenu, demander des retours et savoir ce que les gens pensent réellement de ce que vous avez écrit.
5. Weibo, le Twitter chinois, un bon outil de visibilité
Cette plateforme reste comparée au Twitter chinois. La création d’une base de fans vous donne la possibilité de partager rapidement du contenu à un large public. Weibo est plus axé sur les images et les tendances, considérez-la comme votre vitrine.
C. Les forums et plateformes de contenu chinoises
Les Chinois ont tendance à laisser des commentaires sur la qualité des produits, et des livres, qu’ils viennent d’essayer. Les forums leur donnent accès à tout type d’information sur la vie pratique ou aux dernières lectures du moment. La présence de votre travail sur les plateformes les plus populaires comme Douban, qui reste la référence pour les critiques de livres et de films en Chine, ou Zhihu, le grand site de questions-réponses, est donc essentielle. En 2026, ajoutez Xiaohongshu à cette liste : j’y reviens plus bas, car c’est devenu le premier réflexe des lecteurs chinois avant d’acheter un livre.
D. Une bonne visibilité sur les moteurs de recherche en Chine
Il est essentiel de figurer dans les premiers rangs lors de la recherche de votre nom ou de votre livre sur Internet. Mais vous ne devez pas être en tête des recherches sur Google, plutôt sur Baidu, qui reste le moteur de recherche dominant en Chine. Vous devrez donc créer votre site web accessible en Chine, en mandarin, pour être visible.
Surtout dans le domaine de l’écriture, où la qualité de votre travail fera votre réputation : générer un trafic important et attirer l’attention avant même l’apparition d’une de vos œuvres sur le marché local donnera un vrai coup de projecteur sur la future publication de votre premier travail. Cela vous donnera également un avantage majeur lorsque l’éditeur pensera à vous publier, puisque vous serez déjà connu, ce qui peut rassurer sur les ventes.
Autre fonctionnalité utile, à ne pas confondre avec les mini-programmes WeChat qui servent plutôt à la vente directe : les comptes officiels WeChat peuvent partager du contenu et ajouter un paywall, de sorte que les lecteurs paient pour le débloquer. Vous pouvez choisir de partager votre premier contenu gratuitement et de faire payer la suite. C’est une bonne occasion de donner un avant-goût à vos lecteurs, et un atout de plus quand vous négocierez avec une maison d’édition : vous prouvez que des gens sont prêts à payer pour vous lire.
IV. Le marché du livre en Chine en 2026 : ce qui a vraiment changé
Depuis la première version de cet article, le marché chinois du livre a traversé une crise, puis un rebond assez net. En 2023, le marché du livre neuf a retrouvé une croissance de 4,72% pour atteindre 912 milliards de yuans de valeur théorique de vente (码洋). En 2024, la progression s’est nettement accélérée : selon 智研咨询 (Zhiyan Consulting), le marché a bondi à 1129 milliards de yuans, soit une croissance de 23,8% sur un an. C’est une des plus fortes progressions de la dernière décennie pour ce secteur.
Le moteur principal de cette accélération, c’est le e-commerce vidéo, autrement dit Douyin. La part du commerce vidéo court dans les ventes de livres en Chine est passée de 16,42% en 2022 à 26,67% en 2023, dépassant les canaux e-commerce classiques hors plateformes généralistes pour devenir le deuxième canal de vente de livres du pays. Sur le seul deuxième trimestre 2024, la répartition entre grandes plateformes s’établissait autour de 26,4% pour Taotian (Tmall et Taobao), 18,5% pour JD.com et 17,8% pour Douyin. Dangdang, longtemps le nom associé à la vente de livres en ligne en Chine, a perdu du terrain face à ces trois géants, mais reste utilisé, en particulier par un lectorat plus âgé et plus fidèle aux catalogues classiques.
Deuxième évolution notable : la montée de la littérature numérique et de son marché à l’international. Selon 中国作家网 (China Writers Association), l’industrie chinoise de la littérature en ligne (网络文学) a généré fin 2023 43,5 milliards de yuans de revenus à l’étranger, en croissance de 7,06% sur un an, avec près de 70 000 œuvres exportées dans plus de 200 pays. Des plateformes comme 起点国际 (Webnovel International, groupe Yuewen) ont dépassé les trois milliards de visites cumulées à l’international, et signent désormais des centaines de milliers d’auteurs étrangers directement en version originale, sans passer par une maison d’édition traditionnelle chinoise. Pour un auteur occidental pressé, c’est devenu une vraie alternative, plus rapide, même si elle ne remplace pas le prestige et la distribution physique d’une maison d’édition établie.
V. Censure, approbation de contenu et 三审三校 : ce qu’un auteur étranger doit savoir
C’est le point sur lequel la plupart des auteurs étrangers se font surprendre. Publier un livre en Chine, ce n’est pas seulement convaincre un éditeur que votre texte est bon. C’est aussi passer par un système d’approbation propre au pays, que peu d’agences occidentales expliquent clairement.
Toute maison d’édition chinoise fonctionne avec un numéro de livre, le fameux 书号 (shu hao), délivré sous le contrôle de l’Administration nationale de la presse et des publications (国家新闻出版署). Ce numéro n’est pas automatique : la maison d’édition doit déposer une fiche de sujet (选题备案) qui décrit le contenu, l’angle et l’intérêt de l’ouvrage avant même de commencer le travail éditorial. Pour un auteur, dans les faits, cela veut dire remplir un formulaire de présentation de l’auteur et de l’œuvre, avec CV, argumentaire et plan détaillé, que la maison d’édition transmet aux autorités.
Une fois le sujet validé, votre manuscrit traverse ce qu’on appelle le système des « trois lectures, trois relectures » (三审三校) : un premier éditeur lit le texte en entier et vérifie qu’il correspond au sujet déposé, corrige les erreurs de fond et de forme ; un responsable de département fait une deuxième passe plus large, avec une attention particulière aux données, aux formulations sensibles politiquement et aux termes techniques ; enfin, le directeur de la maison, ou une personne qu’il délègue, fait une dernière lecture centrée sur la ligne politique générale, la conformité aux règlements et l’impact social du livre. Ce n’est qu’après ces trois validations, et trois relectures de correction associées, que le livre peut sortir. Comptez en général entre trois et six mois pour l’ensemble du circuit d’approbation, une fois le manuscrit final remis, un fonctionnement décrit en détail par la Administration nationale de la presse et des publications elle-même.
Concrètement, pour un auteur étranger, quelques règles simples évitent la plupart des blocages : évitez les prises de position frontales sur des sujets politiques sensibles en Chine, restez factuel sur l’histoire récente, et acceptez que certains passages soient reformulés ou coupés en cours de relecture. Ce n’est pas propre aux auteurs étrangers, les mêmes règles s’appliquent aux auteurs chinois. La bonne nouvelle, c’est que la très grande majorité des sujets, roman, essai, livre pratique, biographie, guide business, passent ce circuit sans encombre. Le blocage arrive surtout sur des sujets religieux sensibles, des critiques frontales du gouvernement, ou des contenus jugés portant atteinte à l’ordre public.
VI. Trouver et sélectionner une maison d’édition

En plus de vos activités de promotion de la visibilité, ne vous reposez pas sur vos lauriers et cherchez vous-même une maison d’édition afin d’envoyer une candidature spontanée. Le choix de votre future maison d’édition se fera sur la base de plusieurs critères auxquels vous accorderez plus ou moins d’importance selon vos priorités. Vous devrez faire une sélection d’éditeurs que vous diviserez en deux, voire trois sections : votre premier, deuxième et troisième choix.
Voici quelques exemples de critères qui feront pencher la balance dans vos choix :
- Le positionnement de la maison
- Réputation et notoriété de la maison
- Réputation et notoriété des auteurs déjà au catalogue
- Le budget alloué à l’impression et à la promotion
- L’importance accordée au visuel des couvertures
- Normes de présentation et de formatage
- Les similitudes de vos œuvres avec le style, le genre, la longueur ou la cible des publications de la maison
Ces critères, avec les autres qui seront importants pour vous, vous permettront d’établir une liste de maisons d’édition qui répondra au mieux à vos attentes. Classez ensuite ces maisons en trois catégories, de votre premier à vos deuxième et troisième choix. Et n’oubliez pas que votre présence sur les médias sociaux, la presse et l’internet chinois sera votre premier atout : si vous l’avez bien construite, les maisons d’édition verront que vous avez un potentiel de vente réel, avec une base de fans, avant même que vous ne commenciez à vendre quoi que ce soit.
Ici intervient une notion chinoise qu’on ne peut pas ignorer dans ce métier : le guanxi (关系), le réseau de relations personnelles. En Chine, une recommandation d’un auteur déjà publié, d’un journaliste ou d’un professeur compte souvent plus qu’un manuscrit envoyé à froid. Ce n’est pas du favoritisme au sens occidental, c’est une culture de la confiance construite dans la durée. Si vous connaissez quelqu’un qui connaît un éditeur, utilisez ce lien avant d’envoyer votre manuscrit dans le vide.
VII. Envoyer votre manuscrit

Le moment décisif : envoyez votre manuscrit aux maisons d’édition qui vous ont contacté directement et qui vous intéressent, mais aussi à celles qui font partie de vos premiers choix. Contrairement aux processus qui existent dans les pays occidentaux, les Chinois attachent une grande importance à la confiance dans les relations commerciales. C’est simple : pas de confiance, pas d’affaires. C’est pourquoi nous vous conseillons, si possible, de rencontrer directement les éditeurs pour construire une vraie relation.
Vous pouvez trouver des éditeurs sur Internet, mais rencontrer des éditeurs lors de salons littéraires, comme la Foire internationale du livre de Pékin (BIBF) ou celle de Shanghai, peut vous permettre de gagner des points et de marquer le début d’une relation solide avec votre futur éditeur potentiel. Une fois le lien établi, de préférence physiquement, envoyez votre manuscrit conformément aux normes et déposez-le en personne ou avec un suivi.
Nous vous recommandons d’envoyer un manuscrit à un, voire deux éditeurs à la fois. Envoyer dix manuscrits d’un coup et être accepté par le neuvième choix vous place dans un dilemme sans fin, où vous devrez dire aux neuf autres d’arrêter la lecture. Perte de temps, d’argent, et coup porté à votre mianzi (面子), la face que vous montrez à vos interlocuteurs professionnels. Envoyez donc votre manuscrit à un ou deux éditeurs maximum, redemandez un retour si l’attente traîne, mais attendez la réponse finale avant de solliciter votre deuxième puis troisième choix.
VIII. Vendre une fois publié : Dangdang, JD Books, et le rôle nouveau de Xiaohongshu
Signer avec un éditeur n’est que la moitié du chemin. La vraie question en 2026, c’est comment votre livre est découvert, puis acheté. Dangdang reste identifié par les Chinois comme le site de vente de livres historique, un peu l’équivalent d’un Amazon spécialisé, et il garde une base de lecteurs fidèles pour les catalogues classiques et universitaires. JD Books (京东图书) a pris une part de marché importante grâce à la logistique du groupe, très appréciée pour la rapidité de livraison, et concentre une bonne partie des achats impulsifs liés aux campagnes commerciales comme le 618 ou le Double 11.
Mais la vraie bascule, c’est que ni Dangdang ni JD ne sont plus l’endroit où un lecteur chinois découvre un livre aujourd’hui. Cet endroit, c’est Xiaohongshu (小红书, littéralement le « petit livre rouge », rien à voir avec la politique, c’est juste le nom de l’appli). Les lecteurs y publient des photos de leur pile à lire, des citations en gros caractères sur fond pastel, des vidéos où ils feuillettent un livre en expliquant pourquoi il les a marqués. C’est ce que les marketeurs chinois appellent le zhongcao (种草), littéralement « planter l’herbe » : donner envie, faire germer le désir d’achat avant même que la personne sache qu’elle en a envie. Un livre qui devient viral sur Xiaohongshu peut voir ses ventes multipliées en quelques semaines sur Dangdang ou JD, la plateforme sociale sert de déclencheur, la plateforme marchande encaisse la vente.
Concrètement, pour un auteur étranger, cela change la manière de préparer sa sortie de livre en Chine. Il ne suffit plus d’avoir un bon éditeur, il faut aussi une poignée de lecteurs prescripteurs sur Xiaohongshu, des visuels de couverture pensés pour être photographiés, et des citations extraites du livre suffisamment fortes pour être reprises telles quelles dans un post. Les maisons d’édition chinoises les plus actives commercialement l’ont bien compris : certaines envoient désormais des exemplaires avance à des créatrices de contenu Xiaohongshu avant même la sortie officielle, exactement comme on enverrait un livre à la presse il y a dix ans.
Solutions concrètes : comment on accompagne un auteur ou un éditeur étranger sur le marché chinois
Je vais être direct avec vous : la plupart des auteurs qui nous contactent chez GMA n’ont pas de problème d’écriture. Leur problème, c’est qu’ils ne savent pas par quel bout prendre le marché chinois, et qu’ils n’ont ni le temps ni le réseau pour construire une présence crédible avant de démarcher un éditeur. C’est exactement ce que couvre notre agence de communication et marketing digital en Chine, avec une méthode qu’on a affinée sur des dizaines de lancements, livres compris. Si vous hésitez encore entre gérer ça vous-même ou vous faire accompagner, on a détaillé les critères qui comptent dans notre article sur comment choisir son agence marketing en Chine.
La première étape, c’est toujours un audit de visibilité. On regarde ce qui existe déjà sur vous ou votre œuvre en Chine, sur Baidu, sur Xiaohongshu, sur Weibo, souvent rien, parfois des traductions pirates qui circulent déjà sans votre accord. À partir de cet audit, on construit un plan en trois volets, calé sur le calendrier réel de la publication.
Le premier volet, c’est le référencement naturel et payant sur Baidu. Baidu garde entre 70 et 80% des parts de marché des moteurs de recherche en Chine, et ses règles de référencement sont différentes de celles de Google, plus complexes, plus sensibles au format du contenu. On construit ou on adapte un site en mandarin autour de vous et de votre œuvre, on travaille les mots-clés que tapent réellement les lecteurs chinois quand ils cherchent un auteur étranger dans votre genre, et on met en place des campagnes Baidu Pay Per Click quand le calendrier de sortie presse. En parallèle, on regarde aussi le référencement dans les moteurs conversationnels comme DeepSeek : on en parle plus en détail dans notre article sur le SAIO en Chine, ces moteurs commencent à peser dans la façon dont les Chinois découvrent une information ou un nom d’auteur.
Le deuxième volet, c’est le community management sur les réseaux sociaux chinois : création et vérification officielle d’un compte WeChat et d’un compte Weibo, recrutement d’une première communauté, animation régulière avec des extraits, des anecdotes d’écriture, des coulisses de traduction. C’est du travail de fond, pas un coup ponctuel : un compte WeChat qui publie une fois tous les six mois ne convaincra jamais un éditeur que vous avez un vrai lectorat.
Le troisième volet, celui qui compte le plus pour un livre en 2026, c’est le seeding Xiaohongshu, le fameux zhongcao dont je parlais plus haut. On identifie des créatrices et créateurs de contenu qui parlent lecture dans votre genre littéraire, exactement la même logique que celle qu’on utilise pour sélectionner des KOL et KOC en Chine pour une marque, on leur fait lire le manuscrit ou les premières pages en avant-première, et on construit une vague de recommandations organiques avant même que le livre sorte officiellement. On y ajoute des relations presse ciblées auprès des portails d’actualité chinois, en mandarin, avec un angle qui parle aux lecteurs locaux et pas seulement à votre biographie occidentale.
Un exemple concret, anonymisé, d’un client à nous : une auteure française de romans policiers, publiée en France chez un éditeur de taille moyenne, nous a contactés après avoir signé un contrat avec une petite maison d’édition chinoise spécialisée en littérature étrangère. Le contrat était bon, mais la maison n’avait ni le budget ni l’équipe pour faire connaître le livre au-delà d’un tirage confidentiel. On a démarré six mois avant la sortie chinoise : audit de zéro présence sur Baidu et Xiaohongshu, création d’un compte WeChat et d’un compte Xiaohongshu en son nom, traduction et diffusion progressive d’extraits accompagnés d’anecdotes sur ses enquêtes réelles qui inspirent ses romans. Un mois avant la sortie, on a envoyé des exemplaires en avance à sept créatrices Xiaohongshu suivies chacune par 50 000 à 300 000 abonnés dans le genre policier et thriller. Trois d’entre elles ont publié des vidéos très engageantes, l’une dépassant 400 000 vues. Résultat : le premier tirage de 3 000 exemplaires s’est vendu en cinq semaines sur Dangdang et JD Books combinés, la maison d’édition a commandé un retirage de 5 000 exemplaires supplémentaires, et surtout, l’auteure a reçu une proposition pour son deuxième livre directement de la maison, sans avoir eu à redémarcher qui que ce soit. Le mécanisme est toujours le même : la visibilité construite en amont transforme un pari commercial risqué pour l’éditeur en évidence, et c’est ce qui débloque les investissements de promotion et les recontrats.
Ce n’est pas magique, et ça ne remplace jamais un bon livre. Mais un bon livre invisible en Chine reste un bon livre qui ne se vend pas.
En conclusion : lancez-vous, on vous accompagne
Si vous avez suivi ces étapes, protéger votre contenu, le traduire sérieusement, vous faire repérer, comprendre le circuit d’approbation chinois, choisir la bonne maison d’édition et préparer votre présence sur Xiaohongshu avant même la sortie, une maison d’édition chinoise acceptera de vous publier, et surtout, votre livre aura une vraie chance d’être lu. Sinon, revoyez la sélection des éditeurs que vous avez faite au départ, ou reprenez le travail de visibilité en amont : c’est souvent là que ça bloque, pas dans la qualité du texte.
La Chine reste, avec plus d’un milliard de lecteurs potentiels et un marché du livre qui a grossi de près de 24% en un an, une des opportunités les plus sous-exploitées par les auteurs et les éditeurs occidentaux. La plupart n’osent tout simplement pas s’y lancer, faute de savoir par où commencer. Vous savez maintenant par où commencer. Si vous préparez une sortie de livre en Chine, ou si vous avez déjà signé et que vous ne savez pas comment transformer ce contrat en vraies ventes, contactez notre agence : c’est exactement le genre de dossier qu’on aime prendre en charge, du premier audit jusqu’à la campagne Xiaohongshu le jour de la sortie. Ne laissez pas votre livre dormir dans un tirage confidentiel alors que le lectorat qui l’attend est déjà là.












5 commentaires
Bakari Touré
Franchement déçu de voir des commentaires datant de 5ans sans réponse…
Anyway, je viens de publier mon 1er roman (À l’épreuve du destin, l’itinéraire de Peradien) aux éditions Clé de Silas en Côte d’Ivoire.
Il retrace les tribulations d’un jeune déscolarisé, issu d’une famille modeste, qui va traverser plusieurs difficultés avant de se faire une place au soleil.
Je souhaite ardemment une traduction en Madarin pour que les Chinois s’imprègnent des realites Africaines.
LIONTI Joseph
Bonjour,
J’aimerais être contacter par un ou deux éditeurs Chinois, pour faire éditer mon roman en Chinois et le commercialiser en Chine, j’aurai par la suite d’autres romans à faire éditer en Chine.
Merci de votre réponse.
Joseph LIONTI.
Balboa
Bonjour,
j’aimerai que vous m’aidiez a entrer en contact avec une maison d’edition en chine.
Cordialement,
Joachim Olinga
Bonjour Madame. Je suis Joachim Olinga, auteur camerounais. J’ai déjà à mon actif deux publications dans Harmattan-Paris, une dans Edilivre. J’ai un texte qui s’inscrit dans la suite « Des métis de ma mondialisation » que j’ai fait publier en 2016 dans la Maison d’édition Harmattan. Le texte s’adresse surtout aux lecteurs en Chine. Au cas où il sera adopté par une maison d’édition chinoise, nous la mettrons en contact avec Harmattan dans le respect de notre contrat d’édition. Nous voulons savoir dans quelle mesure vous pouvez nous aider dans cette initiative. Pouvons-nous déjà vous faire découvrir le dit manuscrit?
Marketing Chine
Bonjour
On va vous contacter et examiner ce que l’on peut faire.