Vendre en Chine sans société sur place, sans enregistrer vos produits auprès des autorités chinoises ? Oui, c’est possible. Le cross-border sert exactement à ça.
Mais ce n’est pas magique non plus. Il y a des plafonds par commande, des plafonds par an, une liste de produits autorisés et des taxes. Et surtout, il faut du trafic, sinon votre boutique reste vide.
Claire Vérot, consultante chez GMA. Voilà plus de 8 ans que je suis des marques étrangères décidées à se lancer pour de bon en Chine. Au début, je pensais que la logistique serait le gros morceau. Erreur : le vrai défi, c’est la notoriété. Ce guide reprend les règles 2026, les plateformes, les coûts et les faux pas que je croise le plus. Pour être accompagné de bout en bout, voyez notre agence cross-border e-commerce en Chine.
Qu’est-ce que l’e-commerce cross-border en Chine ?
L’e-commerce cross-border en Chine (跨境电商, « kuajing dianshang ») permet à un consommateur chinois d’acheter un produit étranger en ligne, pour son usage personnel, et de le recevoir chez lui. Le produit part de votre pays, ou d’un entrepôt sous douane en Chine, et passe la frontière avec un régime fiscal allégé.
Les plateformes qui le proposent sont détaillées dans notre comparatif des plateformes cross-border.
Pour vous, la différence avec l’import classique est simple :
- pas besoin d’entité juridique en Chine,
- pas d’enregistrement préalable de chaque produit (pour les cosmétiques, ça peut faire gagner des mois),
- des étiquettes en langue d’origine acceptées, avec une fiche produit en chinois sur la plateforme.
Le volume est réel. Selon les douanes chinoises, le commerce électronique transfrontalier de la Chine a atteint 2 750 milliards de yuans (2,75 万亿) en 2025, import et export confondus (Xinhua, janvier 2026). Le chiffre donné en juillet 2026 est de 2 840 milliards de yuans, en hausse de 4,8 % sur un an (Guangming, conférence des douanes du 22 juillet 2026). L’essentiel de ce montant est de l’export, des vendeurs chinois vers l’étranger. Côté import, celui qui vous intéresse, on parle de 281,2 milliards de yuans sur le seul premier semestre 2025, en hausse de 5,5 % (Sina Finance / Cailian, octobre 2025). Pour le premier semestre 2026, les douanes retiennent un chiffre parlant : 140 millions de Chinois ont déjà acheté à l’étranger via le cross-border (Guangming, juillet 2026).
Mon avis : +5,5 %, ce n’est plus l’explosion des années 2016-2019. Le marché grandit encore, mais il est mûr. Les clients chinois comparent, lisent les avis sur Xiaohongshu, vérifient les prix en Europe. Arriver avec « un produit français » ne suffit plus. Plus de chiffres dans notre article sur le marché du e-commerce transfrontalier en Chine.
Les règles 2026 : plafonds par commande et par an
C’est la question que l’on me pose en premier, alors voici les chiffres. Ils viennent d’une circulaire du ministère des Finances, des douanes et de l’administration fiscale, en vigueur depuis le 1er janvier 2019 et toujours appliquée en 2026 (circulaire 2018 n° 49, administration fiscale chinoise ; Xinhua, décembre 2018) :
- 5 000 yuans maximum par commande,
- 26 000 yuans maximum par an et par acheteur (le compteur est lié à sa carte d’identité chinoise),
- droits de douane à 0 % dans ces limites,
- TVA et taxe de consommation payées à 70 % du montant normal.
| Règle | En octobre 2026 |
|---|---|
| Plafond par commande | 5 000 yuans |
| Plafond annuel par acheteur | 26 000 yuans |
| Droits de douane | 0 % dans les plafonds |
| TVA et taxe de consommation | 70 % du montant normal |
| Taux courant payé par le client | environ 9,1 % (70 % de la TVA à 13 %) |
| Cosmétiques « haut de gamme » | autour de 23 % |
| Article seul au-dessus de 5 000 yuans | accepté s’il est seul dans la commande, taxé au tarif plein |
| Produits autorisés | liste positive, révision du 1er mars 2022, 1 476 lignes |
| Revente en Chine | interdite, usage personnel seulement |
| Colis postal personnel (hors cross-border) | 13 %, 20 % ou 50 %, 1 000 yuans par colis (Conseil d’État, avril 2019) |
Concrètement, pour la plupart des produits (alimentaire, compléments, mode, accessoires), la taxe tourne autour de 9,1 % du prix (70 % de la TVA à 13 %). Pour les cosmétiques classés « haut de gamme », qui supportent aussi la taxe de consommation, on monte autour de 23 %. Ce sont des ordres de grandeur, vérifiez toujours votre code produit avec votre transitaire. Le détail des règles est dans notre article sur la réglementation du e-commerce cross-border en 2026.
Une subtilité utile : si un seul article dépasse 5 000 yuans (un sac, une montre), il peut quand même passer en cross-border, à condition d’être seul dans la commande. Mais il est alors taxé au tarif plein, comme une importation normale.
Autre point : tous les produits ne sont pas éligibles. La Chine publie une « liste positive » des catégories autorisées en cross-border. La dernière révision, en vigueur depuis le 1er mars 2022, a ajouté 29 lignes et porté la liste à 1 476 lignes tarifaires (China Daily, février 2022 ; texte officiel). Avant de signer quoi que ce soit, vérifiez que votre produit y figure. J’ai vu une marque de compléments perdre trois mois parce qu’un ingrédient bloquait tout.
Votre transitaire parlera aussi en codes douaniers (Han Kun Law Offices) :
- 1210 : vente via entrepôt sous douane en Chine (1239 dans les villes hors programme pilote).
- 9610 : envoi direct, chaque colis est déclaré à l’unité.
- 9710 : export B2B d’une entreprise chinoise vers une entreprise étrangère.
- 9810 : export d’une entreprise chinoise vers un entrepôt à l’étranger.
Pour vendre aux consommateurs chinois, seuls 1210 et 9610 vous concernent. Les deux autres servent aux vendeurs chinois. Pour eux, les produits exportés sous ces quatre codes entre le 1er janvier 2026 et le 31 décembre 2027, puis renvoyés en Chine en l’état dans les 6 mois, sont exonérés de droits et de taxes à l’import, alimentaire exclu (annonce 2026 n° 16 du ministère des Finances).
Quelles marketplaces proposent le e-commerce cross-border ?
Tmall Global

Tmall Global, première porte d’entrée cross-border pour les marques étrangères
Tmall Global (天猫国际) est la branche import d’Alibaba. Plus de 40 000 marques de plus de 110 pays y vendent, et 2 415 marques étrangères y ont ouvert leur toute première boutique chinoise en 2025 (Sina Finance, janvier 2026). Le même article cite la France parmi les pays dont les nouvelles marques augmentent le plus vite.
Ce qu’il faut savoir :
- l’entrée est sélective : Tmall regarde votre notoriété, vos ventes ailleurs, vos réseaux sociaux,
- il faut un dépôt de garantie, une commission sur les ventes et un partenaire opérateur (TP) dans la plupart des cas,
- sans budget publicitaire, une boutique Tmall Global ne vend presque rien.
Un exemple réel : Rockfish, une marque britannique de bottes de pluie, a écoulé dès son premier mois sur Tmall Global le stock prévu pour trois mois (Sina Finance, avril 2025). Ce qui me frappe dans ce cas, c’est le produit : une niche précise, facile à montrer en photo, pas une gamme de 80 références.
JD Worldwide
JD Worldwide (京东国际, aujourd’hui présenté sous le nom 京东全球购) est l’équivalent chez JD.com. Sa force, c’est la logistique : JD gère ses propres entrepôts et livre vite, souvent en 1 à 2 jours dans les grandes villes.
Les acheteurs JD sont plutôt des hommes, urbains, attachés à l’authenticité. La plateforme marche bien pour l’électronique, l’électroménager, le vin, les produits pour bébés. Pour une marque de beauté très « lifestyle », je partirais plutôt sur Tmall ou Douyin. En juillet 2025, JD a lancé un plan pour faire entrer 1 000 nouvelles marques étrangères en trois ans (IT Home). En avril 2026, JD annonçait 1 500 marques déjà entrées, dont les françaises Gogo SqueeZ et Zadig & Voltaire (PingWest). Ce sont des chiffres de JD. Le détail est dans notre guide vendre sur JD.com et JD Worldwide.

RED (Xiaohongshu) Little Red Book
Xiaohongshu, aussi appelé RED ou « Little Red Book », est d’abord un réseau social où les utilisatrices partagent leurs avis, leurs routines, leurs achats. Il a aussi une partie boutique, avec du cross-border.
Honnêtement, je ne conseillerais pas de miser sur RED pour vendre en volume. Par contre, c’est là que vos clientes chinoises vont vérifier si votre marque existe, si d’autres l’ont testée, si le prix est juste. Sans présence sur RED, vos ventes sur Tmall ou Douyin seront plus dures.

Douyin
Douyin, la version chinoise de TikTok, vend énormément via les vidéos courtes et le live shopping. Le cross-border y existe (抖音全球购) et attire de plus en plus de marques étrangères.
Le principe est simple : un créateur présente votre produit en vidéo ou en live, le lien d’achat est juste en dessous. Ça peut partir très vite. Mais attention aux commissions des influenceurs et aux prix cassés demandés en live. Une cliente m’a appelée un jour, ravie d’un live à plusieurs milliers de commandes, puis catastrophée en voyant sa marge.
Nouveauté 2026 : depuis mai, Douyin Global et Tmall Global demandent des preuves de fabrication et de vente à l’étranger (certificat d’origine, déclarations en douane des 90 derniers jours, ventes en magasin ou sur des sites étrangers reconnus) pour bloquer le « faux import » (ChemLinked, avril 2026). Une vraie marque française passe. Une marque créée pour la Chine seule, beaucoup moins.

Pinduoduo, Temu et Kaola
Pinduoduo vend surtout des produits chinois à petit prix. Temu, du même groupe, fait le chemin inverse : il vend des produits chinois aux Européens. Kaola, lui, a disparu des stores en 2025 (détails plus bas).
Quelle plateforme pour quel produit ?
| Plateforme | Produits qui y marchent | Société en Chine requise |
|---|---|---|
| Tmall Global | cosmétique, compléments, mode, produits pour bébés | non |
| JD Worldwide | vin, électroménager, électronique, puériculture | non |
| Douyin Global | beauté, alimentaire, produits faciles à montrer en vidéo | non |
| Xiaohongshu | beauté, mode, art de vivre (surtout pour la notoriété) | non |
| Pinduoduo | grande consommation à bas prix, rarement adapté à une marque française | oui pour une boutique classique |
| Temu | ne vend pas en Chine | sans objet |
| Kaola | application retirée en 2025 | sans objet |
Quels secteurs marchent en cross-border ?
En Chine, on peut vendre presque tout par le cross-border, dans la limite de la liste positive. Certains secteurs marchent mieux que d’autres :

Les consommateurs chinois font confiance aux marques étrangères sur tout ce qui touche à la santé, à la peau et aux enfants. C’est historique : les scandales alimentaires des années 2000 ont laissé des traces. Aujourd’hui, les marques chinoises ont rattrapé une partie du retard, surtout en cosmétique, donc la confiance se gagne, elle n’est plus automatique.
- Produits cosmétiques et de soins de la peau
- Produits de maternité et pour bébés
- Produits alimentaires et boissons, compléments alimentaires
- Mode (y compris les produits de luxe)
- Bijoux
- Produits pour animaux

Stratégie marketing digital pour réussir en Chine
Ouvrir une boutique cross-border, c’est 20 % du travail. Le reste, c’est faire venir des gens dessus. Les marques qui réussissent mélangent e-commerce, contenu, live et parfois du jeu.

Deux exemples anciens mais toujours parlants : L’Oréal a diffusé en direct des influenceurs chinois au Festival de Cannes sur son mini-programme WeChat, et Dior a créé un jeu façon Tetris pour ses rouges à lèvres. L’idée reste la même en 2026 : donner une raison de venir, pas juste une fiche produit.

Voici ce que je mets en place, dans cet ordre, pour une marque qui démarre :
1. Branding personnalisé
Commencez par un nom chinois. Pas une traduction automatique : un nom facile à prononcer, qui ne veut rien dire de bizarre en mandarin, et que vous déposez à la CNIPA (l’office des marques chinois). Le dépôt de marque, c’est la première chose à faire, même avant la boutique. Ensuite, adaptez votre discours : vos clients chinois veulent savoir d’où vient le produit, qui l’utilise, et pourquoi il vaut son prix.
2. Présence sur les réseaux sociaux et plateformes numériques
- WeChat : un compte officiel pour le service client, les articles et le CRM. C’est votre base, surtout en B2B ou pour les clients fidèles.
- Douyin (TikTok en Chine) : vidéos courtes et live, pour toucher du monde vite.
- Xiaohongshu (Little Red Book) : avis, tests, recommandations. C’est là que se construit la confiance.
3. Visibilité sur les moteurs de recherche et les plateformes e-commerce
Baidu reste le moteur de recherche principal en Chine. Un site en chinois, même simple, avec quelques articles bien référencés, rassure les acheteurs qui cherchent votre marque. Voir notre guide SEO sur Baidu.
Sur les marketplaces (Tmall, JD.com…), travaillez vos fiches produit en chinois, vos photos, vos avis clients. Et préparez les grands festivals comme le 11.11 (Singles Day) et le 618 au moins deux mois à l’avance sur Tmall .
4. Campagnes publicitaires ciblées
Publicité payante sur Tmall, Douyin, WeChat ou Baidu : le ciblage est précis, mais le coût par clic monte vite dans les catégories chargées (beauté, nutrition). Côté KOLs et influenceurs, je préfère souvent 30 petits comptes (KOC) bien choisis à une seule grosse star. C’est moins cher et beaucoup plus crédible pour une marque inconnue.
5. Analyse et adaptation
Regardez vos chiffres chaque semaine : trafic de la boutique, taux de conversion, coût par commande, avis. Le marché chinois bouge vite, une tendance sur Xiaohongshu peut durer trois semaines. Si quelque chose ne marche pas après deux mois, changez-le.
Kaola a disparu : ce que ça dit des plateformes cross-border

Ce graphique date de l’époque où Kaola (考拉海购), lancé par NetEase, faisait jeu égal avec Tmall Global. Les choses ont bien changé. Alibaba a racheté Kaola en septembre 2019 pour 2 milliards de dollars, ses équipes et son savoir-faire ont été absorbés par Tmall Global, et l’application a été retirée des stores (fin mars 2025 sur iOS) (The Paper, mai 2025).
La suite de l’histoire est dans notre article Kaola : rachat, déclin et où vendre en cross-border.
La leçon pour vous ? Le marché s’est concentré. En 2026, les grandes portes d’entrée cross-border sont Tmall Global, JD Worldwide et Douyin. Les grandes plateformes achètent aussi en direct auprès des marques et stockent en entrepôt sous douane, ce qui rend la vie dure aux revendeurs tiers qui vendent les mêmes produits. Si vous avez un distributeur « officieux » qui vend déjà votre marque en Chine, mettez de l’ordre dans vos prix avant d’ouvrir votre propre boutique.
Ce qui marchait avant et ne marche plus en octobre 2026
- Les daigou. Ces revendeurs qui achetaient en Europe pour leurs clients chinois ont perdu du terrain depuis la loi chinoise sur le e-commerce, entrée en vigueur le 1er janvier 2019, qui oblige les vendeurs en ligne à s’enregistrer et à payer leurs taxes (The Paper). Vous ne contrôlez ni leur prix ni votre image.
- Kaola. L’application a disparu en 2025. Les guides qui la classent dans le top 3 sont périmés.
- Une boutique sans contenu. L’étiquette « importé » ne suffit plus. Sans notes sur Xiaohongshu ni vidéos sur Douyin, personne ne cherche votre marque.
- Un produit hors liste positive en espérant que ça passe. La commande reste bloquée en douane.
- Une « marque française » créée pour la Chine seule. Les règles 2026 de Douyin et Tmall demandent des preuves de vente à l’étranger.
- Les prix cassés au lancement. Un live à moitié prix fait du volume un soir, puis plus personne n’achète au prix normal.
Quel est le processus d’exportation de produits vers la Chine ?
Commencer et choisir la bonne plateforme cross-border

Ne choisissez pas la plateforme d’abord. Choisissez d’abord votre client : qui achète votre produit, où passe-t-il son temps en ligne, combien est-il prêt à payer ? La plateforme découle de ça. Une marque de vin ne fera pas les mêmes choix qu’une marque de crème solaire.
Pour exporter vos produits en Chine, il existe 3 méthodes principales :
- Le colis postal personnel : c’est la voie la plus informelle. Pas de licence d’import, mais les colis sont taxés comme des « articles personnels », à 13, 20 ou 50 % selon la catégorie, avec une limite de 1 000 yuans par colis. Bien pour tester, pas pour construire une marque.
- Le cross-border en envoi direct : chaque commande est déclarée aux douanes via la plateforme, puis expédiée depuis votre pays (ou un entrepôt à Hong Kong). Délai plus long pour le client, mais pas de stock à immobiliser en Chine.
- Le cross-border en entrepôt sous douane : vous envoyez du stock à l’avance dans une zone franche cross-border en Chine (Hangzhou, Ningbo, Guangzhou, Shanghai…). Le client est livré en quelques jours. C’est le modèle que je recommande dès que vos ventes sont régulières, mais il faut avancer le stock.
Règlement sur l’e-commerce cross-border de détail et les importations
N’oubliez pas : pour les deux méthodes cross-border, vos clients paient la taxe réduite décrite plus haut (environ 9,1 % pour la plupart des produits, autour de 23 % pour les cosmétiques haut de gamme), dans la limite de 5 000 yuans par commande et 26 000 yuans par an.
Bonus : vous pouvez aussi stocker à Hong Kong. Si les ventes en Chine continentale sont plus lentes que prévu, vous pouvez toujours écouler le stock par d’autres canaux en Asie.
Dédouanement : faire seul ou déléguer ?
Vous pouvez vous en occuper vous-même, ou confier à une société de logistique les étapes suivantes :
- L’enregistrement en douane
- Déclaration et inspection des produits importés
- Paiement des taxes et contrôle des changes
- le dédouanement
Pour être franche, je n’ai jamais vu une PME française gérer ça seule. Passez par un prestataire logistique agréé par la plateforme. Et gardez vos certificats d’origine et analyses produit à portée de main : les contrôles sur l’alimentaire, les boissons alcoolisées et les cosmétiques restent stricts.
De combien aurai-je besoin pour vendre mes produits via des plateformes cross-border ?
Ça dépend de votre catégorie et de votre ambition, donc je ne vais pas vous donner un prix sorti de nulle part. Ce que je peux vous dire, c’est que chez nos clients, la première année coûte rarement moins de quelques dizaines de milliers d’euros, tout compris. Le poste le plus sous-estimé, c’est toujours le trafic.
Voici les postes à prévoir :
- frais de plateforme (dépôt, commission, abonnement : Tmall, JD, Douyin…),
- opérateur de boutique (TP) ou équipe interne,
- création des fiches produit, photos et vidéos en chinois,
- génération de trafic (publicité, KOL, KOC : plus la catégorie est chargée, plus c’est cher),
- logistique : transport, entrepôt sous douane, retours,
- contenu sur WeChat, Douyin et Xiaohongshu,
- dépôt de marque en Chine.
Ce que je conseille pour commencer : vérifiez que votre produit est sur la liste positive, déposez votre marque en Chine, et regardez ce qui se dit déjà de votre catégorie sur Xiaohongshu. Ces trois étapes coûtent peu et vous évitent beaucoup d’erreurs.
Adopter une stratégie omnicanale en Chine
Une fois la première boutique lancée, il devient intéressant d’ouvrir d’autres canaux. Chaque plateforme a son public : Tmall pour la recherche et la confiance, Douyin pour la découverte et l’achat impulsif, JD pour la livraison rapide, Xiaohongshu pour la recommandation. Un client GMA dans la cosmétique (je ne peux pas le nommer) a commencé par Tmall Global seul. Les ventes ne décollaient pas. Nous avons ajouté un travail de fond sur Xiaohongshu avec des KOC, et c’est là que la recherche de la marque sur Tmall a commencé à monter. Un canal nourrit l’autre.
Mon conseil : ne lancez pas tout en même temps. Une plateforme de vente, un réseau social, et vous élargissez quand les chiffres suivent.
Questions fréquentes
Faut-il une société en Chine pour vendre en cross-border ?
Non, c’est tout l’intérêt du cross-border : pas besoin d’entité juridique en Chine, pas d’enregistrement préalable de chaque produit, et des étiquettes en langue d’origine acceptées, avec une fiche produit en chinois sur la plateforme. Depuis mai 2026, Tmall Global et Douyin Global demandent en revanche des preuves de fabrication et de vente à l’étranger. Il faut aussi respecter les plafonds d’achat et la liste des produits autorisés.
Quels produits peut-on vendre en cross-border ?
Seuls les produits inscrits sur la « liste positive » sont éligibles. Sa dernière révision, en vigueur depuis le 1er mars 2022, compte 1 476 lignes tarifaires. Vérifiez que votre produit y figure avant de signer quoi que ce soit : un seul ingrédient peut tout bloquer. Les secteurs qui marchent le mieux sont la cosmétique et le soin de la peau, les produits pour bébés, l’alimentaire et les compléments, la mode, les bijoux et les produits pour animaux.
Quelle taxe paie le client chinois en cross-border ?
Dans la limite de 5 000 yuans par commande et 26 000 yuans par an, les droits de douane sont à 0 %, et la TVA et la taxe de consommation sont dues à 70 % du montant normal. Pour la plupart des produits, cela donne environ 9,1 % du prix. Pour les cosmétiques classés haut de gamme, on monte autour de 23 %. Vérifiez toujours votre code produit avec votre transitaire.
Quelle plateforme choisir pour débuter en cross-border ?
Partez de votre client, pas de la plateforme. En 2026, les grandes portes d’entrée sont Tmall Global, JD Worldwide et Douyin, avec Xiaohongshu pour la notoriété. Kaola a disparu en 2025 et Temu ne vend pas en Chine. Ne lancez pas tout en même temps : une plateforme de vente, un réseau social, puis vous élargissez quand les chiffres suivent.
Combien coûte une première année en cross-border ?
Chez nos clients, la première année coûte rarement moins de quelques dizaines de milliers d’euros, tout compris. Les postes à prévoir : frais de plateforme, opérateur de boutique, fiches produit et visuels en chinois, trafic (publicité, KOL, KOC), logistique et dépôt de marque. Le poste le plus sous-estimé reste le trafic. Pour aller plus loin, lisez les 10 questions qu’on nous pose le plus.
Lancer votre boutique cross-border avec GMA

Le cross-border, chez GMA, remplit nos journées : une équipe de 50 personnes à Shanghai, plus de 2 000 projets, et des dossiers Tmall Global, JD Worldwide et Douyin préparés pour des marques de toutes tailles.
Concrètement, on vous aide à choisir la bonne plateforme, à préparer le dossier d’entrée sur Tmall Global, JD Worldwide ou Douyin, à trouver le bon partenaire logistique, puis à faire venir du trafic avec Xiaohongshu, Douyin, WeChat et Baidu.
On parle le langage de vos clients chinois, et aussi le vôtre. Pour en savoir plus, voyez notre page agence cross-border e-commerce en Chine, ou écrivez-moi via la page contact.


3 commentaires
Lily
Plonger dans le monde de l’e-commerce en Chine, c’est comme entrer dans une jungle numérique où chaque plateforme est une bête avec ses propres règles. Voici un petit guide pour ne pas vous perdre dans ce monde où l’on achète tout, absolument tout, en un clic.
1. Taobao & Tmall : Les Géants de l’E-commerce
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