Par Claire Verot, consultante chez GMA. Chaque semaine, elle lit des tableaux de bord de marques qui démarrent en Chine, et elle sait qu’un chiffre mal choisi au troisième mois peut faire arrêter un projet qui marchait.
Il y a quelques semaines, un dirigeant d’une maison de thé bordelaise m’a appelée un vendredi soir. Sa voix était tendue : « Claire, ça fait trois mois. On a dépensé le budget prévu, on a publié tous les jours, et je n’ai vendu presque rien. Est-ce que ça marche, oui ou non ? » Je lui ai demandé de m’envoyer trois choses : le nombre de recherches de sa marque sur Baidu, les commentaires reçus sur Rednote (XiaoHongShu), et la liste des personnes qui avaient sauvegardé ses notes. Le lundi, on a regardé ensemble. Les recherches de marque avaient démarré. Les sauvegardes montaient chaque semaine. Des inconnus demandaient déjà où acheter son thé. « Donc ça marche ? » Oui. Simplement, il regardait le mauvais chiffre au mauvais moment.
C’est la question que tout dirigeant finit par poser, et elle est légitime. Mais en Chine, une marque étrangère ne se juge pas avec les mêmes indicateurs au mois 2 et au mois 6. Voici, mois par mois, les indicateurs que nous suivons chez GMA, ceux qu’il faut ignorer, les outils pour les mesurer, et le moment où il faut vraiment changer de cap.

Pourquoi les six premiers mois en Chine se pilotent par étapes
Une marque qui arrive en Chine part de zéro. Personne ne la cherche, personne n’en parle, aucun avis n’existe. Le consommateur chinois, lui, ne découvre pas une marque inconnue et n’achète pas le jour même. Il la croise sur Rednote (XiaoHongShu), il vérifie sur Baidu, il lit des avis, il compare, il attend qu’un ami ou une créatrice de contenu en parle. Ce parcours prend du temps. Vouloir mesurer des ventes dès le premier mois revient à juger un arbre sur ses fruits le jour où on le plante.
Trois phases, trois familles d’indicateurs
Nous découpons les six premiers mois en trois phases. Chacune a une question centrale et des indicateurs qui y répondent :
- Mois 1 et 2, les fondations : est-ce que la marque existe correctement en ligne en Chine ?
- Mois 3 et 4, la traction : est-ce que les bonnes personnes commencent à s’y intéresser ?
- Mois 5 et 6, la conversion : est-ce que cet intérêt se transforme en ventes rentables ?
Ce découpage n’est pas une règle gravée dans le marbre. Une marque déjà connue des touristes chinois ou déjà vendue en cross border avance plus vite. Une marque de niche dans une catégorie très technique avance plus lentement. Mais l’ordre, lui, reste le même : on ne saute pas une étape.
Fixer les objectifs avant de lancer
Un indicateur sans objectif ne sert à rien. Avant le premier jour, écrivez ce que vous attendez à la fin de chaque phase. Pas des chiffres sortis d’un chapeau : des objectifs cohérents avec votre budget, votre catégorie et votre prix de vente. Si vous n’avez pas encore une idée claire de l’enveloppe nécessaire, notre article sur le coût d’une stratégie marketing en Chine vous aidera à poser des bases réalistes. Et si vous ne savez pas encore qui est votre client chinois, commencez par là : une étude de marché en Chine bien menée vous évitera de mesurer l’intérêt d’une cible qui n’achètera jamais.
Mois 1 et 2 : les indicateurs de fondation
Les deux premiers mois, la question n’est pas « combien avez-vous vendu ? » mais « est-ce que votre marque est prête à être trouvée ? ». Beaucoup de marques étrangères négligent cette phase parce qu’elle ne produit pas de chiffre d’affaires. C’est une erreur qui coûte cher au mois 4, quand les premiers curieux arrivent et ne trouvent rien de solide.
Les comptes ouverts et vérifiés
Premier indicateur, le plus simple : vos comptes sont-ils ouverts, vérifiés et complets ? Sur Rednote (XiaoHongShu), un compte professionnel vérifié inspire plus confiance qu’un compte personnel. Sur WeChat, un compte officiel bien configuré sert de vitrine et de point de contact. Sur Baidu, une fiche de marque et quelques pages bien référencées rassurent l’internaute qui vérifie qui vous êtes. Faites une liste simple, plateforme par plateforme, avec trois colonnes : ouvert, vérifié, complet (logo, description en chinois, liens, menu). Tant que cette liste n’est pas cochée, ne lancez pas de publicité.
Le volume et la régularité des contenus publiés
Deuxième indicateur : combien de contenus avez-vous publiés, et avec quelle régularité ? Au début, la régularité compte plus que la performance de chaque publication. Un compte qui publie de façon constante pendant huit semaines apprend beaucoup plus vite qu’un compte qui publie dix notes la première semaine puis s’arrête. Suivez aussi la part de contenus réellement pensés pour le public chinois, pas simplement traduits depuis votre site français. Un contenu traduit se voit, et il ne génère presque jamais d’engagement.
La recherche de marque sur Baidu et Rednote
C’est l’indicateur que je préfère pour cette phase, et le plus sous-estimé. Les recherches sur le nom de votre marque (品牌词, pǐnpái cí, « mot de marque ») montrent si quelqu’un, quelque part, a entendu parler de vous et a eu envie d’en savoir plus. Tapez votre nom de marque, en caractères chinois et en lettres latines, dans la barre de recherche de Baidu et dans l’onglet de recherche de Rednote. Notez ce qui apparaît : vos propres pages, des notes d’utilisateurs, des suggestions de recherche associées, ou rien du tout.
Au mois 1, il est normal de ne trouver que vos propres contenus. Au mois 2, vous devez commencer à voir apparaître des suggestions de recherche ou des notes qui ne viennent pas de vous. C’est un signal faible, mais c’est un vrai signal.
Le nom chinois et sa cohérence
Un point souvent oublié : votre nom chinois est-il utilisé partout de la même façon ? Si votre marque apparaît sous deux ou trois transcriptions différentes, vos recherches de marque sont dispersées et vous ne pouvez pas les mesurer correctement. Vérifiez que le même nom chinois figure sur vos comptes, vos fiches produits, vos emballages et vos échanges avec les créateurs de contenu.
Les premiers retours qualitatifs
Enfin, lisez tout. Chaque commentaire, chaque message privé, chaque question. Au début, ils sont peu nombreux et c’est justement pour ça qu’ils sont précieux. Est-ce qu’on vous demande le prix ? Où acheter ? Si le produit convient à une peau sensible, à un enfant, à un climat humide ? Ces questions vous disent déjà ce que votre future cible attend, et elles nourriront vos contenus des mois suivants.

Mois 3 et 4 : les indicateurs de traction
C’est la phase où le dirigeant bordelais m’a appelée. C’est aussi celle où la plupart des marques doutent. Les fondations sont posées, les contenus sortent, mais les ventes restent modestes. Les indicateurs à regarder changent : il ne s’agit plus de savoir si vous existez, mais si les bonnes personnes s’intéressent à vous.
Le taux d’engagement, et surtout sa nature
Sur Rednote (XiaoHongShu), l’engagement se lit à travers les likes, les commentaires, les partages et surtout les sauvegardes (收藏, shōucáng, « mettre en favori »). La sauvegarde est l’indicateur le plus parlant : un utilisateur qui sauvegarde une note prévoit d’y revenir. C’est souvent le premier pas du 种草 (zhòngcǎo, littéralement « planter l’herbe »), cette envie d’acheter qui germe à force de voir un produit recommandé.
Ne regardez pas l’engagement en valeur absolue. Regardez son évolution d’une semaine à l’autre, et regardez quels contenus le génèrent. Si vos notes pratiques (comment utiliser, comment choisir, avant et après) sont sauvegardées alors que vos visuels de marque ne le sont pas, vous avez appris quelque chose d’utile sur ce qui plaît.
Les abonnés qualifiés plutôt que les abonnés tout court
Un abonné qualifié, c’est quelqu’un qui correspond à votre cible et qui interagit. Pour le vérifier, ouvrez régulièrement les profils de vos nouveaux abonnés. Est-ce que ce sont des comptes réels, actifs, qui publient sur des sujets proches de votre univers ? Habitent-ils dans les villes que vous visez ? Ont-ils le profil d’âge et de centres d’intérêt que vous attendiez ? Cent abonnés qui commentent et sauvegardent valent mieux que dix mille comptes silencieux obtenus par une campagne mal ciblée.
Les premiers avis et les mentions spontanées
Au mois 3 ou 4, vous devez commencer à voir des contenus publiés par des personnes que vous n’avez ni payées ni contactées. Une note qui montre votre produit, un avis sur une fiche produit, un commentaire qui cite votre marque sous le contenu de quelqu’un d’autre. Comptez ces mentions spontanées chaque semaine. Elles sont peu nombreuses au début, mais leur apparition est l’un des meilleurs signes que votre marque commence à circuler.
Lisez aussi leur tonalité. Un avis négatif sur la texture ou sur le délai de livraison n’est pas une catastrophe : c’est une information. Ce qui doit vous inquiéter, c’est l’absence totale de réaction.
Les premières collaborations avec des KOC
Les KOC (Key Opinion Consumers, 关键意见消费者, guānjiàn yìjiàn xiāofèizhě) sont des consommateurs influents, avec une audience plus modeste que les grands KOL mais souvent plus de crédibilité auprès de leur communauté. C’est généralement par eux que nous commençons pour une nouvelle marque, sur Rednote en particulier. Les indicateurs à suivre pour chaque collaboration :
- le nombre de sauvegardes et de commentaires sur la note publiée, rapporté à l’audience habituelle du KOC ;
- la nature des commentaires : questions sur le produit, demandes de lien d’achat, ou simples réactions polies ;
- l’effet sur vos propres comptes : nouveaux abonnés, messages privés, recherches de marque dans les jours qui suivent ;
- le coût de la collaboration rapporté à ces résultats, pour comparer les KOC entre eux.
Au bout de quelques collaborations, vous saurez quels profils fonctionnent pour votre produit. C’est une information qui vaut beaucoup plus que le résultat de n’importe quelle collaboration isolée.
La progression des recherches de marque
Reprenez l’exercice des mois 1 et 2 sur Baidu et Rednote. À ce stade, les recherches de marque doivent progresser. De nouvelles suggestions de recherche doivent apparaître, par exemple votre nom associé à « avis », « comment utiliser » ou « où acheter ». Si ce n’est pas le cas après quatre mois de contenus et de collaborations, c’est le moment de se poser des questions sérieuses sur le message ou la cible.
Mois 5 et 6 : les indicateurs de conversion
La marque est trouvée, elle est commentée, elle est recommandée. Il est temps de mesurer si tout cela se transforme en ventes, et en ventes rentables. C’est la phase où les indicateurs financiers reprennent leur place. Si vous vendez via un canal e-commerce (boutique cross border sur Tmall Global ou JD, boutique sur Rednote, mini programme WeChat), vous avez maintenant assez de recul pour lire des chiffres qui ont du sens.
Les ventes et leur origine
Le chiffre des ventes seul ne suffit pas. Ce qui compte, c’est de savoir d’où elles viennent. Une vente qui arrive après une campagne publicitaire n’a pas la même valeur qu’une vente qui arrive d’une recherche de marque spontanée. La première s’arrête quand la publicité s’arrête. La seconde montre que votre marque commence à vivre seule. Demandez à votre équipe ou à votre agence de séparer les ventes par source, même grossièrement : publicité payante, contenus organiques, collaborations KOC ou KOL, recherche directe.
Le panier moyen
Le panier moyen (客单价, kèdānjià) vous dit combien un client dépense en moyenne par commande. Il est utile pour deux raisons. D’abord, il vous indique si les clients achètent un seul produit d’essai ou s’ils composent déjà un panier. Ensuite, il conditionne tout le reste : un panier moyen trop bas rend presque impossible la rentabilité d’une campagne publicitaire. Si votre panier est faible, travaillez les coffrets, les formats découverte associés à un produit phare, ou les offres « deuxième produit » plutôt que les remises sèches.
Le taux de rachat
Le taux de rachat (复购率, fùgòu lǜ) mesure la part des clients qui achètent une deuxième fois. Au mois 6, vous n’avez pas encore beaucoup de recul, mais vous en avez assez pour voir les premiers rachats, surtout si votre produit se consomme (cosmétique, alimentaire, compléments, thé, café). Un client qui revient sans avoir été relancé par une promotion est la preuve la plus solide que votre produit plaît vraiment. C’est aussi l’indicateur qui rend rentables toutes les dépenses d’acquisition des mois précédents.
Le coût d’acquisition client
Le coût d’acquisition (获客成本, huòkè chéngběn) se calcule simplement : ce que vous avez dépensé pour attirer des clients, divisé par le nombre de nouveaux clients obtenus sur la même période. Deux conseils pour qu’il soit utile. Calculez-le par canal, pas seulement au global. Et comparez-le à la marge que vous dégagez sur un client, en tenant compte des rachats probables. Un coût d’acquisition élevé n’est pas un problème en soi si le client rachète plusieurs fois. Il le devient si le client n’achète qu’une fois et que la marge de cette unique commande ne couvre pas ce qu’il a coûté à attirer.
Le taux de conversion des fiches produits
Dernier indicateur de cette phase : la part des visiteurs de vos fiches produits qui achètent. Si beaucoup de visiteurs arrivent mais repartent, le problème n’est pas l’attraction, c’est la page elle-même : photos, description, avis, prix, délai de livraison. Quand nous accompagnons des marques dans le cadre de notre agence e-commerce pour la Chine, c’est souvent la première chose que nous corrigeons, parce que c’est la moins chère à améliorer.
Le tableau de bord mois par mois
Pour que tout cela reste lisible, voici la synthèse que nous partageons avec nos clients. Elle tient sur une page, et c’est volontaire.
| Phase | Question centrale | Indicateurs principaux | Signal d’alerte |
|---|---|---|---|
| Mois 1 et 2 : fondations | La marque est-elle prête à être trouvée ? | Comptes ouverts et vérifiés, contenus publiés avec régularité, premières recherches de marque sur Baidu et Rednote, retours qualitatifs | Comptes incomplets, publication irrégulière, contenus simplement traduits |
| Mois 3 et 4 : traction | Les bonnes personnes s’intéressent-elles à la marque ? | Engagement et sauvegardes, abonnés qualifiés, avis et mentions spontanées, résultats des premiers KOC, progression des recherches de marque | Aucune mention spontanée, abonnés hors cible, recherches de marque qui stagnent |
| Mois 5 et 6 : conversion | L’intérêt devient-il des ventes rentables ? | Ventes par source, panier moyen, taux de rachat, coût d’acquisition par canal, conversion des fiches produits | Ventes uniquement portées par la publicité, aucun rachat, coût d’acquisition supérieur à la marge |
Les indicateurs trompeurs à ne pas surveiller
Certains chiffres font plaisir à voir dans un rapport et ne disent presque rien de la santé de votre marque. On les appelle souvent des « vanity metrics », des indicateurs de vanité. En Chine, ils sont d’autant plus dangereux qu’ils peuvent être gonflés facilement.
Le nombre brut d’abonnés
Un compte avec beaucoup d’abonnés et très peu d’interactions est un compte qui ne sert à rien. Pire : sur Rednote (XiaoHongShu) comme ailleurs, des abonnés inactifs ou faux peuvent faire baisser la portée de vos contenus, parce que l’algorithme voit que votre audience ne réagit pas. Ne fixez jamais un objectif en nombre d’abonnés seul.
Les vues et impressions
Une note vue un grand nombre de fois sans sauvegarde ni commentaire a simplement été survolée. Les vues indiquent que l’algorithme vous a montré, pas que quelqu’un s’est intéressé à vous. Regardez-les pour comparer vos contenus entre eux, jamais comme une preuve de succès.
Les likes achetés ou les campagnes de volume
On vous proposera un jour de « booster » un compte avec des interactions en masse. Refusez. En plus d’être contraires aux règles des plateformes, ces pratiques faussent vos propres données : vous ne pourrez plus distinguer ce qui plaît vraiment de ce qui a été acheté. Et les plateformes chinoises détectent de mieux en mieux ces comportements.
Le chiffre d’affaires d’une seule journée
Une belle journée de ventes pendant une fête commerciale ou après un live peut masquer une réalité fragile. Si ces clients ne reviennent jamais et que le coût pour les attirer dépasse la marge, ce pic a coûté de l’argent. Regardez toujours les ventes sur plusieurs semaines, et croisez-les avec le coût d’acquisition et le rachat.
Le nombre de KOL contactés
Un rapport qui annonce « nous avons travaillé avec beaucoup de créateurs » ne dit rien. Ce qui compte, c’est ce que chaque collaboration a produit. Mieux vaut quelques KOC bien choisis, dont vous connaissez précisément les résultats, qu’une longue liste de noms sans suivi.
Les outils pour suivre vos indicateurs
Pas besoin d’un logiciel coûteux pour démarrer. Les plateformes chinoises fournissent déjà une grande partie des données, à condition de savoir où les chercher et de les consolider régulièrement.
Les tableaux de bord natifs des plateformes
Chaque plateforme propose ses propres statistiques. Le compte professionnel Rednote (XiaoHongShu) donne accès aux données de chaque note (vues, likes, sauvegardes, commentaires, nouveaux abonnés) et au profil de l’audience. Le compte officiel WeChat affiche les lectures, les partages et l’évolution des abonnés. Les boutiques sur Tmall, JD ou Douyin disposent de leurs propres outils d’analyse, avec le trafic, la conversion et le détail des sources de visites. Ces outils sont en chinois, et leur interface change régulièrement : c’est l’une des raisons pour lesquelles une équipe sur place fait gagner beaucoup de temps.
La recherche manuelle sur Baidu et Rednote
Pour la recherche de marque, rien ne remplace une vérification manuelle régulière. Une fois par mois, faites des captures d’écran des résultats de recherche de votre nom de marque sur Baidu et sur Rednote, avec les suggestions de recherche associées. Rangez-les dans un dossier daté. Au bout de six mois, la comparaison visuelle est souvent plus parlante qu’un graphique. Baidu propose aussi un outil d’indice de recherche, utile pour les marques qui ont déjà un certain volume de recherches.
Un tableur partagé, simple et tenu à jour
Le meilleur outil de suivi reste un tableur partagé entre la marque et l’équipe qui opère sur place. Une ligne par semaine, une colonne par indicateur, et une colonne « commentaire » pour noter ce qui s’est passé (lancement d’une collaboration, publication d’un contenu qui a bien marché, problème logistique). Ce tableur devient la mémoire du projet. C’est lui que vous ouvrirez au mois 6 pour décider de la suite.
Le suivi des sources de ventes
Pour savoir d’où viennent vos ventes, utilisez les codes promotionnels propres à chaque KOC, les liens de suivi fournis par les plateformes et, si possible, des pages produits distinctes par campagne. Ce n’est pas parfait : une partie des acheteurs voit un contenu sur Rednote et achète plus tard sur une autre plateforme. Mais une attribution approximative vaut mieux qu’aucune attribution.
Le rythme de reporting qui fonctionne
Trop de reporting épuise l’équipe et noie le dirigeant sous les chiffres. Pas assez de reporting, et vous découvrez les problèmes trop tard. Voici le rythme que nous appliquons avec la plupart des marques.
Chaque semaine : les indicateurs d’activité
Une mise à jour courte du tableur : contenus publiés, engagement, nouveaux abonnés, collaborations en cours, questions fréquentes reçues. L’objectif n’est pas de tirer des conclusions, mais de repérer vite ce qui décroche ou ce qui surprend en bien.
Chaque mois : l’analyse et les décisions
Une réunion d’une heure, pas plus, avec trois questions : qu’est-ce qui a marché, qu’est-ce qui n’a pas marché, que change-t-on le mois prochain ? C’est à ce moment qu’on compare les contenus entre eux, qu’on décide de continuer ou non avec un KOC, et qu’on ajuste la répartition du budget.
Au mois 3 et au mois 6 : le bilan de phase
Deux rendez-vous plus longs, où l’on compare les résultats aux objectifs fixés avant le lancement. Au mois 3, on vérifie que les fondations sont solides et que la traction démarre. Au mois 6, on tire un vrai bilan commercial et on décide de la stratégie des six mois suivants. C’est aussi le bon moment pour associer vos équipes commerciales et financières, pas seulement le marketing.
Quand faut-il ajuster la stratégie ?
Ajuster, ce n’est pas tout changer tous les mois. Une stratégie qu’on modifie en permanence ne produit jamais de résultat mesurable, parce qu’aucune action n’a eu le temps de faire effet. Mais s’entêter face à des signaux clairs coûte aussi très cher. Voici les situations où, selon notre expérience, il faut agir.
Quand les fondations ne sont pas posées au mois 3
Si au troisième mois vos comptes ne sont toujours pas complets, si la publication reste irrégulière ou si les contenus sont encore de simples traductions, inutile d’augmenter le budget publicitaire. Revenez aux bases. Toute dépense de visibilité sur des fondations fragiles est en grande partie perdue.
Quand l’engagement existe mais pas chez la bonne cible
Vos contenus plaisent, mais les profils qui réagissent ne correspondent pas à votre client idéal : trop jeunes pour votre prix, trop éloignés de votre catégorie, hors des villes où vous livrez. C’est le signe que le message ou le choix des créateurs doit être revu. Parfois, c’est aussi le signe que la cible définie au départ n’était pas la bonne, et que le marché vous indique une autre piste.
Quand l’intérêt ne se transforme pas en ventes
Beaucoup de sauvegardes, de questions, de recherches de marque, mais peu de ventes au mois 5 ou 6 ? Le problème se situe souvent entre l’envie et l’achat : produit difficile à trouver, fiche produit peu convaincante, prix mal positionné, délai de livraison trop long, absence de lien clair entre vos contenus et votre boutique. C’est un problème qui se corrige, souvent plus vite qu’on ne le pense.
Quand les ventes dépendent entièrement de la publicité
Si vos ventes s’effondrent dès que vous coupez la publicité, votre marque n’a pas encore construit sa notoriété propre. Il faut alors rééquilibrer le budget vers les contenus organiques, les collaborations avec des KOC et le travail sur la recherche de marque, même si cela ralentit les ventes à court terme.
Quand il ne faut surtout rien changer
Et parfois, la bonne décision est d’attendre. Si les indicateurs de chaque phase progressent, même lentement, et que vous êtes au mois 3 ou 4, ne coupez pas tout parce que les ventes ne sont pas encore là. C’est exactement ce qu’aurait fait le dirigeant bordelais sans cette conversation du vendredi soir. Il a continué. Ses ventes ont commencé à décoller deux mois plus tard, portées par des clientes qui l’avaient découvert sur Rednote au printemps.
Si vous voulez un regard extérieur sur vos premiers résultats, notre équipe peut auditer vos comptes et vos chiffres, que ce soit dans le cadre de notre agence Xiaohongshu en Chine ou de l’ensemble des services de l’agence.
FAQ : les indicateurs d’une marque en Chine
Au bout de combien de temps peut-on juger les résultats d’une marque en Chine ?
Un vrai bilan commercial se fait rarement avant six mois. Avant, on juge la qualité des fondations (mois 1 et 2) puis la traction (mois 3 et 4). Juger une marque sur ses ventes au troisième mois conduit souvent à arrêter un projet qui était en train de démarrer.
Quel est l’indicateur le plus important au début ?
La recherche de marque sur Baidu et Rednote. Elle montre que des personnes ont entendu parler de vous et ont fait l’effort de vous chercher. C’est un signal peu spectaculaire, mais c’est l’un des plus fiables pour savoir si votre notoriété commence à exister.
Faut-il viser un nombre d’abonnés précis sur Rednote ?
Non. Mieux vaut suivre les abonnés qualifiés et les sauvegardes. Un petit compte dont l’audience correspond à votre cible et réagit à vos contenus a plus de valeur qu’un grand compte silencieux. Le nombre brut d’abonnés est l’un des indicateurs les plus trompeurs.
Comment savoir si une collaboration avec un KOC a fonctionné ?
Regardez les sauvegardes et les commentaires de sa note par rapport à son audience habituelle, la nature des questions posées, puis l’effet sur vos propres comptes et sur vos recherches de marque dans les jours qui suivent. Un code promotionnel dédié aide à relier la collaboration aux ventes.
À quelle fréquence faut-il faire un reporting ?
Une mise à jour courte chaque semaine, une analyse avec décisions chaque mois, et deux bilans de phase au mois 3 et au mois 6. Ce rythme permet de réagir vite sans changer de stratégie en permanence.
À retenir
- Les six premiers mois d’une marque en Chine se pilotent en trois phases : fondations, traction, conversion. Chaque phase a ses propres indicateurs.
- Mois 1 et 2 : comptes ouverts et complets, contenus réguliers et adaptés, premières recherches de marque sur Baidu et Rednote.
- Mois 3 et 4 : sauvegardes, abonnés qualifiés, avis et mentions spontanées, résultats des premiers KOC.
- Mois 5 et 6 : ventes par source, panier moyen, taux de rachat, coût d’acquisition par canal.
- Méfiez-vous des indicateurs de vanité : abonnés bruts, vues, interactions achetées, pic de ventes d’une seule journée.
- Un tableur partagé et un rythme hebdomadaire, mensuel et semestriel suffisent pour piloter.
- Ajustez quand les signaux sont clairs, mais ne coupez pas un projet dont les indicateurs de phase progressent.

Objectifs par phase, suivi des recherches de marque, bilan des collaborations KOC, lecture des données de la boutique en ligne : nous montons ce tableau de bord avec chaque marque dès le premier jour. Notre agence franco-chinoise, active en Chine et en France depuis 2012, a vu passer 2 000 projets. Assez pour distinguer un démarrage lent d’un échec annoncé. Envoyez-nous vos chiffres des premiers mois, même incomplets : nous vous dirons franchement ce qu’ils racontent et quoi faire ensuite. Contactez notre équipe.

