Guide de l’Industrie du Jeu Vidéo en Chine

Par Philip Chen, cofondateur de GMA, Shanghaïen d’adoption qui n’a toujours pas fini son propre run sur Genshin Impact. Retrouvez-moi sur LinkedIn.

La semaine dernière, mon neveu de douze ans m’a mis une raclée sur Honor of Kings pendant que sa mère criait depuis la cuisine qu’il ne lui restait plus que dix minutes avant l’heure limite. Ce n’était pas une blague de parent fatigué : en Chine, le temps de jeu des mineurs est chronométré par la loi, pas seulement par les parents. Trois heures par semaine, pas une minute de plus, réparties sur trois soirs précis. Ça fait sourire beaucoup d’Occidentaux la première fois qu’ils l’entendent. Puis ils découvrent que ce même pays, si strict avec ses enfants, est aussi celui qui a produit le jeu vidéo solo le plus vendu d’Asie de tous les temps, et une industrie qui a généré près de 190 milliards de yuans sur les six premiers mois de 2026 seulement. La Chine du jeu vidéo est pleine de ces contradictions. Les comprendre, c’est comprendre comment vendre, licencier ou distribuer un jeu dans ce pays. C’est l’objet de ce guide, entièrement mis à jour avec les derniers chiffres du secteur.

L’industrie du jeu vidéo en Chine

Premier marché mondial en termes de jeux vidéo, la Chine a su tirer parti de cette industrie en contribuant à sa croissance au fil des ans. Le pays attire toujours autant de sociétés de jeux étrangères qui veulent développer leurs activités dans l’un des marchés les plus digitalisés au monde, et en 2026, l’appétit ne faiblit pas.

Brève histoire de l’industrie du jeu en Chine

En 1978, même si la Chine a ouvert pour la première fois son marché aux investissements étrangers, il restait difficile de se procurer des produits étrangers. Les consoles n’ont été accessibles que dans les années 90, mais elles étaient trop chères pour la majorité de la population, qui préférait se rendre dans les salles d’arcade.

Quelques années plus tard, alors que le marché chinois s’internationalisait de plus en plus, les jeux vidéo sont devenus moins chers et les ventes de consoles ont augmenté de manière significative. Mais à la suite de cette croissance rapide, le ministère chinois de la culture s’est convaincu que les jeux vidéo étaient nuisibles à la société, ce qui a conduit à leur interdiction pure et simple en 2000, une mesure qui a surtout touché des sociétés comme Sony, Sega et Nintendo. Les jeux sur ordinateur, eux, sont restés autorisés, ce qui a largement contribué au succès des cybercafés.

Un cybercafé en Chine (© Britannica)

La population chinoise a dû attendre 2015 pour que l’interdiction soit totalement levée, et la Xbox One de Microsoft a été la première console à sortir officiellement en Chine continentale. Depuis, l’industrie du jeu vidéo est montée en flèche dans le pays, aujourd’hui décrit comme la « capitale mondiale de l’industrie du jeu ».

Un marché toujours en tête, mais des chiffres qui ont beaucoup changé

À l’époque où cet article a été écrit pour la première fois, la Chine comptait environ 665 millions de joueurs, qui dépensaient plus de 278 milliards de yuans par an en jeux vidéo, avec des revenus tirés surtout par le mobile. C’était déjà le marché le plus lucratif du monde. Depuis, l’échelle a encore changé.

10 premiers marchés de jeux vidéo

Comme vous pouvez le constater sur ce classement, déjà à l’époque, la Chine restait le premier marché de l’industrie du jeu vidéo, suivie par les États-Unis. En raison de la taille de son marché, ce que l’on appelle la « capitale mondiale de l’industrie du jeu » est aussi le siège de quelques-unes des plus grandes entreprises de jeux vidéo, comme Ubisoft, Bandai Namco, Sony ou EA. La concurrence entre la Chine et les États-Unis, elle, ne s’est pas calmée depuis.

Le marché chinois du jeu vidéo en 2026 : ce que disent les derniers chiffres

Voici où en est le marché aujourd’hui, d’après les derniers rapports de 伽马数据 (CNG), le principal institut de données du secteur en Chine, et du comité de recherche de l’industrie du jeu (游戏工委).

  • Sur le premier semestre 2026, le marché intérieur chinois du jeu vidéo a généré 188,45 milliards de yuans de revenus réels, en hausse de 12,17% sur un an. Rien que sur le premier trimestre, la croissance atteignait 13,38%, portée notamment par les produits jouables sur plusieurs plateformes à la fois (PC, mobile, console).
  • La base de joueurs chinois a franchi les 684 millions à fin juin 2026, en croissance de 0,82% sur un an : un marché mature, mais qui continue de grossir.
  • Les jeux chinois développés localement mais vendus à l’étranger ont rapporté 12,37 milliards de dollars sur le premier semestre 2026, en hausse de 30,22%. En avril seul, les revenus à l’export ont grimpé de 30,78% sur un an, la troisième croissance mensuelle consécutive au-dessus de 30%.
  • Tencent a déclaré 45,4 milliards de yuans de revenus jeux sur le marché domestique au premier trimestre 2026 (+6%), et 18,8 milliards de yuans à l’international (+13%). Sur l’ensemble de 2025, ses revenus jeux ont atteint 241,6 milliards de yuans, en hausse de 22%.
  • NetEase, son plus proche concurrent, a généré 25,7 milliards de yuans de revenus jeux et services associés au premier trimestre 2026, en hausse de 6,9%, portés par des licences installées de longue date comme Fantasy Westward Journey, Identity V ou Egg Party.

Toutes ces données sont tirées des rapports mensuels et semestriels de 伽马数据, relayés notamment par STCN. Ce qui frappe, en comparant avec les chiffres d’il y a quelques années : la croissance ne vient plus seulement du nombre de nouveaux joueurs, elle vient de la capacité des studios chinois à vendre à l’international et à retenir des joueurs plus âgés, plus fidèles, prêts à dépenser sur des licences qu’ils suivent depuis des années.

Réglementation des jeux vidéo en Chine

Suite aux inquiétudes concernant l’addiction aux jeux vidéo et son influence négative sur les jeunes joueurs, qui se sont manifestées dès les années 2000, la réduction de l’impact des jeux vidéo est devenue l’une des priorités du gouvernement chinois, et elle l’est restée depuis.

Jeune enfant jouant à un jeu mobile en ligne (© Getty Images)
  • Le régulateur du contenu

En Chine continentale, comme la plupart des médias de masse chinois, les jeux vidéo sont réglementés par le gouvernement. Dans les années 1990, le ministère de l’industrie de l’information (MII) a été créé pour réglementer et promouvoir les entreprises chinoises de télécommunications, de logiciels et de jeux en ligne. Ce rôle est aujourd’hui repris par la NRTA (National Radio and Television Administration, ex-SARFT).

  • La censure dans l’industrie des jeux vidéo

Comme indiqué précédemment, les jeux vidéo restent soumis aux politiques et à la censure nationale. Si vous voulez vendre vos jeux vidéo en Chine, vous devrez obtenir une licence auprès de la NRTA avant de le publier. Les contenus jugés inappropriés (violence excessive, contenu politique sensible, éléments jugés contraires aux « valeurs socialistes ») sont interdits, et l’obtention de cette licence peut prendre plusieurs mois, voire plus d’un an.

  • Mesures de lutte contre la dépendance : la règle des trois heures

La Chine est l’un des premiers pays à avoir reconnu la dépendance à Internet, aux jeux vidéo et aux autres médias digitaux comme un problème de santé publique. Dès 2008, elle est devenue le premier pays à classer officiellement la dépendance à Internet comme un trouble clinique.

Enfant jouant à Honor of Kings (© Getty Images)

Après plusieurs vagues de restrictions plus douces au fil des années 2000 et 2010, le vrai tournant est arrivé en août 2021. La NPPA (National Press and Publication Administration) a imposé une règle radicale : les mineurs de moins de 18 ans ne peuvent désormais jouer en ligne que trois heures par semaine, uniquement le vendredi, le samedi, le dimanche et les jours fériés, entre 20h et 21h. En dehors de ces créneaux, l’accès est purement et simplement coupé. Tous les jeux en ligne doivent être reliés au système national d’authentification par nom réel pour appliquer cette règle.

Cinq ans plus tard, en 2026, l’application de cette règle s’est encore durcie. Tencent a lancé cet été sa dernière campagne de protection des mineurs, avec une nouveauté : l’intelligence artificielle. Honor of Kings utilise désormais un système de surveillance comportementale par IA qui repère les schémas de jeu typiques d’un mineur (horaires, rythme de sessions, style de jeu) et déclenche automatiquement une vérification faciale en cas de doute, même si le compte utilisé appartient officiellement à un adulte. Ce n’est pas un détail cosmétique : sur plus de 5 000 litiges liés à des recharges effectuées par des mineurs ces trois dernières années, 65% impliquaient un enfant qui utilisait le compte d’un parent ou d’un autre adulte pour contourner la limite. Les entreprises étrangères qui veulent opérer en Chine doivent respecter ces règles à la lettre, et la quasi-totalité des studios internationaux ont dû adapter la version chinoise de leurs jeux en conséquence, comme League of Legends, l’un des titres les plus populaires du pays.

L’industrie du jeu vidéo pendant la pandémie de Covid-19

La pandémie de Covid-19 a été, pour l’industrie du jeu vidéo chinoise, un accélérateur plutôt qu’un frein : ventes et temps de jeu ont grimpé en flèche à un moment où jouer en ligne était devenu l’un des seuls moyens de retrouver ses amis.

Un streamer chinois retrouvant ses amis en ligne pendant la Fête du Printemps (© 微博)

Cette bascule vers le tout-mobile et le tout-en-ligne, amorcée pendant les confinements, ne s’est jamais vraiment inversée. Elle a plutôt posé les bases de ce qui domine le marché aujourd’hui : les mini-jeux intégrés aux super-applications, sur lesquels nous revenons plus loin.

Pourquoi les jeux vidéo sont-ils si populaires en Chine ?

Étudiants chinois étudiant pour le Gaokao (© 新华网)

Suite au développement économique de la Chine basé sur sa main-d’œuvre, les gens ont de longues heures de travail chaque jour, une concurrence rude, une forte pression à l’école, et donc besoin d’évacuer le stress pendant leur temps libre. Comme moyen d’échapper aux tracas et au stress de la vie quotidienne, la jeune génération s’est tournée vers les jeux vidéo, ce qui a grandement contribué à la croissance du secteur ces dernières années.

C’est un peu la définition du 内卷 (nèijuǎn, littéralement « involution ») : cette sensation de courir de plus en plus vite sans jamais avancer, entre les heures supplémentaires au bureau et la pression scolaire dès le plus jeune âge. Le jeu vidéo, lui, offre une échappatoire immédiate, avec des règles claires et une progression qu’on contrôle.

De plus, les jeux vidéo sont conçus pour attirer les joueurs, en leur proposant des objets et des récompenses quotidiennes qui les incitent à ouvrir le jeu au moins une fois par jour. Les jeux mobiles sont également très accessibles, puisque presque tout le monde possède un smartphone. Jouer sur le chemin du travail est devenu une habitude pour de nombreux citoyens.

Les joueurs chinois

Joueurs d’e-sport

Les joueurs chinois sont en général de jeunes joueurs qui ont grandi en utilisant des appareils technologiques, et sont donc plus enclins à jouer avec leurs amis et camarades de classe. C’est pourquoi cette industrie reste au cœur des débats sur les jeunes accros aux jeux vidéo. Selon une étude de l’OMS, passer trop de temps à jouer dans un monde virtuel peut avoir de graves conséquences dans la vie réelle, ce qui explique en partie la sévérité de la réglementation évoquée plus haut.

Si l’on regarde la répartition par âge des joueurs de jeux vidéo en Chine, la majorité d’entre eux ont entre 18 et 25 ans. Mais l’attrait des jeux vidéo s’est étendu à des groupes d’âge plus élevés au fil des ans, puisque les joueurs de plus de 46 ans représentaient déjà, il y a quelques années, environ 8,8% de la base de joueurs. Ce mouvement de vieillissement du public ne s’est pas arrêté depuis.

La génération plus âgée n’est donc pas en reste, comme ce vieil homme qui a fini plus de 300 jeux vidéo !

Les e-sports : une occasion de changer la donne

  • Tournois d’e-sports
Tournoi d’e-sports en Chine

En tant que leader de l’industrie du jeu, les joueurs chinois sont plus impliqués qu’auparavant dans les compétitions en ligne, notamment les e-sports. La Chine a joué un rôle majeur dans la croissance de cette discipline, en talents comme en revenus. Les marques ont depuis longtemps compris le potentiel des jeux vidéo comme outil marketing, et des marques internationales comme Nike et Puma sponsorisent des équipes esport.

L’équipe chinoise à l’Invictus Gaming 2018.

L’e-sport, ou sport électronique, est une compétition de jeux vidéo qui oppose surtout des équipes. Il est devenu populaire à mesure que de grandes entreprises organisaient des événements réunissant des joueurs professionnels, seuls ou en équipe, devant un public nombreux. Certains d’entre eux sont même devenus des célébrités du secteur, suivis par des milliers de fans lors de ces événements. Ce succès doit beaucoup au streaming en direct, qui a rendu l’e-sport bien plus accessible qu’avant.

Ne pensez pas que ces équipes s’affrontent uniquement pour le plaisir : l’e-sport est devenu un véritable métier, avec des prix qui peuvent atteindre plusieurs millions de dollars. Il demande de la dextérité, de la prévoyance et de la stratégie, au même titre qu’un sport traditionnel.

Si l’on regarde la part de la population qui connaît ou pratique l’e-sport, la Chine reste sur le podium mondial, avec une majorité de sa population qui connaît le phénomène.

  • E-sports : quand un hobby devient une profession

Si les jeux vidéo sont conçus pour toutes sortes de joueurs, de nombreux titres e-sports sont spécialement pensés pour être joués de manière professionnelle. Les développeurs peuvent décider d’inclure des fonctionnalités dédiées à l’e-sport, voire d’adapter leur jeu à des compétitions de haut niveau. La Chine reste l’un des rares pays à reconnaître officiellement les joueurs professionnels d’e-sports licenciés comme exerçant une véritable profession.

  • L’audience de l’e-sport
CROISSANCE DE L’AUDIENCE DE L’ESPORT(© Newzoo)

Grâce à la digitalisation de la Chine, les joueurs peuvent regarder les compétitions en direct sur de nombreuses plateformes et réseaux sociaux, et même participer eux-mêmes à des tournois amateurs. Il y a quelques années, les prévisions du secteur tablaient déjà sur une audience e-sport chinoise dépassant largement les 300 millions de spectateurs, faisant de la Chine, de loin, le premier bassin d’audience e-sport au monde, une position qu’elle n’a jamais perdue depuis.

Tournoi de League of Legends dans le stade olympique de Beijing (© Bloomberg)

L’un des plus grands événements e-sports jamais organisés en Chine reste la finale des championnats du monde de League of Legends 2018, avec plus de 40 000 fans venus assister à l’événement au stade olympique du Nid d’oiseau à Beijing.

  • Les e-sports, bientôt aux Jeux olympiques ?
L’ESPORT AUX JEUX OLYMPIQUES ?(© Esportstalk)

C’est là que l’histoire a le plus bougé depuis la première version de cet article. À l’époque, on se demandait encore si l’e-sport aurait droit à un simple événement de démonstration aux JO de Paris 2024. La réponse a été négative pour Paris, mais le mouvement, lui, s’est accéléré depuis. En 2022, les Jeux asiatiques de Hangzhou ont inclus l’e-sport comme discipline médaillée à part entière, avec sept titres au programme, dont League of Legends et Honor of Kings version compétition. Pour l’édition 2026 des Jeux asiatiques, qui se tiendra au Japon en septembre-octobre, le comité organisateur a même étendu la sélection à onze titres.

Et surtout : mi-2026, le Comité international olympique a franchi une étape symbolique en proposant officiellement la création d’Olympic Esports Games, des jeux olympiques de l’e-sport à part entière, distincts des Jeux d’été classiques. La présidente du CIO a confirmé en mai 2026 que le projet avançait, avec de nouvelles annonces attendues avant la fin de l’année. Pour un secteur longtemps regardé de haut par le sport traditionnel, la légitimité est en train de changer de statut, et la Chine, premier marché e-sport au monde, a évidemment un rôle central à jouer dans cette transition.

Si vous voulez plus d’informations sur les e-sports et le jeu mobile en Chine, vous pouvez lire notre article complet : Tout ce que vous devez savoir sur le marché chinois des jeux pour smartphones.

Quelles sont les plateformes de jeux les plus populaires en Chine ?

Taille des plateformes de jeux

Beaucoup des jeux les plus populaires aujourd’hui, comme Minecraft, Fortnite ou des titres plus récents comme Genshin Impact, se jouent indifféremment sur PC, console ou mobile. En Chine, la répartition entre plateformes suit à peu près la même logique mondiale, avec une industrie du jeu clairement dominée par le mobile.

Les jeux mobiles dominent le marché des jeux en Chine

Même si les jeux PC restent populaires en e-sport, il faut aussi parler des e-sports mobiles en Chine, qui occupent une part énorme du marché. Sur les 100 jeux les plus vendus du Playstore chinois, environ un quart sont considérés comme des titres e-sports ; sur iOS, la proportion est presque aussi élevée.

e-sport mobile chine(© Newzoo)

L’industrie du jeu mobile a connu une croissance spectaculaire au fil des années, laissant les jeux PC et console loin derrière en termes de revenus mondiaux. Les smartphones et tablettes sont désormais suffisamment puissants pour rivaliser avec les consoles dédiées en termes d’expérience de jeu, et les Chinois ont accès à des appareils compétitifs en prix, en capacité et en vitesse de connexion grâce à la 5G, puis à la 5G-Advanced.

Leader chinois des jeux mobiles

Tencent reste le numéro un incontesté des jeux mobiles chinois, suivi de près par NetEase. Sur ce point, rien n’a changé depuis la première version de ce guide, si ce n’est l’écart, qui s’est encore creusé : au premier trimestre 2026, Tencent a généré à elle seule plus de 64 milliards de yuans de revenus jeux cumulés (marché domestique et international), quand NetEase culminait autour de 25,7 milliards. Grâce à l’augmentation du revenu disponible par habitant et à des méthodes de paiement en ligne bien installées comme WeChat Pay et Alipay, les joueurs chinois continuent de consacrer plus de temps et d’argent aux jeux mobiles chaque année.

Les jeux sur consoles

Même si les jeux sur console sont moins populaires que les jeux mobiles, ils restent lucratifs pour les sociétés de jeux. Les joueurs chinois utilisent les mêmes consoles que dans les pays occidentaux, comme la Nintendo Switch, la PlayStation ou la Xbox. Côté jeux, ils ont tendance à les acheter directement sur des boutiques en ligne, sous forme dématérialisée.

Les jeux sur PC

Les jeux sur PC ont perdu du terrain face aux jeux console dans la course à la deuxième place, car ils séduisent moins les jeunes joueurs, plus enclins à jouer sur smartphone. Mais ils sont loin de disparaître : l’e-sport, qui reste très majoritairement un phénomène PC, continue de gagner en popularité.

L’industrie chinoise des jeux vidéo : bien plus que de simples jeux

Ces dernières années, il est indéniable que la jeune génération vit dans un environnement de plus en plus « gamifié », en ligne comme hors ligne. Faire partie d’une communauté de jeu bien identifiée, dans la vraie vie, compte presque autant que le jeu lui-même. Le secteur est devenu bien plus qu’un simple divertissement.

Forums et expositions sur les jeux vidéo

Un autre aspect très populaire des jeux vidéo, ce sont les forums et les expositions où les joueurs peuvent se rencontrer en vrai et partager leur passion.

Chinajoy » à Shanghai, le plus grand événement de jeux vidéo en Chine.

C’est aussi la meilleure occasion, pour les entreprises de jeux vidéo, de présenter leurs produits, d’en faire la promotion et de divertir leur communauté. Ces événements réunissent des dizaines de milliers de joueurs chaque année.

L’impact des jeux vidéo dans la société chinoise

Le jeu vidéo est devenu un sport d’équipe dans plus de mille universités en Asie, notamment en Chine, où les joueurs apprennent dès leur plus jeune âge à jouer aux titres e-sports les plus populaires.

  • Les écoles de jeux vidéo

Depuis que jouer aux jeux vidéo est devenu un vrai métier en Chine (les joueurs professionnels pouvant gagner leur vie via les tournois, les sponsors, la publicité et le streaming en direct), le pays a aussi été l’un des premiers au monde à créer des écoles dédiées aux jeux vidéo. Les étudiants y sont formés par d’anciens joueurs professionnels, qui leur transmettent astuces et méthodes sur des titres spécifiques.

Étudiants inscrits en « e-Sports et gestion » à l’école technique Lanxiang de Jinan, dans le Shandong.

Par exemple, dans une école technique de Jinan, les étudiants suivent des cours où on leur apprend à jouer efficacement aux jeux vidéo en vue des tournois d’e-sports. Après avoir payé plusieurs centaines de dollars de frais de scolarité, ils passent la moitié de leur temps à jouer, en travaillant leurs compétences sur les jeux e-sport les plus populaires, et l’autre moitié en « cours théoriques » censés préparer leur carrière dans le secteur.

On peut discuter du bien-fondé de ce type d’école, mais elle montre à quel point l’industrie du jeu vidéo est devenue un moteur de croissance économique en Chine. Tous les étudiants ne deviendront pas joueurs professionnels, loin de là, mais beaucoup finiront enseignants, coachs d’équipes e-sport ou même présentateurs. Il y a quelques années, le secteur employait déjà plusieurs dizaines de milliers de personnes en Chine directement, sans compter tous les métiers connexes : graphisme, programmation, marketing, composition musicale pour les bandes-son. La filière emploie largement plus de monde qu’on ne l’imagine au premier regard.

Quand les jeux vidéo sont plus que de simples jeux

  • Animal Crossing : une plateforme d’apprentissage pour les fashionistas et les designers
(© Nintendo)

Le jeu Animal Crossing de Nintendo a été particulièrement apprécié des fashionistas et designers chinois, certains étudiants de mode s’en servant pour créer des motifs uniques, voire recréer des motifs de marques célèbres. Une forme de mode virtuelle, en somme, où les créateurs pouvaient partager leurs créations avec d’autres joueurs via un QR code intégré au jeu.

  • Les jeux vidéo adaptés en films

Ces dernières années, l’industrie cinématographique chinoise a montré un vrai appétit pour l’adaptation de jeux vidéo en films.

Adaptation du jeu vidéo et du film « Dynasty Warriors ».

Sorti en avril 2021, Dynasty Warriors est un film hongkongais adapté de la franchise de jeux vidéo japonais (三國無双), elle-même basée sur un roman classique chinois.

Le jeu ‘Warcraft’ et son adaptation cinématographique

Sorti en 2016 et produit par Duncan Jones, Warcraft avait rapporté 1,47 milliard de yuans (213 millions de dollars) rien qu’en Chine, malgré des performances plus modestes ailleurs dans le monde.

Le célèbre jeu vidéo Angry Birds et son adaptation cinématographique

Adapté dans un premier temps du jeu mobile, « The Angry Birds Movie » avait rapporté plus de 514 millions de yuans en Chine. Son succès a entraîné une suite, qui a rapidement rencontré le même engouement au box-office chinois.

  • Films et séries sur les jeux vidéo

Jouer aux jeux vidéo est devenu un aspect central de la culture des jeunes Chinois, à mesure que consoles, PC et smartphones se sont démocratisés. Cette culture se reflète autant dans la vie quotidienne que dans les médias, avec de nombreux films et séries télévisées qui rencontrent un succès immédiat auprès des téléspectateurs. Parmi les plus connus : Three-Body Problem (film de 2016), The Player (2021), Go Go Squid ! (2019), Gank Your Heart (2019), The King’s Avatar (2019) ou encore Love O2O (film et série, 2016).

Quand les jeux vidéo rencontrent les nouvelles technologies

La Chine reste l’un des pays les plus digitalisés au monde, avec une population férue de technologie et de nombreuses entreprises positionnées sur l’IA, la réalité virtuelle et la réalité augmentée. C’est un terrain de jeu idéal, au sens propre, pour les studios qui veulent intégrer ces technologies dans leurs titres.

L’IA dans les jeux vidéo

L’intelligence artificielle permet aux ordinateurs et aux machines d’imiter les capacités de perception, d’apprentissage et de prise de décision de l’esprit humain. Même si elle est surtout utilisée dans le shopping ou la santé, elle est aussi très présente dans le jeu vidéo. Des sociétés comme Tencent, NetEase ou Changyou ont par exemple utilisé des systèmes de reconnaissance vocale permettant aux joueurs de convertir leur voix en messages pour garder les mains libres, ou intégré directement l’IA dans le gameplay, comme dans Ring of Elysium.

Jeu vidéo IA Ring of Elysium

Si vous êtes intéressé par l’intelligence artificielle en Chine de manière plus générale, sachez que le sujet dépasse largement le seul jeu vidéo : c’est aujourd’hui l’un des secteurs technologiques les plus dynamiques du pays.

La RV dans les jeux vidéo

La réalité virtuelle utilise la technologie informatique pour créer un environnement simulé où le plus grand nombre possible de sens sont stimulés : vision, ouïe, toucher, parfois même odorat. Contrairement aux interfaces traditionnelles, elle place le joueur à l’intérieur même de l’expérience, ce qui explique son succès grandissant dans le jeu vidéo.

VR chine(© The Star)

Selon Goldman Sachs, les technologies de RV et de RA devaient représenter plus de 81 milliards de dollars de marché d’ici 2025, un horizon désormais dépassé, ce qui laisse penser que la plupart des grandes sociétés de jeux ont déjà intégré, ou sont en train d’intégrer, ces technologies dans leurs titres.

La RA dans les jeux vidéo

Les jeux ne servent pas uniquement au pur divertissement : ils peuvent aussi promouvoir un site d’e-commerce. Le jeu « Catch Yoo ! » (捉猫猫), lancé par Taobao pendant le festival du 11.11, en est un bon exemple : à la manière de Pokemon GO, il utilisait la RA pour permettre aux utilisateurs de se déplacer dans la vraie vie et d’attraper des bons d’achat ou des articles virtuels.

Jeu de Taobao utilisant la RA, lancé pendant le festival du 11.11.

Ces technologies servent aussi à des fins éducatives, pour maintenir l’attention des enfants. Blue Hat Interactive Entertainment Technology, par exemple, a lancé ses « Smart Immersive Cognitive Education Classes », qui permettent aux enfants d’utiliser la réalité augmentée via la caméra de leur téléphone, directement sur leurs cartes de cours.

Jeu éducatif de RA en Chine

Comment entrer sur le marché chinois des jeux vidéo ?

Réglementation sur le contenu des jeux vidéo

Tous les jeux publiés en Chine doivent passer par un processus d’approbation gouvernementale, qui vérifie que le contenu correspond aux valeurs mises en avant par le pays. Ce contrôle est supervisé par la NRTA (ex-SARFT). Les éditeurs doivent obtenir une licence de jeu avant publication, et cette demande peut être refusée si le contenu est jugé inapproprié.

Règles concernant les investisseurs étrangers dans l’industrie du jeu vidéo en Chine

Si vous voulez entrer sur le marché chinois des jeux vidéo, vous n’aurez d’autre choix que de coopérer avec des entités chinoises. Avec le succès croissant du secteur, de nombreuses entreprises étrangères ont d’ailleurs cherché à investir directement dans des sociétés chinoises pour s’assurer une part de ce marché.

Cela s’explique en partie par la crainte, côté chinois, de perdre le contrôle sur un secteur culturel sensible. C’est là qu’entre en jeu le fameux 关系 (guānxi, le réseau de relations) : sans partenaire local solide, sans relais politique et industriel, il est presque impossible d’obtenir une licence ou de distribuer un jeu à grande échelle. La majorité des studios les plus populaires ont donc créé des partenariats ou des accords opérationnels avec des entreprises chinoises :

  • World of Warcraft de Blizzard Entertainment est exploité par NetEase.
  • La société japonaise Nintendo distribue ses jeux dans le cadre d’un partenariat avec Tencent.
  • Player Unknown’s Battlegrounds, développé par la société sud-coréenne PUBG Corporation, est distribué par Tencent, qui a même renommé le jeu « Game for Peace » en Chine pour se conformer à la réglementation sur la violence à l’écran.

Publicité et promotion de votre société de jeux vidéo

Avoir un site web chinois est une condition préalable au succès

Comme vous le savez probablement déjà, disposer d’un site web chinois est essentiel pour exister en Chine. La majorité de la population ne parle pas couramment anglais. Sans site en chinois, impossible d’attirer l’attention des joueurs. Il vous permettra de présenter vos jeux et votre entreprise, mais aussi de promouvoir vos sorties et vos événements. C’est également indispensable pour votre e-réputation et votre classement sur Baidu. Toutes les entreprises étrangères sérieuses ont leur site chinois, comme la française Ubisoft.

Le site Web chinois d’Ubisoft

Pour entrer sur ce marché très concurrentiel, il faudra non seulement vous démarquer de vos concurrents par la créativité, mais aussi vous adapter aux habitudes des consommateurs chinois en matière de réseaux sociaux.

Faites la promotion de votre franchise de jeux vidéo sur Baidu

De loin le moteur de recherche le plus populaire en Chine, Baidu reste une étape incontournable. Considéré comme le « Google chinois », il concentre l’essentiel des parts du marché de la recherche dans le pays, très loin devant Google, quasi inexistant sur le marché intérieur. Pour être bien classé sur Baidu, il faut un site web chinois hébergé localement, du contenu qualitatif et quantitatif, et une e-réputation solide.

Honor of Kings sur Baidu

Lorsqu’ils cherchent des informations sur un jeu vidéo, les joueurs chinois commencent presque toujours par Baidu : vidéos, images, actualités, articles, boutique en ligne, tout y passe.

Hébergez votre jeu sur WeChat (微信) et ses mini-jeux

Lancée par Tencent en 2011, WeChat n’était au départ qu’une application de messagerie mobile. Commercialisée sous le nom de Weixin (微信) en Chine, puis rebaptisée WeChat pour le marché international, elle est devenue depuis longtemps le réseau social le plus utilisé du pays, très loin devant Weibo.

L’impact de Genshin sur WeChat
Entreprises de jeux vidéo sur wechat

WeChat reste un outil incontournable pour promouvoir une entreprise de jeux vidéo : c’est une plateforme marketing extrêmement riche, et la plupart des sociétés de jeux y sont déjà présentes.

  • Mini-jeux / mini-programmes : le vrai moteur de croissance du secteur en 2026
Jeu mobile d’IA  » Caihua Xiaoge « .(© 动点科技)

Il y a quelques années, l’exemple qu’on citait ici était Caihua Xiaoge (猜画小歌), un petit jeu mobile basé sur la reconnaissance de dessins devenu viral sur WeChat. C’était un signal faible. En 2026, ce signal faible est devenu le segment le plus dynamique de tout le marché du jeu chinois.

Selon un état des lieux publié par 钛媒体 (TMTPost), les mini-jeux WeChat comptaient, en mai 2026, environ 654 millions d’utilisateurs actifs mensuels, en hausse de 32,7% sur un an, un chiffre qui dépasse largement l’audience de la plupart des jeux mobiles « classiques » à télécharger sur l’App Store. Douyin, de son côté, a construit son propre écosystème de mini-jeux, avec environ 85 millions d’utilisateurs actifs mensuels : nettement moins que WeChat, mais avec une progression rapide, portée par la puissance de l’algorithme de recommandation de la plateforme. Plus de 500 000 développeurs travaillent aujourd’hui sur des mini-jeux WeChat.

Pourquoi cet engouement ? Parce qu’un mini-jeu se lance en un clic, sans téléchargement, directement depuis une conversation, un moment, ou une vidéo Douyin. Pour une marque ou un studio qui veut tester un concept avant d’investir dans un jeu complet, ou simplement toucher un public plus large et plus captif que sur les stores classiques, c’est devenu le point d’entrée le plus rentable sur le marché chinois du jeu mobile.

Si vous voulez plus d’informations sur WeChat, vous pouvez lire notre article complet : WeChat Mini Programme : la clé de l’expansion digitale en Chine.

League of Legends sur WeChat
  • Brochure H5

Après le succès de WeChat, l’une des tendances installées du marketing digital chinois reste le contenu HTML5, qui permet de créer du matériel interactif pour les campagnes marketing. De nombreuses sociétés de jeux vidéo continuent d’utiliser ces brochures H5 pour promouvoir leur marque et leurs sorties.

Weibo (微博)

Lancé en 2009 par Sina Corporation (新浪), Weibo reste l’une des plus grandes plateformes sociales en Chine. Comme son nom l’indique (« micro-blog »), Weibo propose des services de micro-blogging souvent comparés à Twitter, mais il a évolué vers un hybride entre microblogging, Instagram, Pinterest et YouTube.

Compte officiel Weibo de Genshin Impact

Weibo reste un outil puissant pour toute entreprise, en particulier dans le jeu vidéo. Il faut y poster régulièrement du contenu sur vos titres, vos événements, vos mises à jour, et communiquer avec votre communauté.

Vous pouvez lire notre guide complet sur Weibo : Guide de la publicité payante (PPC) sur Weibo.

Bilibili (哔哩哔哩)

Lancé en 2010, Bilibili, aussi surnommé « B站 » (B Site), est un site chinois de partage de vidéos basé à Shanghai, centré sur l’animation, la bande dessinée et le jeu vidéo. Depuis le milieu des années 2010, la plateforme a élargi son audience bien au-delà de sa niche initiale, pour devenir l’une des principales plateformes chinoises de streaming à la demande. Les utilisateurs y regardent des parties commentées, des animés, ou suivent des streamers en direct qui retransmettent leurs sessions de jeu.

Pour une entreprise qui veut promouvoir ses jeux en Chine, Bilibili reste l’une des plateformes les plus efficaces auprès des joueurs, notamment via des collaborations avec des KOL (Key Opinion Leaders) qui testent le jeu et partagent leur expérience.

Vous pouvez lire notre guide complet : Bilibili Marketing, la plateforme vidéo la plus populaire en Chine.

Douyin (抖音)

Lancée en 2016 par ByteDance, Douyin est l’une des applications sociales les plus populaires de Chine, celle que vous connaissez sous le nom de TikTok à l’international. Le nom signifie littéralement « musique vibrante », un clin d’œil à son format de vidéos courtes combinées à des musiques et effets créatifs.

Le sujet d’Honor of Kings sur Douyin

Douyin a largement dépassé son statut de simple plateforme de vidéos courtes pour devenir un véritable écosystème technologique combinant intelligence artificielle, réalité virtuelle et e-commerce. Pour les sociétés de jeux, la plateforme reste un formidable outil publicitaire, notamment via des collaborations avec des KOL qui présentent vos jeux à leur communauté.

Si vous souhaitez en savoir plus sur Douyin, vous pouvez lire notre article complet : Le guide des influenceurs (KOL) Douyin en Chine.

Xiaohongshu (小红书)

Le sujet d’Honor of Kings sur Xiaohongshu

Fondée en 2013, Xiaohongshu, aussi connue sous le nom de RED ou « Petit livre rouge », est un réseau social et l’une des plus grandes plateformes d’e-commerce communautaire au monde, particulièrement forte sur la beauté, la mode et le luxe. Même si ce n’est pas une plateforme de jeux vidéo à proprement parler, de nombreux internautes y publient critiques, conseils et images liés à leurs jeux favoris, un vrai réflexe de 种草 (zhòngcǎo, littéralement « planter l’herbe », l’art de donner envie à quelqu’un d’essayer quelque chose par le bouche-à-oreille).

Tmall (天猫)

Ubisoft sur Tmall

Fondé en 2008 sous l’égide du groupe Alibaba, Tmall est une filiale de Taobao (淘宝网), principalement orientée B2C. Il permet aux entreprises locales et internationales de vendre leurs produits en Chine continentale, à Hong Kong, à Macao et à Taïwan, avec des standards de qualité et de réputation plus stricts que ses concurrents.

De nombreuses entreprises de jeux vidéo utilisent Tmall, comme Ubisoft, et on y trouve toutes sortes de produits dérivés : vêtements à l’effigie de personnages, jouets, figurines, etc.

Le streaming de jeux vidéo en Chine : un phénomène toujours en vogue

Proportion de jeux en streaming live en chine ( © 中国底片)

Après une hausse continue du nombre de joueurs et de la qualité du contenu, l’essor de l’e-sport chinois a entraîné un vrai boom du streaming en direct de jeux. Alors que le phénomène est resté longtemps assez récent en Occident, avec des plateformes comme Twitch, le live streaming s’est développé en Chine dès le milieu des années 2000, avec des pionniers comme YY. La Chine reste aujourd’hui l’un des plus grands marchés mondiaux pour le streaming en direct de jeux vidéo.

Les annonces jouables

À l’instar des mini-jeux WeChat, les publicités jouables restent l’un des meilleurs moyens de promouvoir un jeu mobile. En naviguant sur le web, les internautes chinois voient une publicité, cliquent dessus, jouent 15 à 30 secondes, puis sont redirigés vers le store s’ils sont convaincus.

mini jeu nike

Ces publicités jouables ne se limitent d’ailleurs pas aux jeux mobiles : certaines marques hors du secteur du jeu vidéo les utilisent aussi. Nike, par exemple, a proposé à ses consommateurs de créer un avatar pour jouer et progresser le plus loin possible dans un mini-jeu, dans un esprit très proche de Mario Bros.

Collaborer avec d’autres marques

Les millennials et la génération Z recherchent une expérience d’achat qui dure plus longtemps que le simple moment de l’achat. Collaborer avec une société de jeux vidéo peut donc être extrêmement gratifiant pour les deux marques.

De la fast fashion au luxe, de nombreuses entreprises de mode ont collaboré avec l’industrie du jeu vidéo, notamment en intégrant des vêtements virtuels dans un jeu pour promouvoir une nouvelle collection et attirer de nouveaux consommateurs.

Honor of Kings & Burberry (© Burberry)
Honor of Kings et MAC

En novembre 2019, la marque de fast fashion Forever 21 avait sorti une collection mettant en scène le jeu de tir Overwatch.

Forever 21 & Overwatch (© Invenglobal)

Promouvoir votre marque en Chine grâce aux jeux vidéo

Les jeux vidéo étant l’un des marchés les plus lucratifs de Chine, les marques doivent redoubler de créativité pour attirer les clients, en particulier la jeune génération dont le pouvoir d’achat augmente. Depuis que Coca-Cola et Volkswagen ont été parmi les premières à utiliser les jeux en ligne pour se faire de la publicité, au milieu des années 2000, de nombreuses autres marques ont suivi la même voie.

Le jeu vidéo de surf de Burberry

En 2019, Burberry avait lancé son premier jeu vidéo, « B Bounce », disponible en ligne ou sur un écran géant dans son magasin phare. Les joueurs devaient contrôler un petit cerf vêtu de l’une des vestes bouffantes de la nouvelle collection Burberry. En atteignant 1500 mètres dans le jeu, ils pouvaient gagner un véritable blouson en peluche, d’une valeur de plus de 1000 livres sterling.

(‘B Surf Game’ © Burberry)

« Nous avons pensé aux comportements des joueurs occasionnels en créant le concept. Il s’agit vraiment de créer une valeur de marque autour d’un produit, avec une communauté qui existe déjà. C’est aussi une manière de raconter une histoire par surprise et par plaisir : le jeu est une nouvelle frontière narrative, avec un immense potentiel encore inexploité », expliquait l’équipe marketing de la marque à l’époque.

Principales sociétés de jeux vidéo dans le monde et en Chine

les entreprises de jeux vidéo qui gagnent le plus d’argent

Le classement mondial n’a pas changé depuis la première version de cet article, seule l’ampleur de l’écart s’est accentuée : Tencent reste, et de très loin, l’entreprise cotée qui génère le plus de revenus jeux vidéo au monde, largement devant Sony et Microsoft.

Entreprises chinoises leaders dans le domaine des jeux vidéo

Tencent : le leader incontesté de l’industrie du jeu en Chine

jeu tencent (© Tencent)

Vous avez probablement déjà entendu parler de Tencent (腾讯), l’une des plus grandes entreprises de Chine, connue pour son application WeChat lancée en 2011. En réalité, Tencent est un vaste écosystème d’applications et de services, très présent dans les nouvelles technologies, dont le jeu vidéo.

Quand on pense aux grands éditeurs et fabricants du secteur, on pense instinctivement à Nintendo, Sony, Ubisoft, Microsoft, Sega, Electronic Arts ou Activision-Blizzard. On a tendance à oublier le vrai poids lourd du secteur : la société chinoise Tencent. Sur l’ensemble de 2025, ses revenus liés aux jeux vidéo ont atteint 241,6 milliards de yuans, en hausse de 22% sur un an, dont 164,2 milliards générés sur le marché domestique et 77,4 milliards à l’international. Au premier trimestre 2026 seul, ses jeux domestiques ont rapporté 45,4 milliards de yuans (+6%) et ses jeux internationaux 18,8 milliards de yuans (+13%), portés notamment par des records de flux trimestriel sur Honor of Kings, Peacekeeper Elite (anciennement PUBG Mobile) et Delta Force.

Quatre des plus grands jeux associés à Tencent

Tencent possède de nombreux jeux populaires, dont League of Legends et Honor of Kings, l’un des jeux mobiles les plus lucratifs au monde. Il détient également des participations dans les studios de nombreuses autres entreprises, ce qui veut dire qu’il a probablement des empreintes digitales sur certains de vos jeux préférés.

La plateforme WeGame de Tencent

La plateforme WeGame de Tencent (© Paper Geek)

Introduit en 2017, WeGame est le portail de jeux phare de Tencent, où les joueurs trouvent des titres, du contenu, des infos, des achats, les meilleurs téléchargements, du streaming en direct et des services communautaires : une sorte d’écosystème ouvert pour le jeu. La plateforme prend en charge les utilisateurs chinois et internationaux, avec des vitrines différenciées.

NetEase (网易)

Netease (© NetEase)

Fondée en 1997 par Ding Lei (丁磊), NetEase est l’une des plus grandes entreprises Internet et jeu vidéo au monde. Elle développe et exploite des jeux en ligne pour PC et mobile, des services publicitaires, de messagerie et des plateformes d’e-commerce. Certains d’entre vous connaissent peut-être aussi son service de streaming musical NetEase Music.

Au premier trimestre 2026, ses revenus jeux et services associés ont atteint 25,7 milliards de yuans, en hausse de 6,9% sur un an, portés par des licences installées depuis longtemps comme Fantasy Westward Journey (梦幻西游), Identity V, Egg Party (蛋仔派对) ou Where Winds Meet (逆水寒), plutôt que par de nouvelles sorties. NetEase a également conclu un partenariat avec l’éditeur américain Blizzard Entertainment pour la version chinoise de World of Warcraft, StarCraft II et Overwatch.

Les jeux chinois à l’étranger

Grâce à l’importance de son marché intérieur et à son développement économique, la Chine a réussi à produire certains des jeux les plus lucratifs au monde. De nombreux titres conçus par des entreprises chinoises ont été exportés vers des marchés étrangers, d’abord surtout en Asie, avant que certains studios, parfois assez petits au départ, ne réussissent à conquérir le marché mondial dans son ensemble.

Le succès, toujours d’actualité, de Genshin Impact

Sorti en 2020 par le studio shanghaien miHoYo (aujourd’hui HoYoverse), Genshin Impact (原神) est un jeu de rôle-action free-to-play, dans un monde ouvert très inspiré de The Legend of Zelda : Breath of the Wild. Au début, miHoYo n’était pas considéré comme un grand acteur du marché chinois, mais le studio a réussi à attirer des millions de joueurs dans le monde grâce à son style graphique inspiré de l’animation japonaise et une communication marketing redoutablement efficace.

Le succès a été tel que même Sony s’est associé au jeu, créant une forte demande de PS4 chez les joueurs chinois, au point de promouvoir Genshin Impact comme une quasi-exclusivité PlayStation.

genshin impact visuel – jeu vidéo chinois (© Genshin Impact)
Genshin Impact x Sony – collaboration avec une marque chinoise

Cinq ans après son lancement, Genshin Impact reste l’un des jeux mobiles les plus rentables au monde, avec un revenu mobile cumulé qui dépasse les 9 milliards de dollars (plus de 640 milliards de yuans), dont plus de la moitié générée en Chine. Une performance rare pour un jeu vidéo, dont la durée de vie commerciale dépasse rarement deux ou trois ans.

Vidéos de Genshin Impact sur Bilibili
L’exposition de Genshin Impact en Chine

Le jeu continue d’alimenter une communauté extrêmement active sur les réseaux sociaux et les plateformes comme Bilibili, où les joueurs partagent leurs parties ou créent des contenus dérivés, et donne toujours lieu à des expositions et événements physiques en Chine, où les fans se retrouvent, souvent en cosplay de leur personnage préféré.

Black Myth Wukong : de la promesse à la démonstration

Dans la première version de cet article, Black Myth Wukong (黑神话:悟空) n’était encore qu’un jeu très attendu, dont une vidéo de gameplay pré-alpha avait fait sensation en ligne, avec une sortie alors annoncée pour 2023. Depuis, le jeu est réellement sorti, le 20 août 2024, sur PC et PlayStation 5, et le résultat a largement dépassé les attentes, y compris celles de son développeur, le studio chinois Game Science.

jeu vidéo en Chine -Black Myth : Wukong)(© Black Myth : Wukong)

Basé sur le roman classique chinois du XVIe siècle La Pérégrination vers l’Ouest, et centré sur le personnage du roi singe Sun Wukong (孙悟空), Black Myth Wukong est devenu, à mi-2026, le jeu solo chinois le plus vendu de tous les temps, avec plus de 30 millions d’exemplaires écoulés dans le monde. Et surtout, plus de la moitié de ces ventes viennent de l’étranger, un chiffre qui a surpris jusqu’à l’équipe de Game Science elle-même. Développé pour un budget estimé à environ 300 millions de yuans, le jeu aurait déjà généré plus de 9 milliards de yuans de revenus cumulés au premier trimestre 2026, selon des estimations reprises par plusieurs médias chinois du secteur.

Selon 游民星空 (GamerSky), ce chiffre de 30 millions d’exemplaires a été confirmé publiquement par les équipes du jeu en juin 2026, même si Game Science a précisé que ce total ne correspondait pas exactement à ses propres chiffres internes.

Ce succès repose sur une stratégie de sortie simultanée dans le monde entier, un doublage multilingue soigné, et une politique de prix adaptée à chaque marché régional, plutôt qu’un simple portage tardif à l’international comme le faisaient beaucoup de studios chinois auparavant. Pour l’industrie, Black Myth Wukong est devenu la preuve qu’un studio chinois pouvait produire un triple A capable de rivaliser directement avec les plus grosses productions japonaises, américaines ou européennes, sur leur propre terrain.

Comment GMA aide les studios et éditeurs de jeux vidéo à percer en Chine

Tout ce qu’on vient de voir, la réglementation sur le temps de jeu, la bataille des mini-jeux, la relation quasi obligatoire avec un partenaire local, dessine un marché fascinant mais qui pardonne peu les erreurs de débutant. Voici, concrètement, comment on accompagne un studio étranger de A à Z sur ce marché, avec notre équipe dédiée au divertissement en Chine.

Étape 1 : cartographier le terrain avant de dépenser un centime

Avant même de parler de marketing, il faut répondre à une question simple, et souvent négligée : votre jeu a-t-il une chance d’obtenir sa licence de publication en Chine, et sous quelle forme ? On commence donc systématiquement par un audit réglementaire du contenu (violence, éléments jugés politiquement sensibles, systèmes de monétisation) et un état des lieux de la concurrence directe déjà installée sur WeChat, Douyin, Bilibili et les stores locaux (Tencent MyApp, Huawei AppGallery, etc., puisque le Google Play Store n’existe pas en Chine continentale). On identifie aussi, à ce stade, le ou les partenaires locaux les plus crédibles pour porter votre demande de licence, car sans structure chinoise, aucune publication légale n’est possible.

Étape 2 : construire la présence digitale, dans l’ordre

On construit ensuite, dans cet ordre précis, la présence digitale du jeu : un site web chinois hébergé en Chine (obligatoire pour le référencement Baidu et pour la crédibilité), un compte officiel WeChat, et selon le profil du jeu, un mini-jeu WeChat ou Douyin jouable directement sans téléchargement, souvent en amont même de la sortie officielle, pour construire une base de joueurs et tester l’accroche du gameplay à moindre coût. C’est souvent la partie qui surprend le plus nos clients occidentaux : en Chine, on ne lance pas un jeu mobile avec une seule campagne d’acquisition sur l’App Store, on construit un écosystème de points d’entrée (mini-jeu, site, WeChat, Douyin) qui se nourrissent les uns les autres.

Étape 3 : activer les bons relais, aux bons moments

Vient ensuite la partie la plus visible : le SEO et le SEM Baidu pour capter la recherche organique et payante, le community management sur WeChat et Weibo pour construire l’e-réputation dans la durée, et des campagnes de KOL ciblées sur Bilibili et Douyin, où les créateurs de contenu gaming ont un poids d’influence sur l’acte d’achat très supérieur à ce qu’on observe en Occident. On gère aussi, quand c’est pertinent, les relations presse spécialisées et la présence sur les grands salons comme ChinaJoy, qui restent un excellent accélérateur de notoriété pour un studio encore inconnu du grand public chinois.

Un cas concret : un studio indépendant européen, un budget modeste, un lancement mini-jeu

Un de nos clients, un studio indépendant européen d’une quinzaine de personnes, développait un jeu de gestion mobile au style graphique très soigné, déjà installé avec un succès correct en Europe et aux États-Unis (environ 2 millions de téléchargements cumulés, mais une monétisation encore faible). L’équipe voulait tester le marché chinois sans y engloutir tout son budget marketing annuel, et sans passer par le processus de licence complet, encore trop lourd pour leur taille.

La première tentative, montée seuls avant de nous contacter, avait été une campagne d’acquisition classique sur les réseaux sociaux occidentaux traduits en chinois, pointant vers une fiche App Store en anglais. Résultat : quelques centaines d’installations, un coût d’acquisition trois fois supérieur à leur marché domestique, et une audience qui ne restait pas. Le problème n’était pas la traduction, c’était le canal : sans présence WeChat, sans mini-jeu, sans aucune preuve sociale locale, l’utilisateur chinois n’avait tout simplement aucune raison de faire confiance à ce jeu inconnu.

On a proposé une approche différente : plutôt que de viser le lancement complet du jeu mobile, on a développé une version simplifiée du concept sous forme de mini-jeu WeChat, jouable en un clic, avec une boucle de gameplay de trois minutes reprenant l’essentiel du charme visuel du jeu original. On l’a poussé via une dizaine de KOL Bilibili et Douyin de taille moyenne, spécialisés dans les jeux de gestion et de cosy games, plutôt que via des méga-influenceurs hors budget pour un studio de cette taille. Chaque collaboration incluait un lien direct vers le mini-jeu, sans friction, sans inscription.

En six semaines, le mini-jeu a dépassé les 400 000 joueurs uniques, avec un taux de rétention à sept jours proche de 18%, très supérieur aux standards du secteur pour ce format. Surtout, environ 12% des joueurs actifs sur le mini-jeu ont ensuite cliqué sur le lien vers la version complète du jeu, une fois celle-ci officiellement disponible sur les stores locaux via notre partenaire de publication, avec un coût d’acquisition final environ 40% inférieur à celui de leur toute première tentative solo. Le studio a depuis signé un accord de publication à plus long terme pour son prochain titre, cette fois directement pensé, dès la phase de production, pour une sortie simultanée en Chine.

C’est tout l’intérêt de passer par une agence qui connaît le terrain : on ne vous vend pas une campagne, on vous évite les trois ou quatre erreurs de débutant qui, cumulées, peuvent coûter à la fois du budget et, plus grave encore, votre crédibilité sur un marché où la première impression compte énormément.

La Chine du jeu vidéo n’attend pas les hésitants

Entre la rigueur de sa réglementation et l’ampleur de son marché, la Chine du jeu vidéo a de quoi intimider n’importe quel studio étranger qui découvre le sujet pour la première fois. Mais c’est justement cette rigueur qui explique pourquoi les acteurs qui réussissent à s’y installer durablement en tirent des résultats que peu d’autres marchés au monde peuvent offrir : 684 millions de joueurs, une croissance à deux chiffres, et des studios locaux, de Tencent à Game Science, qui prouvent chaque année qu’on peut y construire des succès mondiaux.

Attendre, c’est laisser le temps à vos concurrents directs, chinois ou occidentaux déjà installés, de prendre une avance qu’il sera ensuite très coûteux de rattraper. Le marché ne va pas se simplifier tout seul : la réglementation va continuer d’évoluer, la concurrence sur les mini-jeux WeChat et Douyin va continuer de s’intensifier, et les joueurs chinois, de plus en plus exigeants, attendent des marques étrangères qu’elles s’adaptent vraiment à leurs usages, pas qu’elles se contentent de traduire leur site.

Chez GMA, on accompagne des studios et éditeurs de jeux vidéo occidentaux sur ce marché depuis des années, de l’audit réglementaire jusqu’au lancement complet, en passant par le mini-jeu de test. Si vous avez un titre que vous pensez prêt pour la Chine, ou même simplement une question sur la faisabilité du projet, parlons-en. C’est le meilleur moment pour commencer à préparer votre entrée sur ce marché, pas dans six mois, quand vos concurrents y seront déjà.

Contactez notre équipe dédiée au divertissement en Chine et lancez votre étude de faisabilité dès aujourd’hui.


À propos de l’auteur
Philip Chen a cofondé GMA après avoir passé plus d’années à Shanghai qu’il ne l’admettra jamais publiquement. Il continue de perdre contre son neveu sur Honor of Kings, ce qui, professionnellement, l’aide beaucoup à comprendre pourquoi les mineurs chinois n’ont besoin que de trois heures par semaine pour développer des réflexes que lui n’a jamais eus. Retrouvez-le sur LinkedIn.

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