En Chine, les voitures à essence comptent pour une grosse part de la pollution qui touche les habitants au quotidien. Mais le pays reste aussi le premier marché automobile de la planète. Ces deux réalités ont favorisé l’émergence d’un marché à part : celui des voitures électriques.
Une bonne partie des véhicules électriques vendus dans le monde ces dernières années l’ont été en Chine. Le marché y est particulièrement prometteur, porté par une volonté politique claire de réduire la dépendance aux combustibles fossiles, une tendance confirmée par les chiffres du secteur.
Pourquoi la Chine est un pays prometteur pour les voitures électriques

Il existe plusieurs raisons à cet essor :
- La cause environnementale : les Chinois subissent les effets de la pollution depuis des années. Alors qu’il était autrefois jugé mal vu de se plaindre de la pollution, les habitants n’hésitent plus à exprimer leur colère. Leur intérêt pour l’écologie a suivi la même trajectoire.
- Les aides du gouvernement : un système de prime à l’achat a été instauré par l’État pour encourager les habitants à acheter des modèles électriques, avec des montants non négligeables pour une classe moyenne en pleine expansion.
- Échapper aux restrictions : à Pékin, les voitures électriques évitent aux habitants d’attendre d’être tirés au sort pour obtenir une immatriculation. À Shanghai, elles permettent d’échapper à des taxes d’enregistrement élevées.
- Un goût pour l’innovation : les Chinois sont friands de nouveauté et de nouvelles technologies. La voiture électrique est perçue comme la voiture du futur, un argument de vente fort auprès d’une population qui veut rattraper son retard technologique.
- Un entretien limité : le mécanisme d’une voiture électrique est bien moins complexe que celui d’une voiture à essence, avec beaucoup moins de composants et moins de pièces à entretenir.
Un objectif politique clair pour les ventes de véhicules électriques

Pékin visait un objectif ambitieux : faire des voitures électriques un cinquième des ventes totales d’automobiles dans le pays. Pour y arriver, un système de quota a été imposé à chaque constructeur présent sur le marché chinois, avec des seuils minimums de vente de véhicules électriques ou hybrides. Les constructeurs qui n’atteignaient pas ces seuils devaient acheter des crédits à leurs concurrents excédentaires, un mécanisme pensé pour accélérer les ventes de ces modèles.
Les constructeurs automobiles étrangers ont aussi été poussés à s’associer avec un partenaire local pour fonder une co-entreprise, un passage obligé pas toujours simple, notamment au moment de transférer le savoir-faire technologique. Ford, Volkswagen, General Motors, Renault et PSA ont tous signé des accords de coentreprise pour se positionner sur ce marché.
Points importants à connaître

- Des transports en commun bien développés : une bonne partie des Chinois affirment pouvoir se passer d’un véhicule. Les transports en commun sont bien développés, particulièrement dans les grandes métropoles. À Pékin ou Shanghai, il est souvent plus rapide de prendre le métro que la voiture aux heures de pointe.
- Des services de taxi très abordables : les Chinois qui ne possèdent pas de voiture peuvent toujours appeler un chauffeur via une application locale, comparable à un Uber bon marché, utilisée par des millions de personnes chaque jour.
- Des subventions parfois jugées peu efficaces : malgré le système de prime à l’achat, les ventes de véhicules électriques sont longtemps restées minoritaires face aux ventes totales d’automobiles dans le pays, un taux d’adoption inférieur à celui observé dans les pays scandinaves.
- La création d’infrastructures nationales : le développement des voitures électriques suppose des points de recharge sur tout le territoire. Un vrai défi, puisque les modèles de voiture et donc les chargeurs varient d’un constructeur à l’autre. L’uniformisation des normes reste un chantier de long terme.
- Les dépenses énergétiques : multiplier les points de recharge suppose aussi de répondre à une demande en électricité beaucoup plus importante. Shanghai a par exemple misé sur des stations de recharge alimentées par panneaux photovoltaïques.
La Chine reste le plus gros marché automobile au monde, notamment pour les véhicules dits verts, un secteur suivi de près par le National Bureau of Statistics of China. Ce marché a connu une belle croissance ces dernières années, avec des constructeurs comme Volkswagen réalisant une part importante de leurs ventes mondiales dans le pays. La voiture électrique la plus vendue au monde a d’ailleurs longtemps été chinoise : la BAIC EC180.

