Le Guide pour attirer des touristes chinois (pour les professionnels du Tourisme)

Je suis Philip Chen, CEO de GMA. Cet article n’est pas pour tout le monde. Si vous cherchez une vue d’ensemble sur le marketing touristique en Chine, j’ai écrit un guide plus large ici : Stratégies Marketing pour attirer les touristes chinois. Celui que vous lisez maintenant est plus étroit, et volontairement. Il est pour vous si vous gérez un hôtel, une agence de voyage, un site touristique ou une activité qui accueille des groupes. Vous n’avez pas les mêmes problèmes qu’une marque de cosmétique qui veut juste être vue. Vous avez des chambres à remplir, des créneaux à organiser, des guides à mobiliser. Ce guide reste concentré là dessus, du début à la fin.

Chez GMA, on travaille avec des acteurs du tourisme depuis plus de dix ans, des hôtels indépendants jusqu’à des offices de tourisme nationaux. Ce qui suit vient de ce terrain, pas d’un rapport théorique lu de loin.

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Le marché du tourisme chinois en 2026 : ce qui a changé depuis 2024

La dernière version de cet article parlait encore de la reprise post-Covid. On est loin de ça maintenant. Le nombre de voyages sortants chinois tourne autour de 170 millions cette année, et surtout, la manière de voyager a changé. Les courts séjours en Asie restent majoritaires, mais les destinations plus lointaines (Nouvelle-Zélande, Australie, Royaume-Uni, France, États-Unis) gagnent du terrain chez les voyageurs aisés qui cherchent autre chose qu’un circuit standard.

Une étude sectorielle sur la chaîne de valeur du tourisme chinois, publiée par iiMedia Research, rappelle une évidence qu’on oublie trop souvent : ce secteur dépend presque entièrement de deux choses, la transparence de l’information et la qualité de l’expérience client. Pas le prix en premier. L’information et l’expérience. Un touriste chinois qui ne trouve pas d’avis en mandarin sur votre établissement, ou qui tombe sur un service confus une fois sur place, ne revient pas et ne vous recommande pas.

Deuxième changement notable : la génération qui voyage a rajeuni. Les 25-39 ans représentent aujourd’hui plus de la moitié des voyages sortants chinois, et ce sont eux qui préparent leur voyage sur Xiaohongshu (小红书) plutôt que dans une agence physique. Les voyageurs plus âgés, eux, continuent de passer par les OTA et les agences traditionnelles. Ça veut dire une chose simple pour vous : vous devez couvrir les deux canaux, pas choisir entre eux.

Le Guide pour attirer des touristes chinois (pour les professionnels du Tourisme)

Le recueil d’informations pour un touriste chinois

Le marché du tourisme chinois est en pleine expansion, avec des millions de voyageurs chinois qui explorent le monde chaque année. Pour un professionnel du tourisme, attirer cette clientèle reste une des opportunités de croissance les plus concrètes qui existent. Mais comprendre les habitudes de réservation et les attentes culturelles des touristes chinois est un préalable, pas une option. Voici ce que je conseille, dans l’ordre où je le conseillerais à un client qui démarre de zéro.

1. Comprendre ce que le touriste chinois attend vraiment
Les touristes chinois voyagent souvent en groupe ou en famille élargie, même quand ils se disent indépendants. Le confort, la propreté visible et l’organisation sans friction comptent plus que l’originalité. Une visite guidée bien cadrée, avec des horaires clairs, rassure plus qu’elle n’ennuie. Gardez ça en tête avant de copier un concept marketing occidental qui suppose l’inverse.

2. Être présent sur Ctrip / Trip.com, sans exception
Ctrip (devenu Trip.com à l’international) reste la porte d’entrée numéro un pour la réservation. Selon 36Kr, les réservations internationales du groupe ont progressé d’environ 65% sur un an au premier trimestre 2026, et la plateforme couvre désormais plus de 150 000 hôtels et 6000 sites touristiques dans le monde. Ne pas y être référencé en 2026, c’est refuser une bonne partie de votre trafic potentiel avant même d’avoir commencé. Créez votre fiche, mettez des photos qui montrent vraiment les lieux (pas des visuels génériques), rédigez vos descriptions en mandarin par un traducteur natif, et répondez aux avis, même les mauvais.

3. Un site optimisé pour le mobile, en mandarin
La quasi-totalité des recherches et réservations chinoises passent par un smartphone. Un site lent, non traduit ou non responsive perd le visiteur en quelques secondes. Les informations pratiques (horaires, tarifs, moyens de contact) doivent être visibles sans effort, en mandarin, dès la première page.

4. Marketing sur Xiaohongshu, WeChat et Douyin
C’est le point qui a le plus changé depuis la première version de cet article. WeChat et Weibo restent utiles pour la communication officielle, mais c’est Xiaohongshu qui pèse aujourd’hui dans la décision de voyage, surtout chez les moins de 40 ans. Les Chinois appellent ça 种草 (zhòngcǎo), littéralement « planter l’herbe » : une photo ou un avis honnête qui donne envie, jusqu’à ce que l’envie devienne réservation, ce qu’ils appellent 拔草 (bácǎo), « arracher l’herbe ». Un hôtel ou un site touristique qui n’apparaît jamais dans ce type de contenu reste invisible, même s’il a un excellent site web. J’ai détaillé où et comment les touristes chinois cherchent leur info dans cet article, ça complète bien ce qui suit.

5. Des offres pensées pour le groupe ET pour le voyageur indépendant
Les offres combinées (hébergement + activité), les tarifs de groupe et les avantages Ctrip encouragent la réservation anticipée. Mais ne négligez pas le voyageur indépendant, plus jeune, souvent plus rentable sur le long terme parce qu’il revient et recommande directement sur Xiaohongshu.

6. Former le personnel, même un minimum
Un personnel qui sait dire quelques mots en mandarin, qui comprend les attentes de base (rythme des repas, sensibilité au bruit dans les espaces communs, importance de la ponctualité des groupes) change réellement la perception d’un séjour. Ce n’est pas un détail cosmétique, c’est souvent ce qui sépare un avis 5 étoiles d’un avis 3 étoiles sur Ctrip.

7. Accepter Alipay et WeChat Pay
Beaucoup de touristes chinois voyagent encore avec un accès limité aux cartes internationales classiques, ou préfèrent simplement leurs outils habituels. Ne pas accepter ces moyens de paiement crée une friction inutile au pire moment, celui où le client est prêt à payer. Si vous gérez un hôtel, j’ai écrit un guide plus spécifique avec 10 conseils concrets pour les hôtels qui veulent attirer des clients chinois, ça va plus loin sur ce sujet précis.

8. Adapter concrètement le service
Un menu en mandarin, une bouilloire dans la chambre, du thé chaud disponible : ce sont des détails qui coûtent presque rien et qui montrent que vous avez pensé au client avant qu’il arrive. Les touristes chinois le remarquent et le disent dans leurs avis.

9. Participer aux salons et construire des partenariats locaux
Les salons du tourisme en Chine (et les rendez-vous B2B organisés par les offices de tourisme étrangers sur place) restent une manière directe de rencontrer les agences chinoises qui vendent vos destinations. C’est lent, mais ça construit une relation de confiance, ce que les Chinois appellent 关系 (guānxi), difficile à obtenir uniquement en ligne.

10. Répondre aux avis, tous les avis
Les avis sur Ctrip, Xiaohongshu et Dianping sont votre meilleure source d’amélioration continue, et probablement votre outil marketing le moins cher. Répondez, remerciez, corrigez. Un établissement qui répond montre qu’il écoute, et ça se voit dans le classement des plateformes.

Baidu, le moteur de recherche chinois, un passage obligatoire

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Google étant bloqué en Chine, Baidu reste le moteur de recherche que la majorité des Chinois utilisent avant de partir, environ 60% du marché aujourd’hui selon les dernières mesures, contre 80% il y a dix ans, la concurrence de Sogou et surtout des moteurs intégrés à Douyin ayant grignoté des parts. Ça ne change rien à l’essentiel : si vous n’existez pas sur Baidu, une bonne partie des recherches préparatoires au voyage ne vous voit jamais.

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Baidu a aussi ses propres fonctionnalités et ses propres règles, très différentes de celles de Google. En 2026, il faut ajouter une couche à cette liste : le référencement pour les moteurs de recherche IA chinois, DeepSeek et Doubao en tête, qu’on appelle le GEO plutôt que le SEO. Ces outils reformulent l’information avant de la donner au voyageur, donc un contenu clair, structuré et factuel a plus de chances d’être repris qu’une page de vente classique. Votre site doit toujours cocher ces cases :

  • Un site traduit en mandarin, par un vrai traducteur
  • Un design responsive, pensé mobile en premier
  • Du contenu pertinent, organisé autour des questions que se pose réellement le voyageur
  • Des images et vidéos de bonne qualité, pas de banques d’images génériques
  • Une stratégie SEO ET GEO, pas l’une sans l’autre

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Le site de tourfrombali.com illustre encore bien ce principe : un design simple mais efficace, du contenu utile via un blog, un site traduit en chinois. Rien de spectaculaire, juste bien fait, et c’est souvent suffisant.

Être présent et actif sur les réseaux sociaux chinois (simple, mais tellement efficace)

Vous avez une autre carte à jouer pour attirer plus de touristes chinois : les réseaux sociaux. Les principaux restent WeChat, Xiaohongshu (Little Red Book), Douyin, Weibo et QQ. Chacun joue un rôle différent, et les confondre est l’erreur la plus courante que je vois chez les acteurs du tourisme.

WeChat reste l’application de messagerie de Tencent, avec plus de 1,3 milliard d’utilisateurs actifs. Pour un professionnel du tourisme, son intérêt en 2026 dépasse largement la simple communication : le mini-programme WeChat permet de réserver une chambre, un créneau de visite ou un billet directement dans la conversation, sans quitter l’application. C’est ce qu’on appelle construire du 私域 (sīyù), littéralement un « domaine privé », une audience que vous possédez et pouvez recontacter directement, plutôt que de dépendre uniquement d’une plateforme tierce. Un article de Sina Finance décrit très bien ce que Ctrip lui-même essaie de faire à plus grande échelle : passer du 流量 (liúliàng, le trafic de passage) au 留量 (liúliàng, l’audience qui reste), deux mots qui se prononcent exactement pareil en chinois, mais qui ne veulent pas du tout dire la même chose. Un touriste qui vous suit sur WeChat après son séjour, c’est un client qui revient ou qui vous recommande à sa famille l’année suivante.

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Vous pouvez voir ici l’organisation du tourisme de Malaisie qui partage avec ses fans sur Weibo des promotions et informations touristiques. C’est un exemple simple, mais qui montre bien le principe : du contenu régulier, utile, pas seulement promotionnel.

Une erreur que je vois trop souvent

Beaucoup de professionnels du tourisme pensent qu’une page WeChat et une fiche Ctrip suffisent. C’est un début, pas une stratégie. La vraie erreur, c’est de traiter le touriste chinois comme un touriste occidental qu’on aurait simplement traduit en mandarin. Les attentes de service, le rythme du voyage, la manière de décider (souvent en groupe, souvent après avoir vu le lieu en vidéo avant d’arriver) sont différentes. Adapter la traduction ne suffit pas. Il faut adapter l’expérience.

Un exemple concret

Marc dirige un hôtel-boutique de 32 chambres dans les Alpes, avec un bon niveau de remplissage l’hiver mais un été creux. Il avait un compte WeChat créé en 2019, jamais mis à jour, et une fiche Ctrip avec trois photos et une description traduite automatiquement. Résultat : moins de 2% de sa clientèle estivale venait de Chine, malgré une position idéale pour les groupes de randonnée.

Il a d’abord essayé de payer pour de la publicité Weibo, sans ciblage précis. Ça n’a quasiment rien donné, le budget est parti sans retour mesurable. Ce qui a marché, six mois plus tard : une refonte complète de sa fiche Ctrip avec des photos prises par un professionnel montrant vraiment les chambres et les sentiers autour, une traduction humaine de la description, et surtout trois notes Xiaohongshu publiées par une créatrice de contenu voyage qui a vraiment séjourné sur place, sans script imposé. Ces trois notes ont généré plus de réservations que n’importe quelle campagne publicitaire précédente, parce qu’elles montraient une expérience réelle, pas un argument de vente. Sur l’été suivant, la part de clientèle chinoise est passée à environ 11%, avec un panier moyen supérieur à sa clientèle habituelle grâce aux groupes de 6 à 8 personnes.

Le mécanisme derrière ce résultat est simple : sur Xiaohongshu, un touriste chinois fait plus confiance à un avis d’inconnu qu’à n’importe quelle publicité, surtout sur les profils à revenus élevés qui se méfient particulièrement du contenu trop clairement sponsorisé. Le contenu qui fonctionne est celui qui ne ressemble pas à du marketing.

Questions fréquentes

Faut-il payer pour être visible sur Ctrip ?

La fiche de base est gratuite, mais la visibilité dans les résultats dépend beaucoup de vos avis, de vos photos et de votre taux de réponse. Un placement payant existe, mais il n’a de sens qu’une fois votre fiche organique solide. Payer pour être vu avec une mauvaise fiche est de l’argent perdu.

Combien de temps avant de voir des réservations chinoises augmenter ?

Comptez 3 à 6 mois pour une fiche Ctrip bien optimisée avec des avis qui s’accumulent, et un peu plus pour un effet Xiaohongshu, parce que ça dépend de la publication de contenu par de vrais voyageurs. Ce n’est pas instantané, mais c’est cumulatif : chaque bon avis reste et continue de travailler pour vous.

Est-ce que je dois absolument parler mandarin sur place ?

Non, mais quelques mots et une signalétique bilingue changent beaucoup la perception du séjour. Un menu traduit et un personnel qui sait dire « bonjour » et « merci » en mandarin sont souvent suffisants pour marquer des points dans les avis.

Un petit établissement indépendant peut-il vraiment rivaliser avec les grandes chaînes hôtelières ?

Oui, et c’est même un avantage sur Xiaohongshu, où l’authenticité compte plus que la taille. Un petit hôtel avec une vraie personnalité génère souvent plus d’envie qu’une chaîne standardisée, à condition d’être visible au bon endroit.

Faut-il un compte WeChat officiel même pour une petite structure ?

Oui, ne serait-ce que pour le service après-vente et la fidélisation. C’est le canal le plus simple pour transformer un client de passage en client qui revient ou qui recommande.

Contactez-nous pour plus d’informations

Philip Chen, CEO de GMA

Je suis Philip Chen, CEO de GMA. Je passe une bonne partie de mon temps à expliquer aux hôteliers et aux agences que non, une traduction Google ne suffit pas, et oui, un touriste chinois remarque tout de suite quand vous avez fait l’effort ou pas. Je collectionne les fiches Ctrip mal traduites comme d’autres collectionnent les timbres.

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  • En abordant ces questions, les entreprises du secteur du voyage peuvent mieux comprendre les défis et les opportunités liés à la génération de leads en Chine, et ainsi adapter leurs stratégies pour maximiser leur efficacité sur ce marché dynamique.

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