La publicité pour les marques françaises en Chine
En
Chine, la marque compte plus qu’ailleurs aux yeux du consommateur. Avoir le meilleur produit ne suffit pas. Il faut être connu, et surtout reconnu.
Olivier Verot, fondateur de Gentlemen Marketing Agency (GMA) à Shanghai depuis 2012. Cet article s’appuie sur des campagnes menées pour des marques françaises sur Baidu, Douyin et Xiaohongshu.
La société de consommation chinoise raffole des grandes marques, et a besoin de repères pour consommer.
En Chine, tu investis dans ta marque, ou tu te bats sur les prix
PS : les fabricants chinois sont imbattables sur les prix.
La marque est le gage de la qualité. Elle permet la reconnaissance auprès du cercle social, ce qui compte énormément dans une culture où l’achat se valide souvent par l’avis des autres avant celui du consommateur lui-même.
Arriver en Chine avec une marque déjà connue facilite les choses. Mais en chinois, la barrière culturelle et linguistique complique tout, et se faire connaître prend du temps. Choisir sa marque, la faire connaître puis la diffuser en Chine est un des éléments clés de la réussite d’une entreprise étrangère, et un des plus difficiles à réussir.
Avant même de penser publicité, une étape administrative protège votre nom : le dépôt de marque auprès d’un Conseil en Propriété Intellectuelle chinois, qui vérifie la disponibilité du nom et dépose officiellement les classes concernées. Sans ça, un tiers peut déposer votre marque avant vous, et vous vendre le droit de l’utiliser sur votre propre marché. Ça arrive plus souvent qu’on ne le pense, et la réforme de la loi chinoise sur les marques votée en 2026 a justement resserré les délais d’opposition et les preuves d’usage exigées, ce qui rend le dépôt précoce encore plus important.
Visuels de qualité
Le choix des visuels et du logo doit être réfléchi, cohérent, pertinent. Il représente l’identité de la marque avant même qu’un mot soit lu. Couleurs, slogan, images, personnages auxquels la cible peut s’identifier : chaque élément se choisit selon l’identité qu’on veut donner à la marque, pas selon ce qui plaisait en France.
Le positionnement d’abord, le média ensuite
Avant de choisir un canal publicitaire, il faut choisir sa cible : zone géographique, âge, catégorie socio-professionnelle, sexe. Puis se demander comment la toucher le plus efficacement possible, et par quels moyens. Ensuite seulement, l’entreprise déploie sa stratégie sur le terrain, et s’adapte en continu, parce que les habitudes de consommation en Chine changent plus vite qu’en Europe.
C’est là que la plupart des marques françaises se plantent. Elles inversent l’ordre : elles choisissent un canal (souvent parce qu’un consultant leur en a parlé, ou parce que leur agence en France leur a vendu un package) avant même de savoir qui elles ciblent en Chine et ce que ce public y fait vraiment.
Pourquoi la plupart des marques étrangères ratent leur pub en Chine
Je vais être direct, parce que dix ans d’agence à Shanghai m’ont appris à ne plus tourner autour du pot avec les clients français : la plupart des marques qui viennent nous voir après un échec publicitaire en Chine n’ont pas un problème de budget. Elles ont un problème de méthode. Elles ont pris ce qui marchait sur Google et Instagram, elles l’ont traduit, et elles ont posé ça sur Baidu ou Douyin en espérant que ça tienne.
Ça ne tient jamais.
Prenons les quatre canaux qu’une marque française croise forcément aujourd’hui, et ce qui a vraiment changé dessus en 2026.
Baidu et le search. Le marché du search a beaucoup perdu de terrain face aux plateformes sociales ces dernières années, mais il reste le canal où l’intention d’achat est la plus forte : qui tape encore une requête sur Baidu en 2026 le fait avec un besoin précis en tête, pas pour se divertir. Baidu a sorti fin 2025 son outil d’enchère intelligente oCPC-Max, construit sur une logique de « pool de budget global » qui optimise sur l’ensemble des campagnes plutôt que mot-clé par mot-clé. Ça change la manière de structurer un compte : on ne segmente plus à l’infini, on nourrit l’algorithme avec assez de volume pour qu’il apprenne. Une marque qui débarque avec cinq mots-clés traduits du français et un budget de 2000 euros n’a tout simplement pas la masse critique pour que l’algorithme apprenne quoi que ce soit.
Douyin et le search génératif. 巨量引擎, la régie publicitaire de Douyin, favorise structurellement les gros budgets : l’algorithme distribue mieux l’exposition aux comptes qui dépensent large, et les petits budgets quotidiens peinent à sortir. Ce n’est pas injuste, c’est mécanique : la plateforme priorise ce qui lui rapporte le plus de données exploitables. Nouveauté 2026 qui compte pour une marque française : le GEO, l’optimisation pour les moteurs génératifs, devient un levier concret sur Douyin pour améliorer la recommandation dans les résultats de recherche IA de Doubao et faire baisser le coût d’acquisition. Autrement dit, la façon dont votre marque est décrite et structurée en ligne influence directement ce qu’une IA chinoise répond quand un consommateur lui demande conseil.
Xiaohongshu et la confiance avant l’achat. La plateforme fonctionne en 2026 avec trois modes de collaboration sur son outil Pu Gong Ying (蒲公英) : le partenariat sur-mesure avec un gros KOL, le recrutement en masse de micro-créateurs, et la collaboration à la performance. Une marque française qui veut vraiment percer y gagne à combiner ce plan avec des « KOL experts », des voix perçues comme légitimes sur un sujet précis (dermatologue pour une crème, sommelier pour un vin), plutôt que des influenceurs généralistes. La confiance se construit avant la vente, jamais pendant.
WeChat, et un basculement qu’on n’a pas vu venir aussi vite. Les comptes vidéo (视频号) ont dépassé Moments en part d’investissement publicitaire des annonceurs cette année, une première. La boucle « compte vidéo + compte officiel + mini-programme + WeChat entreprise » atteint désormais un taux de pénétration coordonné autour de 60% chez les marques actives. Concrètement : WeChat n’est plus seulement l’outil de fidélisation qu’on active après la vente, c’est redevenu un canal d’acquisition à part entière.
Le marché suit la même courbe. Selon 艾瑞咨询 (iResearch), le marché publicitaire numérique chinois a atteint 725,7 milliards de yuans en 2025, en hausse de 11,5% sur un an. Les projections internationales vont dans le même sens : DataReportal chiffre la croissance annuelle des dépenses publicitaires digitales en Chine autour de 15,7% pour 2026. Le gâteau grossit. Mais il grossit pour ceux qui comprennent les règles du jeu, pas pour ceux qui y déversent un budget par habitude.
Un exemple, anonymisé, pour illustrer. Thomas dirige une marque française de maroquinerie haut de gamme, une dizaine de salariés, déjà solide en France et en Belgique. Il arrive chez nous après avoir dépensé 15 000 euros sur Baidu SEM en six mois, pour zéro vente attribuable. Son agence parisienne avait traduit ses mots-clés français mot à mot : « sac à main cuir artisanal » devenait littéralement 手工皮革手提包, une formulation qu’aucun consommateur chinois ne tape jamais, parce que ce n’est pas comme ça qu’on cherche un sac en Chine. On a recommencé de zéro : recherche de mots-clés réels à partir de ce que les Chinois tapent vraiment sur Baidu, refonte de la landing page en mandarin avec des repères de qualité compréhensibles localement (certifications, avis, présence sur Xiaohongshu), et surtout un mois de seeding sur Xiaohongshu avant même de relancer le SEM, pour que la marque existe déjà dans l’esprit du consommateur au moment où il tombe sur l’annonce. Résultat sur le trimestre suivant : 34 ventes attribuées pour un budget média équivalent. Pas parce qu’on avait un budget plus gros. Parce qu’on avait arrêté de parler français à des acheteurs chinois.
C’est la même erreur qui a fait trébucher des marques bien plus grandes que celle de Thomas. Une grande marque de sport a sorti pour le Nouvel An chinois une paire de baskets ornée du caractère 福 (bonheur) porté en double, sans se rendre compte que l’association visuelle rappelait 发福, « prendre du poids ». Une maison de maroquinerie de luxe a lancé une édition limitée du Nouvel An en rouge, vert et or, un mélange que les Chinois associent à la mauvaise fortune plutôt qu’à la fête. Le problème n’était jamais le budget créatif. C’était l’absence d’un regard chinois dans la pièce au moment de valider la campagne.
Les vidéos, le storytelling, les réseaux : ce qui n’a pas changé
Gentlemen Marketing Agency reste avant tout une agence de publicité, avec des leviers pensés pour le marché chinois :
- Des bannières sur les portails et sites chinois qui transmettent un message simple et attirent le consommateur au bon moment de son parcours
- Un ajustement de cible dès que les données montrent un décalage entre le produit et l’audience touchée, plutôt que de s’acharner sur un plan qui ne convertit pas
- La vidéo, toujours le format le plus percutant, et de très loin le plus consommé sur Douyin et les comptes vidéo WeChat
- Des visuels assez marquants pour être retenus, condition minimum pour fidéliser un consommateur chinois qui croise des centaines de publicités par jour
- Le storytelling, parce que les Chinois aiment les belles histoires, reste une pratique à intégrer dans toute campagne : sensibiliser le consommateur à la marque et à ses valeurs à travers une histoire à laquelle il peut s’identifier fonctionne toujours, IA générative ou pas
- La stratégie de référencement sur Baidu reste importante, même si elle demande une adaptation constante aux critères spécifiques du moteur chinois
- Utiliser les réseaux sociaux chinois est indispensable, mais ne suffit pas s’il n’y a pas de ligne éditoriale claire et une image de marque cohérente derrière


L’e-réputation, le filet sous la publicité
En Chine, la réputation en ligne pèse plus lourd qu’ailleurs. Les marques doivent la surveiller et réagir en cas d’attaque. Faire connaître la marque n’est que la première étape : si un consommateur chinois s’intéresse à un produit, il va chercher de l’information en ligne avant d’acheter, en particulier sur Xiaohongshu et via une recherche Baidu ou Doubao. Ce qu’il y trouve pèsera plus lourd que la publicité elle-même sur sa décision.
Une campagne publicitaire qui envoie du trafic vers une marque sans avis, sans présence sur Xiaohongshu et sans historique en ligne dépense de l’argent pour rien : le clic arrive, le consommateur cherche à vérifier, ne trouve rien de rassurant, et repart. L’e-réputation n’est pas un chantier à part de la publicité. C’est ce qui rend la publicité rentable ou pas.
Deux questions qu’on nous pose à chaque brief
Combien coûte une campagne de publicité en Chine pour une marque française ?
Ça dépend entièrement du canal et de l’objectif. Un test sérieux sur Baidu SEM démarre autour de 3000 à 5000 euros par mois pour avoir assez de volume pour que l’algorithme apprenne. Une opération Xiaohongshu avec quelques KOL experts peut se tester avec un budget plus modeste, mais demande du temps avant de produire des ventes. Méfiez-vous de qui vous promet un chiffre précis avant d’avoir vu votre marché cible et votre produit.
Faut-il une licence chinoise pour faire de la publicité sur Baidu ou Douyin ?
Oui dans la plupart des cas, une licence ICP ou un compte publicitaire ouvert via une entité chinoise ou une agence habilitée est nécessaire pour annoncer directement sur ces plateformes. C’est une des raisons pour lesquelles la majorité des marques françaises passent par une agence locale plutôt que d’essayer d’ouvrir un compte seules depuis la France.
Vous souhaitez communiquer en Chine ?
N’hésitez pas à nous faire part de votre brief par email. L’idéal ensuite est un échange avec nos spécialistes pour comprendre vos attentes et vous proposer la solution la plus pertinente, canal par canal.
Une vidéo vaut 3000 mots.
Gentlemen Marketing Agency, votre agence de publicité en Chine
Nous gérons des campagnes Baidu SEM, Douyin, Xiaohongshu et WeChat pour des marques françaises depuis Shanghai, avec des équipes qui travaillent en chinois et en français. Notre approche part toujours de votre cible réelle avant de choisir le canal, jamais l’inverse. Contactez notre agence de publicité pour un premier échange sur votre marché et votre budget.
Cet article est signé Olivier Verot, fondateur de Gentlemen Marketing Agency, basé à Shanghai depuis 2012.
J’accompagne des marques françaises sur leur publicité en Chine depuis plus de dix ans, sur Baidu, Douyin, Xiaohongshu et WeChat.
Retrouvez-moi sur LinkedIn pour échanger directement.





2 commentaires
mARIE-mARTHE bOILEAU
J’aimerais faire des ventes en ligne de produit en provenance de la Chine comment faire? Comment faire la mise en marché?
Je suis du Canada. Je suis sérieuse dans ma démarche.
Merci
Marie-Marthe Boileau
Marketing Chine
On va vous contacter rapidement