Voici l’histoire d’une femme chinoise devenue millionnaire, mais qui a choisi de conserver son emploi d’agent d’assainissement pour transmettre une leçon à ses enfants.

Une success story immobilière
Tout commence dans les années 1980. Yu Youzhen et son mari sont maraîchers dans le district de Hongshan. À force de travail, ils économisent suffisamment pour devenir la première famille du quartier à construire une maison de trois étages. Avec l’afflux de travailleurs venus s’installer à Wuhan, Yu Youzhen décide de louer des chambres, puis réinvestit ces revenus dans la construction de nouveaux bâtiments, devenant progressivement gestionnaire immobilier, à une époque où la réglementation sur la construction restait encore souple.
Dans les années 1990, le gouvernement réquisitionne leur terrain. Il faudra attendre 2008 pour qu’ils soient dédommagés, ce qui leur permet de racheter puis de revendre plusieurs appartements avec une plus-value importante, les rendant millionnaires.
La traversée du désert
Devenue sans terre à partir de 1998, Yu Youzhen devient agent d’entretien sous contrat pour l’équipe d’assainissement du quartier de Wuchang Chengguan, pour un salaire mensuel modeste. Un seul jour de congé par semaine, des journées qui commencent à trois heures du matin, environ 3 000 mètres de route à entretenir et six heures de balayage quotidien.

Redevenue riche, elle garde son balai
Une fois indemnisée par le gouvernement et enrichie par ses ventes immobilières, Yu Youzhen aurait pu démissionner sans difficulté. Elle a pourtant choisi de conserver son poste d’agent d’entretien, malgré le regard parfois méprisant de certains passants face à ce métier.
Ses collègues ne comprenaient pas toujours ce choix : « Madame, vous qui êtes si riche, pourquoi continuer à vous imposer ce travail ? » Sa réponse : elle veut donner l’exemple à son fils et à sa fille, pour qu’ils comprennent qu’on ne peut pas se contenter de vivre de ses rentes toute sa vie sans rien faire. Son histoire a fait le tour de la Chine, et de nombreuses personnes la reconnaissent aujourd’hui dans la rue.

Pourquoi cette volonté de servir d’exemple ?
Yu Youzhen affirme avoir vu, parmi ses connaissances devenues riches après une réquisition de terrain similaire à la sienne, certaines sombrer dans le jeu ou dans des addictions. C’est cette observation qui la pousse à vouloir transmettre une valeur travail solide à ses enfants : « Si vous ne travaillez pas, je donnerai les appartements au gouvernement », leur aurait-elle dit.
Aujourd’hui, son fils travaille comme chauffeur de bus et sa fille comme employée de bureau, tous deux avec des salaires modestes malgré la fortune familiale. Une histoire qui a suscité beaucoup de débats en Chine au moment de sa publication : certains y voient une leçon de sagesse et d’humilité, d’autres une posture qui interroge davantage qu’elle n’inspire. Une chose est sûre, elle ne laisse personne indifférent.
Source : Chinasmack.
Pour d’autres histoires qui disent beaucoup de la société chinoise contemporaine, notre article sur la classe moyenne chinoise et notre décryptage du rapport des Chinois à l’amitié et à la famille permettent d’aller plus loin. Les marques qui souhaitent comprendre en profondeur les valeurs et les attentes des consommateurs chinois peuvent s’appuyer sur l’expertise d’une agence spécialisée. Ce type de récit viral reste régulièrement relayé par la presse comme Sixth Tone, qui documente les success stories et les débats de société en Chine, tout comme South China Morning Post.


4 commentaires
Seb
Vous ne sentez pas une odeur ?
Mais ça pue la propagande !!!
Il n’y a aucun gagnant du loto qui continuerait de balayer les rues si il gagnait le jackpot. Je veux bien que des gens soient CON mais quand on gagne de l’argent, on arrête d’être l’esclave des autres.
😆
Marc
Il s’agit juste d’une pauvre dame qui a toujours vécu dans le plus simple décor, elle a peur de la richesse, le mal et elle a bien raison. L’éducation de ces enfants passe avant le vice, à son age c’est normal, c’est un cas isolé et qui nous dit qu’elle ne se paye pas un bon resto tous les mois 😉
qiluolan
c’est vrai je suis d’accord avec Nuo…
nuo
Cette histoire ressemble drôlement à de la propagande gouvernemental : travaillez dure et vous allez devenir riche.
J’ai déjà lu des histoires « plus ou moins semblable » qui n’étaient que fictions.
J’aimerais bien connaître les sources.