La Chine ne veut plus de stagiaires étrangers

Le statut des étudiants étrangers venant effectuer un stage en Chine a longtemps été un sujet de crispation administrative. Retour sur un épisode de durcissement réglementaire qui avait marqué les esprits en 2013.

Stagiaires étrangers en Chine face au durcissement des visas

Une nouvelle réglementation entrée en vigueur le 1er juillet 2013 avait considérablement compliqué la situation des stagiaires étrangers en Chine. Le visa F, jusque-là parfois utilisé de façon détournée pour couvrir des stages, était recentré sur les échanges et visites non commerciales : scientifiques, éducatifs, culturels, sportifs ou médicaux, sur une base temporaire. Le visa Z, lui, devenait indispensable pour tout étranger souhaitant travailler et percevoir un salaire en Chine, avec deux variantes selon la durée du séjour, au-delà ou en deçà de 90 jours.

Un durcissement lié au contexte politique et social

Ce tour de vis s’inscrivait dans un climat plus large de contrôle renforcé de l’immigration étrangère, sur fond d’incidents médiatisés impliquant des étrangers qui avaient ravivé un certain nationalisme dans l’opinion publique chinoise. Le gouvernement avait alors affiché sa volonté de mieux encadrer les travailleurs étrangers en situation irrégulière, ce qui s’est traduit par des conditions d’accès au visa de travail nettement renforcées.

Une carte verte chinoise, réservée à une élite

Il existait par ailleurs, depuis 2004, une carte verte chinoise, équivalent local du permis de résidence permanente. Réservée aux étrangers dits de haut niveau ou à ceux réalisant d’importants investissements directs en Chine, elle permettait de résider dans le pays pour une durée indéfinie, sans les limites de circulation interne imposées aux citoyens chinois eux-mêmes par le système du hukou. Ce permis, valable cinq ou dix ans, restait à l’époque accordé avec parcimonie : un peu plus de 5 000 étrangers en avaient bénéficié depuis la mise en place du cadre légal sur l’entrée et la sortie du territoire en 1985.

Ce qu’il faut retenir de cet épisode aujourd’hui

Le visa de travail chinois est resté, dans les années qui ont suivi cette réforme, l’un des visas les plus exigeants à obtenir, sa délivrance restant sensible au contexte politique international et domestique du moment. La réglementation chinoise sur l’immigration et le travail des étrangers a continué d’évoluer significativement depuis 2013, et toute entreprise ou candidat au stage ou à l’emploi en Chine doit impérativement vérifier les règles en vigueur au moment de sa démarche, plutôt que de se fier à un cadre réglementaire aussi daté que celui décrit ici.

Cet épisode reste néanmoins un bon rappel historique : la politique migratoire chinoise a toujours suivi de près les évolutions politiques et diplomatiques du pays, un facteur à intégrer dans toute planification de mobilité professionnelle vers la Chine, aujourd’hui comme hier.

Pour des questions actuelles de visa et d’implantation professionnelle en Chine, notre article sur l’accompagnement administratif des expatriés en Chine et notre décryptage de l’étude de marché en Chine permettent d’aller plus loin. Les entreprises qui envoient des collaborateurs en Chine peuvent s’appuyer sur l’accompagnement d’une agence spécialisée. Les évolutions réglementaires chinoises sur l’immigration restent couvertes par la presse spécialisée comme South China Morning Post, et les données démographiques par Statista.

11 commentaires

  • Article super intéressant mais qui m’inquiète beaucoup aussi…
    Je connais un petit peu le pays car j’ai déjà fait deux séjours en Chine dans deux universités qui font des échanges universitaires avec ma fac. Mais je m’étonne que ça soit si dure pour le visa pour le stage…
    J’ai déjà trouvé mon stage dans une entreprise chinoise et pris mes billets A/R mais du coup je m’inquiète fortement de ne pas pouvoir obtenir mon visa!!!
    Est-ce que quelqu’un pourrait m’éclairer ? ou a des conseils à me donner???

  • bon, ca n’arrange pas les affaires, donc si c’est une formation non remunere on est bon. Du coup c’est visa F. c’est quand meme bien complique juste pour avoir un gars qui prepare le café et fait les photocopies

  • Donne pas envie d’aller en Chine. Se couper les cheveux en quatre pour quelques mois dans un pays surpeuplé. Dans ce cas, plutôt le Japon, au moins ils sont courtois.

  • Je confirme que c’est un vrai galère pour obtenir un visa en chine pour effectuer un stage ! J’ai fais appel à rapidevisa qui m’ont permis d’obtenir un visa Affaires multiple entrées pour 6 mois . Je suis donc obliger de sortir de la Chine une fois par mois mais c’est mieux que rien !

  • J’ai moi même effectué un stage en Chine de 3 mois cet été, et je peux témoigner que le gouvernement chinois traite ses visas différemment selon la nationalité des gens. Les italiens par exemple peuvent avoir un visa en 1/2 journée, tandis que pour un français cela prend de 4 jours à 1 semaine !
    La raison que mon employeuse m’a donné (et ça n’engage sûrement qu’elle), est que la France fait du zèle lorsqu’elle donne des visas aux chinois. Beaucoup n’arrivent pas à atteindre le sol, que ce soit pour les études ou pour une simple visite. Ma manager chinoise a par exemple fait 5 ans de français, et n’a jamais réussi à faire un échange universitaire en France faut de visa (ce qui explique son niveau de français pas terrible). La Chine chercherait donc à rendre la pareille aux français. Fair enough je trouve, mais assez embêtant quand on apprend toutes ces choses alors qu’on se trouve déjà dans le pays et qu’il faut se cacher des policiers parce qu’on est illégale. Bref, vivement la fin des frontières!

  • A force de trop tirer sur la corde , elle finit par céder …
    Tous les élèves français des écoles de commerce font un stage en Chine . Ça devient carrément bateau de le trouver sur tous les CV . Innovez un peu les jeunes ! Est il si nécessaire de partir si loin ? Votre formation là bas est elle si intéressante ? Beaucoup reviennent déçus et n.ont pas eu les opportunités professionnelles promises . En tant que DRH je ne m’attache pas au pays mais aux missions exercées par mes futurs collaborateurs
    Merci de leur ouvrir les yeux : non la Chine n’est pas l’eldorado !

  • Enfin des renseignements pratiques introuvables ailleurs
    Un très bon article
    Bravo à marketing Chine vous êtes parfaitement au courant et semblez les seuls à l’être

  • Hello
    Il faut pas désepérer, les stagiaires couteront juste plus cher.
    Ils essayent de compenser car, trop de français en Chine, tout le monde fait tout et n’importe quoi.

    Niveau d’intégration d’un français à Shanghai, proche de zéro.

    Il faudrait envoyer les stagiaires dans les villes secondaires qui sont beaucoup plus propices à l’intégration.

  • Très bon à savoir quand on cherche désespérément un stage … Si c’est pour se faire virer à la moindre occasion !

  • Merci pour ces éclaircissement s!

  • 5000 en 30 ans! La France doit faire plus chaque mois sur son territoire gros comme une tête d’épingle chinoise…

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