Claire Verot au micro. Depuis la France, j’accompagne les marques clientes de GMA, et mon invité du jour est Sébastien Grynko, cofondateur de CHATQN : une marque de lingerie française née d’une histoire d’amour et lancée d’emblée à Shanghai.

Sébastien, peux-tu te présenter ?
Je suis parisien, 27 ans, avec un père français d’origine allemande et une mère venue de Singapour. J’ai vécu en France, à Singapour, au Venezuela et au Sultanat d’Oman avant de m’installer à Shanghai il y a cinq ans, à la suite de l’invitation d’un ami et d’une offre d’emploi. J’ai poursuivi ma formation de coiffeur commencée à Paris, travaillé pour Toni&Guy, tenté un premier projet commercial resté sans suite, puis enchaîné plusieurs expériences (professeur d’anglais, manager de boîte de nuit, mannequin) avant de lancer ma marque de lingerie.
Pourquoi la lingerie ?
Pour Irina et moi, ce choix s’est imposé naturellement. Irina est russe, et toute femme slave qui se respecte a un penchant certain pour la lingerie. En tant que Français, je me devais de proposer quelque chose de fidèle à mon pays d’origine. Je n’ai pas trouvé mieux que la lingerie.
Peux-tu nous parler de la marque ?
CHATQN se veut moderne, élégante et surtout fidèle à sa clientèle. Nous tenons à communiquer avec nos clients avant et après l’achat, à rester disponibles pour répondre à leurs questions. C’est pour cela que nous nous sommes présentés, Irina et moi, en vidéo, pour que nos abonnés sachent à qui ils ont affaire, via notre site, notre page Facebook et surtout notre compte WeChat.

Quel est l’état du marché de la lingerie en Chine ?
Le marché est très compétitif mais reste très ouvert : la marque dominante ne détient que 4,7 % de part de marché, ce qui laisse une vraie marge de manœuvre pour les nouvelles marques. Les Chinoises s’ouvrent de plus en plus à la lingerie, d’abord avec les marques locales, puis de plus en plus avec les marques étrangères. L’erreur à ne pas commettre : calquer un modèle qui a fonctionné à l’étranger, la morphologie et la mentalité chinoises étant très différentes.
La France a-t-elle bonne réputation dans ce secteur ?
Oui, la France bénéficie probablement d’une des meilleures réputations pour les biens de consommation, en particulier haut de gamme. Je pense que les marques françaises de luxe, notamment en lingerie, continueront à gagner en popularité dans les années à venir.
Existe-t-il une recette miracle pour vendre en Chine ?
L’essentiel, c’est de considérer le client non pas seulement comme un acheteur, mais d’instaurer une vraie relation de confiance. Mettre un visage derrière la marque, pour que le client sache à qui il achète et se familiarise avec son histoire. Il faut aussi venir en Chine avec une approche neuve, sans reproduire les stratégies qui ont marché ailleurs : il faut s’adapter au marché et respecter le consommateur chinois.
Le marché de la lingerie haut de gamme est-il mûr en Chine ?
Ce segment est encore récent en Chine. Il faudra encore quelques années avant qu’il soit vraiment mûr, mais nous sommes clairement sur la bonne voie.
Quels conseils donnerais-tu à un entrepreneur français en Chine ?
Lire le plus possible, rencontrer des personnes avec plus d’expérience, et toujours se demander ce qu’on peut faire de plus, puis exécuter.
Vogue a écrit un article sur toi, quel effet cela fait-il ?
C’est fabuleux, et cela m’a vraiment fait plaisir d’être reconnu par un magazine aussi prestigieux. Je suis très fier, et cette reconnaissance me motive encore davantage.
Comment concilies-tu vie de couple et entrepreneuriat avec Irina ?
Quand on a trouvé la bonne personne avec qui partager sa vie, le reste devient simple. CHATQN est notre premier bébé, et cette aventure ne fait que renforcer notre relation.
Merci beaucoup à Sébastien pour cette interview. Plus d’informations sur le site de CHATQN.
Pour aller plus loin sur le marché de la mode et de la lingerie en Chine, notre article sur le marché de la lingerie en Chine et notre guide pour comprendre le marché de la lingerie en Chine permettent d’approfondir le sujet. Les marques de mode étrangères qui préparent leur entrée en Chine peuvent s’appuyer sur l’accompagnement d’une agence spécialisée. Les tendances du marché de la lingerie en Chine restent suivies de près par Statista, et la presse comme Les Echos couvre régulièrement l’essor des marques françaises de mode en Chine.
