Le Marché de la Santé en Chine : 2 000 milliards de dollars

Besoin d’une agence marketing pour vous aider à vendre en Chine?

Contactez Nous

Je suis Philip Chen, CEO de GMA. Je vis à Shanghai depuis des années et je passe une bonne partie de mon temps à regarder les Chinois consommer, chercher, comparer, avant d’acheter. Sur la santé, ce que je vois depuis deux ans, c’est une accélération franche, et un segment en particulier tire tout le marché vers le haut : les compléments alimentaires. Le marché chinois de la grande santé, ce que les Chinois appellent 大健康 (dà jiànkāng, littéralement « la grande santé », un terme qui regroupe la médecine, le bien-être, la nutrition et tout ce qui touche au corps), pèse aujourd’hui plus de 10 000 milliards de yuans, soit environ 1 500 milliards de dollars.

Cet article date à l’origine de 2024. Je l’ai repris entièrement en 2026, puis à nouveau approfondi pour en faire notre guide de référence sur le sujet : les chiffres ont bougé, la manière dont les Chinois cherchent une information santé a changé (DeepSeek est passé par là), et surtout, le marché des compléments alimentaires a pris une ampleur qui mérite sa propre section détaillée. C’est le sujet que je vois revenir le plus souvent en rendez-vous client ces derniers mois.

Le marché de la santé en Chine en 2026 : la vraie taille

Parlons chiffres, parce que c’est souvent la première question qu’on me pose en rendez-vous. Le marché chinois de la santé au sens large (soins, pharma, dispositifs médicaux, bien-être, nutrition) pesait déjà plus de 10 000 milliards de yuans en 2026, et le média chinois 36Kr évoque une trajectoire vers 16 000 milliards de yuans d’ici 2030. Si on regarde uniquement le marché des soins de santé au sens occidental (hôpitaux, assurance, pharma, dispositifs médicaux), les analystes internationaux parlent de 1 550 milliards de dollars en 2026, avec une trajectoire vers 2 620 milliards d’ici 2032, soit une croissance annuelle moyenne de plus de 9%.

Dans le détail, la santé et le vieillissement pèsent le plus lourd. Le secteur du soin aux personnes âgées (养老, yǎnglǎo) représente à lui seul plus de la moitié du grand marché de la santé chinois. Mais le sous-marché qui progresse le plus vite en ce moment, et qui intéresse le plus les marques étrangères qui viennent nous voir, c’est celui des compléments alimentaires. J’y consacre une section entière plus bas, parce qu’il mérite d’être compris à part.

Le marché de la santé en Chine en 2026

D’où vient cette croissance : la réforme du système de santé chinois

Pour comprendre où va le marché, il faut comprendre d’où il vient. Depuis les années 1980, la Chine a fait des progrès réels en santé publique, l’espérance de vie a augmenté, la mortalité infantile a baissé. Mais la crise du SRAS en 2003, puis le scandale du lait contaminé à la mélamine en 2008, ont montré au grand jour les failles du système. Depuis 2006, et plus fortement depuis 2009, Pékin a lancé une série de réformes pour moderniser la santé publique.

Les chiffres de cette réforme donnent le vertige. La couverture d’assurance maladie est passée de 15,7% de la population en 2004 à plus de 95% en 2011. Depuis 2009, l’État chinois a investi plus de 850 milliards de yuans (environ 92 milliards d’euros) dans la modernisation du système, un montant révisé à la hausse de 280 milliards de yuans supplémentaires tant les besoins initiaux avaient été sous-estimés.

Malgré ça, des inégalités persistent. En zone rurale, l’accès aux soins pour les maladies chroniques reste compliqué. Les hôpitaux publics absorbent encore l’essentiel des patients, ce qui crée des files d’attente et pousse une partie de la classe moyenne urbaine vers le privé, les assurances complémentaires, et de plus en plus, vers l’autodiagnostic et la prévention.

Et c’est exactement là que le marché s’ouvre pour les marques étrangères. Pas dans les hôpitaux publics, mais dans tout ce qui entoure la prévention, le bien-être, la nutrition et le soin aux seniors.

Olivier Verot, fondateur de GMA

« Ce que je vois depuis dix ans à Shanghai, c’est que la santé en Chine n’est plus un marché de rattrapage, c’est un marché de prévention. Les marques qui gagnent ne vendent pas un médicament, elles vendent une routine. C’est un changement de posture complet pour une entreprise européenne habituée à vendre sur ordonnance ou en pharmacie. »
— Olivier Verot, fondateur de GMA

银发经济 : le marché des seniors chinois explose

Voici un chiffre qui devrait intéresser toute marque santé, beauté ou nutrition qui regarde la Chine : le pays compte aujourd’hui 323 millions de personnes de plus de 60 ans, soit 23% de la population totale. Les Chinois appellent ça le 银发经济 (yínfà jīngjì), littéralement « l’économie des cheveux argentés ».

Ce marché du grand âge pèserait environ 18 700 milliards de yuans en 2026, en hausse de 14,7% sur un an selon Sina Finance. Et il ne s’agit plus seulement de couches pour adultes et de cannes. La nouvelle génération de seniors chinois, celle qui a grandi avec la réforme économique, veut de la qualité de vie, de l’épanouissement personnel, et de la technologie. Le marché des maisons intelligentes pour seniors (智慧养老) pèse à lui seul plus de 7 200 milliards de yuans.

Fait amusant que je remarque de plus en plus en rendez-vous client : la prévention santé commence de plus en plus tôt en Chine. 14,3% des gens qui s’intéressent activement au bien-être et à la prévention ont moins de 30 ans. Les 41-50 ans, ceux qui ont vu leurs parents vieillir et qui gagnent bien leur vie, sont le vrai moteur de consommation aujourd’hui.

Pour une marque française ou européenne, ça change la cible. On ne vend plus à la personne âgée elle-même. On vend à ses enfants, actifs, urbains, qui achètent en ligne pour leurs parents, ou à des quadragénaires qui préparent leur propre vieillissement.

Zoom sur les compléments alimentaires : le vrai moteur de croissance du marché santé chinois

C’est le segment que je veux détailler ici, parce que c’est celui qui revient le plus dans nos briefs clients, et celui où une PME française a le plus de chances réelles de percer sans devoir affronter un géant pharmaceutique.

Le marché chinois des produits de santé fonctionnelle (保健食品, bǎojiàn shípǐn, littéralement « aliments de préservation de la santé », l’équivalent réglementaire chinois de nos compléments alimentaires) pesait 230,82 milliards de yuans en 2024, et devrait atteindre 253,1 milliards de yuans en 2026 selon 智研咨询 (Zhiyan Consulting). Si on prend la définition plus large des compléments alimentaires (膳食补充剂), le marché atteignait déjà environ 264,6 milliards de yuans en 2023, avec les vitamines et minéraux qui à eux seuls représentent 55,1% du total, soit environ 145,8 milliards de yuans. La trajectoire est nette : certains cabinets internationaux évaluent le marché global chinois des compléments à 25,9 milliards de dollars en 2024, avec une projection à 46,6 milliards de dollars d’ici 2030, porté par une croissance de 16,2% sur un an au premier semestre 2025.

Trois dynamiques de consommation à connaître si vous vendez, ou voulez vendre, des compléments en Chine :

  • La santé intestinale (肠道健康) explose. 52% des consommateurs chinois expriment un intérêt fort pour la santé intestinale au moment de choisir un complément. Probiotiques, prébiotiques, fibres fonctionnelles : ce segment est en train de devenir aussi central que les vitamines classiques.
  • La personnalisation devient la norme. 77% des consommateurs chinois jugent important qu’un complément soit adapté à leur profil individuel plutôt que vendu en format générique. Les marques qui proposent un diagnostic (souvent via un mini-programme WeChat ou un quiz Xiaohongshu) avant de recommander un produit convertissent nettement mieux.
  • La « beauté de l’intérieur » cartonne chez les 25-40 ans. Collagène, acide hyaluronique en gélules, formules antioxydantes : ce segment beauté-nutrition, porté quasi exclusivement par une clientèle féminine urbaine, est devenu l’un des moteurs de croissance les plus rapides du secteur, aux côtés du sommeil, du stress et de l’énergie chez les millennials et la génération Z, qui ont largement pris le relais des seniors comme moteur de consommation sur ce segment.

3 acteurs qui dominent le marché des compléments alimentaires en Chine

Pour situer le niveau de concurrence, voici trois acteurs qu’une marque étrangère croisera forcément en analysant ce marché, avec leur site officiel en chinois pour que vous puissiez aller voir directement comment ils se positionnent.

汤臣倍健 / By-Healthby-health.com. C’est le numéro un du marché domestique, avec environ 9,4% de part de marché en 2024, devant tous les autres acteurs locaux. By-Health a construit sa position sur la science (marketing autour de la recherche nutritionnelle) et une présence massive en pharmacie comme en e-commerce. C’est la référence à laquelle un client chinois compare implicitement tout complément importé sur le critère du sérieux scientifique.

无限极 / Infinitusinfinitus.com.cn. Filiale du groupe Lee Kum Kee (la sauce soja), Infinitus mise sur la médecine traditionnelle chinoise et un modèle de vente directe très ancré dans les réseaux personnels, un peu à la manière d’un Herbalife à la chinoise. Sa part de marché avoisine 2,1%, mais son maillage humain reste un atout que les marques 100% digitales sous-estiment souvent.

纽崔莱 / Nutrilite (Amway Chine)amway.com.cn. La marque de compléments du groupe américain Amway, présente en Chine depuis des décennies, s’appuie sur plus de 190 brevets liés à la nutrition et aux extraits de plantes depuis 1953. Nutrilite fait partie, avec Amway, Herbalife, Suntory, Infinitus et By-Health, du groupe des cinq acteurs qui pèsent ensemble plus de 14% du marché chinois des compléments. C’est la preuve qu’une marque étrangère peut durablement s’imposer en Chine sur ce secteur, à condition d’investir le temps et la crédibilité scientifique nécessaires.

Ces trois acteurs n’ont clairement pas le même modèle : science et pharmacie pour By-Health, vente directe et TCM pour Infinitus, recherche et ancienneté pour Nutrilite. Pour une PME européenne, la bonne nouvelle est qu’aucun des trois ne domine à plus de 10% : le marché reste fragmenté, ce qui laisse une vraie place à une marque de niche bien positionnée, notamment sur le sommeil, le stress ou la beauté de l’intérieur.

Olivier Verot, fondateur de GMA

« Aucun de ces trois leaders ne dépasse 10% de part de marché. C’est le détail que la plupart de nos clients ratent quand ils regardent la Chine de loin : ils voient des géants et se découragent, alors que le marché des compléments reste en réalité très fragmenté. Une marque de niche bien racontée a toujours sa place, à condition de ne pas arriver les mains vides côté preuve scientifique. »
— Olivier Verot, fondateur de GMA

Compléments alimentaires, CBEC et Douyin : où se joue la bataille en ce moment

Si vous êtes une marque de compléments alimentaires, de vitamines ou de produits de nutrition, voici où se passe vraiment le combat en 2026. Sur les plateformes e-commerce santé, Tmall garde la tête avec 40,3% de part de marché, Douyin talonne à 38,8%, et JD Health suit à 20,9%. Il y a trois ans, Douyin pesait beaucoup moins. Aujourd’hui c’est le canal qui grossit le plus vite.

Pourquoi Douyin ? Parce que les Chinois n’y vont plus seulement pour se divertir, ils y achètent sur un coup de tête déclenché par une vidéo ou un live. C’est ce qu’on appelle le 兴趣电商 (xìngqù diànshāng), littéralement « le e-commerce d’intérêt » : vous ne cherchez pas un produit, un contenu vous le met sous les yeux au bon moment et vous l’achetez dans la foulée. Sur les compléments santé, le cross-border e-commerce (CBEC, la vente sans licence chinoise via des entrepôts bonded) représente à lui seul 54% d’un marché Douyin santé estimé à 2,5 milliards de dollars, en croissance de 18% sur un an.

Ce que ça veut dire concrètement pour vous : vous pouvez tester le marché chinois de la santé sans licence NMPA (l’équivalent chinois de l’ANSM), via le CBEC, avant d’investir dans un enregistrement produit complet. C’est plus lent à faire grossir, mais c’est beaucoup moins risqué pour commencer, surtout sur des compléments alimentaires où la marge d’erreur réglementaire à l’entrée est plus faible que sur un dispositif médical.

Autre tendance de fond : plus de la moitié des acheteurs chinois de produits de bien-être préfèrent des produits intégrant des éléments de médecine traditionnelle chinoise (TCM), et sont prêts à payer jusqu’à 20% plus cher pour ça, selon Jing Daily. Une marque occidentale qui ignore complètement les codes du 治未病 (zhì wèi bìng, « soigner avant que la maladie n’arrive », un principe fondateur de la médecine chinoise) part avec un désavantage face aux marques locales qui savent en jouer, y compris sur un simple complément vitaminé.

Marketing digital santé en Chine

Comment les Chinois cherchent une information santé aujourd’hui (et pourquoi ça change votre référencement)

On le disait déjà dans la version 2024 de cet article : environ 30% des recherches sur Baidu concernent la santé. Ce chiffre n’a pas bougé. Ce qui a bougé, c’est l’outil que les gens utilisent pour chercher.

Depuis l’explosion de DeepSeek, une partie grandissante des Chinois pose directement ses questions médicales à un assistant IA plutôt que de taper une requête sur un moteur de recherche classique. Des acteurs de la santé numérique comme Ping An Health ou ClouDr ont déjà intégré des modèles type DeepSeek dans leurs plateformes pour répondre aux patients. Il y a même eu des cas, largement relayés en ligne, de patients qui contestent le diagnostic de leur médecin parce que « DeepSeek a dit autre chose ». Ce n’est pas forcément une bonne nouvelle pour la médecine, mais c’est un fait pour votre stratégie de contenu.

Concrètement, votre contenu santé en Chine doit maintenant exister à deux niveaux : optimisé pour Baidu comme avant, mais aussi structuré pour être compris et cité par les moteurs IA chinois. On appelle ça le GEO (Generative Engine Optimization). On en parle plus en détail dans notre article sur le secteur de la santé en Chine.

Les 10 tendances qui redessinent le marché de la santé en Chine en 2026

  1. Les compléments alimentaires deviennent le moteur numéro un de la croissance santé, devant les dispositifs médicaux et les cosmétiques santé, portés par les vitamines/minéraux, la santé intestinale et la beauté de l’intérieur.
  2. La personnalisation par diagnostic digital. Quiz WeChat, mini-programmes, recommandations sur-mesure : 77% des consommateurs veulent un produit pensé pour eux, pas un format générique.
  3. La santé intestinale devient un segment à part entière, avec des probiotiques et prébiotiques qui sortent du rayon digestion classique pour devenir un argument beauté et immunité.
  4. Le rajeunissement de la base clientèle. Les millennials et la génération Z ont dépassé les seniors comme moteur de consommation sur le sommeil, l’énergie et la gestion du stress.
  5. La fusion TCM et science occidentale. Les marques qui associent extraits de plantes chinoises et preuve scientifique moderne captent une prime de prix de 20% face à celles qui ignorent la médecine traditionnelle.
  6. Le CBEC comme porte d’entrée sans licence. De plus en plus de marques testent le marché via le cross-border e-commerce avant d’investir dans un enregistrement NMPA complet.
  7. Douyin devient un canal de vente santé à part entière, porté par le e-commerce d’intérêt, avec une croissance plus rapide que Tmall ou JD Health sur les compléments.
  8. Le GEO s’impose à côté du SEO Baidu. Les consommateurs posent leurs questions santé directement à des assistants IA type DeepSeek, ce qui change la façon dont un contenu doit être structuré pour être trouvé.
  9. L’économie des cheveux argentés se digitalise. Le marché des maisons et objets connectés pour seniors (智慧养老) dépasse 7 200 milliards de yuans, porté par les enfants actifs qui achètent pour leurs parents.
  10. La confiance prime sur le prix. Sur la santé plus que sur n’importe quel autre secteur, un KOC qui montre un usage réel et durable du produit convertit mieux qu’une publicité classique, quel que soit le budget média engagé derrière.

Comment réussir sur le marché de la santé en Chine ?

Oui, il y a des opportunités pour les sociétés françaises et européennes. Mais il faut naviguer en eaux troubles, la réglementation santé chinoise ne pardonne pas l’amateurisme.

Les marques qui réussissent travaillent leur réputation, leur notoriété, et collaborent intelligemment avec les autorités locales. Voici ce que je recommande, en ordre d’importance, à chaque marque santé qui me consulte :

  1. Le trust d’abord. Sur la santé plus que sur n’importe quel autre secteur, la confiance fait toute la différence. Un Chinois qui doute de votre légitimité n’achètera jamais, même si votre produit est excellent.
  2. Les réseaux sociaux chinois. WeChat, les forums santé spécialisés, et de plus en plus Xiaohongshu et Douyin pour la nutrition et le bien-être.
  3. Le SEO Baidu et maintenant le GEO. 30% des recherches Baidu concernent la santé. Une stratégie de contenu solide sur ce sujet vaut de l’or.
  4. Du contenu qui répond vraiment aux questions. Questions-réponses, conseils pratiques, ce qui vous donne de la crédibilité plutôt que de la publicité pure.
  5. Les journalistes et les KOL santé. Un article bien placé ou une recommandation d’un KOL de confiance pèse plus qu’une campagne publicitaire classique.
  6. De l’engagement réel. Vidéos, articles de qualité, contenu qui crée une conversation plutôt qu’un monologue publicitaire.
  7. La distribution physique, si votre budget le permet : être présent dans les pharmacies et points de vente spécialisés reste un signal de légitimité fort.
  8. Le e-commerce. JD et Tmall vendent énormément de produits santé (compléments, vitamines, produits de soin). Douyin est en train de les rattraper, comme on l’a vu plus haut.
  9. Les canaux non digitaux. Ils existent, mais honnêtement je n’en connais pas beaucoup de pertinents pour une marque étrangère qui démarre. 😉

Ce que j’ai vu marcher : le cas de Marc

Marc dirige une marque belge de compléments alimentaires à base de plantes, spécialisée dans le sommeil et la gestion du stress. Il est venu nous voir en 2025 avec un problème simple : son produit se vendait très bien en Europe, mais sa seule tentative sur le marché chinois, un magasin Tmall ouvert avec une agence locale bon marché, générait moins de 3 000 yuans de ventes par mois après huit mois d’activité.

Ce qu’il avait tenté et qui n’a pas marché : traduire son site européen tel quel en chinois, mettre le produit en ligne, et attendre. Aucune adaptation au marché, aucun travail sur la confiance, zéro présence sur les réseaux sociaux chinois.

Ce qu’on a changé, et pourquoi ça a marché : on a d’abord basculé sa distribution vers le CBEC pour éviter l’enregistrement NMPA complet au démarrage. On a construit une présence Xiaohongshu autour du sommeil, un sujet qui parle à énormément de jeunes actifs chinois stressés, avec trois KOC (des micro-influenceurs, pas des stars) qui ont testé le produit sur la durée et partagé des retours honnêtes, bémols compris. Puis on a lancé une campagne d’e-commerce d’intérêt sur Douyin, ciblée sur les 25-40 ans urbains. Ça a marché parce que le sommeil est un sujet où la confiance prime sur le prix : les Chinois veulent voir quelqu’un qui leur ressemble avoir vraiment essayé le produit avant d’acheter.

Résultat après six mois : le chiffre d’affaires mensuel sur Tmall et Douyin combinés est passé à environ 45 000 yuans, avec un taux de rachat de 22%, ce qui est solide pour un complément alimentaire importé.

Questions fréquentes sur le marché de la santé en Chine

Faut-il une licence chinoise (NMPA) pour vendre des produits de santé en Chine ?

Pas forcément pour commencer. Le CBEC (cross-border e-commerce) permet de vendre des compléments alimentaires et certains produits de bien-être sans enregistrement NMPA complet, via des entrepôts bonded. C’est une bonne façon de tester le marché avant d’investir dans un enregistrement produit, qui peut prendre 12 à 24 mois et coûter cher.

Douyin ou Tmall, sur quelle plateforme se concentrer en premier ?

Ça dépend de votre produit et de votre budget. Tmall reste le plus gros volume et rassure par son sérieux. Douyin grossit plus vite et coûte moins cher à démarrer, mais demande du contenu vidéo régulier et de bons partenariats KOC. Beaucoup de nos clients font les deux en parallèle dès que le budget le permet.

Combien de temps avant de voir des résultats sur le SEO santé en Chine ?

Comptez 6 à 12 mois pour un vrai décollage sur Baidu, sur un sujet aussi concurrentiel que la santé. Le GEO, la visibilité dans les réponses des moteurs IA type DeepSeek, peut bouger plus vite si votre contenu est bien structuré, mais c’est un chantier qui se construit en parallèle, pas à la place du SEO classique.

Le marché des seniors chinois est-il vraiment accessible à une marque étrangère ?

Oui, mais rarement en vendant directement à la personne âgée. La cible qui achète, ce sont souvent les enfants actifs ou les quadragénaires qui préparent leur propre vieillissement. Pensez votre message et vos canaux (WeChat, Douyin) pour cette génération intermédiaire, pas pour vos grands-parents à vous.

Peut-on réussir sur la santé en Chine sans passer par la médecine traditionnelle chinoise ?

Oui, mais ça demande plus d’efforts sur la confiance ailleurs. Plus de la moitié des acheteurs chinois de produits de bien-être préfèrent des produits intégrant des codes de la TCM et paient jusqu’à 20% de plus pour ça. Vous pouvez vous en passer, à condition de compenser avec une preuve scientifique solide et une présence KOL crédible.

Quelle est la différence entre 保健食品 et 膳食补充剂 ?

保健食品 (bǎojiàn shípǐn) est la catégorie réglementaire officielle chinoise, proche de notre notion de complément alimentaire, avec un enregistrement ou une déclaration NMPA obligatoire pour être vendu en distribution classique. 膳食补充剂 (shànshí bǔchōng jì) est un terme plus large, souvent utilisé en marketing, qui inclut aussi les produits vendus via le CBEC sans passer par cette case réglementaire. La distinction compte beaucoup au moment de choisir votre canal d’entrée.

Faut-il travailler avec By-Health, Infinitus ou Amway plutôt que de les concurrencer ?

Rarement en direct : ce sont des concurrents, pas des partenaires naturels pour une PME étrangère. Mais étudier leur positionnement est utile. By-Health vous montre le standard scientifique attendu, Infinitus vous montre la puissance du relationnel et de la TCM, Nutrilite vous montre qu’une marque étrangère peut durer des décennies en Chine si elle investit dans la recherche.

Le collagène et les compléments beauté fonctionnent-ils vraiment mieux que les vitamines classiques en Chine ?

Sur la cible 25-40 ans urbaine et féminine, oui, nettement. La « beauté de l’intérieur » est un des segments qui grossit le plus vite. Mais les vitamines et minéraux restent la catégorie la plus large en valeur (55% du marché des compléments), donc les deux segments ont leur place selon votre cible.

Quel budget minimum pour tester le marché santé chinois en CBEC ?

Il n’y a pas de chiffre magique, mais nos clients qui testent sérieusement via le CBEC (boutique cross-border + premiers KOC + un peu de média Douyin) démarrent rarement en dessous de l’équivalent de quelques dizaines de milliers d’euros sur les six premiers mois, en comptant le temps d’agence, la production de contenu et les premiers tests média.

Les Chinois font-ils confiance aux compléments alimentaires importés ?

Globalement oui, l’origine étrangère reste un argument de qualité perçue, en particulier pour la France et l’Europe. Mais cette confiance de départ ne suffit plus à elle seule : sans preuve scientifique, sans avis clients visibles et sans présence sur les bons réseaux sociaux chinois, l’avantage « importé » s’érode vite face à des marques locales de plus en plus sérieuses comme By-Health.

Besoin d’accompagnement sur le marché de la santé en Chine ?

GMA, agence marketing Chine

Chez GMA, notre équipe dédiée au secteur santé et médical en Chine accompagne des marques de compléments alimentaires, de dispositifs médicaux et de bien-être, sur le CBEC, le SEO Baidu, le GEO, et les réseaux sociaux chinois. Nous sommes basés en Chine, au cœur du marché.

Et si vous n’êtes pas ambitieux, ce n’est pas la peine de venir attaquer le marché chinois de la santé. C’est un marché compliqué, très réglementé, mais très lucratif pour ceux qui font les choses sérieusement.

  • Bureaux en France, au UK et à Taiwan
  • Équipe de 70 personnes
  • Plus de 1 750 projets menés
  • 100% digital

Envie d’en savoir plus sur les compléments alimentaires en Chine ou sur ce que représente vraiment la Journée de la nutrition chinoise (518) pour votre stratégie marketing ? On en parle dans d’autres articles du blog. Vous pouvez aussi lire notre rapport complet sur le marché pharmaceutique et la santé en Chine.

Philip Chen, CEO de GMA

Philip Chen, CEO de GMA. Basé à Shanghai depuis plus de dix ans, je collectionne les études de marché comme d’autres collectionnent les timbres, et je crois toujours qu’un bon complément alimentaire ne remplace pas une bonne nuit de sommeil (que je n’ai jamais). J’aide les marques étrangères à comprendre ce que les Chinois pensent vraiment, avant qu’elles ne le découvrent à leurs dépens.

Retrouvez Philip sur LinkedIn.

7 commentaires

  • Malgré l’amélioration de la santé des Chinois, les inégalités se creusent dans l’accès aux soins et à la couverture maladie. n Chine, le financement du système de santé publique est décentralisé. Avant les années 80, la grande majorité de la population est rurale

  • AkramShady

    Bonne chance monsieur ! et merci pour cet excellent article
    (AkramShady)

  • Je comprends que c’est un gros marché, mais ne penses tu pas que c’est trop protégé ce marché ? Les hopitaux c est impossible à pénétrer sans être ultra corrompu et ce n’est pas le style des boites françaises… donc oui comme tu dis il y a le online, mais comparé au marché des hopitaux cela reste pinuts non?

  • Alex Lopes

    Je suis toujours très étonne de voir si peu de géants français en Chine dans la santé, il y a la censure oui mais je sais pas on a tellement à leur apprendre et à leur vendre.

Laissez votre commentaire