On est une agence marketing spécialisée sur le marché chinois.
Vous voulez vendre votre vin en Chine. Vous avez peut-être déjà essayé : un compte WeChat ouvert sans stratégie, un listing Tmall qui ne vend rien, un importateur qui promet beaucoup et livre peu. Cet article vous dit où en est vraiment le marché en 2026, ce qui a changé depuis que Marketing-Chine a écrit sur le sujet la première fois, et comment une marque étrangère s’y prend aujourd’hui pour exister durablement.
Olivier Verot signe ce texte. Arrivé à Shanghai pour lancer GMA en 2012, il a aidé bon nombre de châteaux, de domaines et de maisons de spiritueux à entrer en Chine, de la manière de se présenter jusqu’au choix du distributeur.


Le marché du vin en Chine en 2026 : ce qui a vraiment changé
L’article original disait que la Chine était devenue le premier consommateur mondial de vin rouge. C’était vrai il y a une dizaine d’années. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, et il faut le dire clairement plutôt que de vendre du rêve à un producteur qui lit cet article pour décider s’il investit sur ce marché.
Le marché chinois du vin s’est contracté sévèrement depuis 2018. En 2025, les importations totales ont reculé d’environ 27% en volume et de 11 à 15% en valeur selon les sources, pour un total autour de 207 millions de litres. Le prix moyen à l’importation, lui, a grimpé de 16,5 % à près de 22 % selon les sources. Autrement dit : on boit moins de vin étranger en Chine, mais on paie plus cher la bouteille qu’on choisit. C’est un marché qui se resserre autour du haut de gamme et laisse moins de place aux volumes génériques.
Deux événements expliquent l’essentiel de cette évolution.
Le premier est réglementaire. En mai 2025, Pékin a durci sa politique d’austérité pour les administrations et les entreprises d’État : interdiction d’alcool lors des événements officiels, budgets de réception réduits, contrôle renforcé des dépenses de représentation. Le canal des banquets officiels, qui portait une grosse part de la consommation de vin haut de gamme depuis quinze ans, s’est effondré presque du jour au lendemain. Certaines estimations parlent d’un tiers du marché du vin haut de gamme disparu avec cette mesure.
Le second est commercial. La Chine a levé le 29 mars 2024 ses taxes punitives (plus de 200%) sur le vin australien, en vigueur depuis mars 2021 dans un contexte de tensions diplomatiques. L’Australie a repris sa place de premier fournisseur en valeur, avec 41 % des importations de 2025, devant la France qui reste deuxième mais recule aussi. Pour un producteur français, ça veut dire une concurrence directe plus forte qu’il y a cinq ans, au moment même où le gâteau rétrécit.
Il y a quand même une exception qui grossit dans ce tableau morose : le vin effervescent. Sur le premier semestre 2026, c’est la seule catégorie qui progresse à la fois en volume et en valeur à l’import. Les jeunes urbains chinois en consomment de plus en plus, hors des grands repas, sur des moments informels. Si votre gamme inclut un mousseux ou un champagne, ne le traitez pas comme un produit annexe : c’est là que la demande respire encore.
La Chine reste-t-elle un marché à cibler ? Oui, mais pas de la même façon
La classe moyenne urbaine continue de grandir. L’appétit pour les produits étrangers n’a pas disparu, il a changé de forme. La consommation se déplace du banquet officiel vers l’apéritif entre amis, le repas en famille, le week-end à la campagne dans un domaine viticole chinois. Les marques qui gagnent sont celles qui parlent à ce nouveau moment de consommation, pas celles qui vendent encore l’image du grand cru offert à un fonctionnaire.

Lutte anti-contrefaçon : le combat continue
La contrefaçon reste un problème réel pour une marque de vin qui arrive en Chine, en particulier sur les plateformes secondaires et les petits distributeurs non vérifiés. Les marques sérieuses investissent dans la traçabilité : QR code unique par bouteille, parfois couplé à une technologie blockchain, qui permet au consommateur de vérifier l’authenticité en scannant l’étiquette. Signaler activement les infractions auprès de Taobao et JD.com fonctionne, ces plateformes ont des procédures de retrait rapides quand la preuve est solide. Le troisième réflexe, souvent oublié : expliquer sur WeChat et sur Xiaohongshu à quoi ressemble une vraie bouteille, packaging, étiquette, numéro de lot. Un consommateur informé repère lui-même le faux avant de l’acheter.
La corruption a reculé, l’austérité a pris le relais

Le grand tournant de la décennie 2010, c’était la campagne anti-corruption lancée par Pékin : chute des dépenses somptuaires, cadeaux jugés excessifs, baisse de fréquentation des grands restaurants et des KTV. Les maisons viticoles françaises qui avaient bâti leur croissance sur la distribution « gouvernementale » se sont retrouvées à sec, distributeurs et importateurs compris.
Dix ans plus tard, la même logique revient, en plus strict. Le règlement sur la sobriété administrative de mai 2025 ne vise plus seulement les cadeaux et les banquets somptuaires, il interdit purement l’alcool lors des événements officiels. Pour une marque de vin, la leçon est la même qu’en 2013, en plus radicale : ne construisez jamais votre business en Chine sur un canal institutionnel. Ce canal peut disparaître par décret, et il l’a fait deux fois en douze ans.
Prix bas ou marque reconnue : le vrai choix stratégique
C’est là que se joue l’essentiel de la pénétration du marché. Les vins du nouveau monde ont longtemps gagné du terrain grâce à des prix bas, un goût plus fruité et un packaging moins classique que le vin français traditionnel. Mais un acteur du secteur vin en Chine résumait bien la situation il y a quelques années : le marché chinois du vin reste à un stade où la marque et la notoriété comptent énormément, et il est presque impossible pour une marque neuve d’obtenir ces deux facteurs rapidement.
C’est toujours vrai en 2026, avec une nuance : la notoriété ne se construit plus seulement par la distribution physique ou les salons. Elle se construit sur Xiaohongshu, par le contenu, avant même que la bouteille soit en rayon. Une marque qui arrive en Chine sans histoire à raconter se bat sur le prix. Une marque qui arrive avec une histoire claire, un terroir, un vigneron qu’on peut montrer en vidéo, peut se positionner au-dessus du lot dès le premier mois.

Les acteurs chinois du vin : la fin de la ruée sur Bordeaux
L’article original racontait comment COFCO avait acheté le Château de Viaud, comment Changyu et Dynasty accéléraient leur internationalisation en rachetant des châteaux étrangers. C’était le récit dominant entre 2010 et 2016 : plus de 200 propriétés bordelaises rachetées par des investisseurs chinois en une quinzaine d’années, parfois par des noms connus comme Jack Ma ou l’actrice Zhao Wei.
Ce récit s’est inversé. Depuis fin 2024, entre 50 et 70 châteaux bordelais détenus par des investisseurs chinois sont mis en vente, souvent dans l’urgence. Contrôle des capitaux plus strict en Chine, demande domestique en berne, coût réel d’exploitation d’un domaine français sous-estimé au moment de l’achat : la combinaison a poussé une génération d’acheteurs vers la sortie. Un signal intéressant tout de même, une nouvelle vague d’acheteurs chinois plus jeunes et plus aguerris a recommencé à se positionner sur ces domaines début 2025, à des prix nettement plus bas qu’au sommet du marché.

Côté production domestique, Changyu reste le nom qui compte. Le groupe a mis sa marque haut de gamme Long Yu dans 50 pays et exploite 14 domaines dans le monde. En février 2026, au salon Wine Paris, son vin Long Yu 12 a été distingué aux côtés de Lafite, ce qui a valu au groupe une remarque flatteuse d’Emmanuel Macron sur le savoir-faire viticole chinois. Mais l’image ne suffit pas à compenser le marché : sur l’exercice 2025, Changyu a vu son chiffre d’affaires reculer de près de 9% et son bénéfice net chuter de plus de 75%, un plus bas depuis son introduction en Bourse il y a 25 ans. La leçon pour une marque étrangère : même le leader chinois du secteur souffre du même vent de face que vous. Ce n’est pas un problème d’exécution locale, c’est un marché qui se réorganise entièrement.
Comment vendre son vin en Chine en 2026 : les canaux qui fonctionnent
Le e-commerce a continué de grandir pendant que le canal physique traditionnel reculait, mais vendre en ligne sans marque reconnue revient à casser ses prix sur Tmall ou JD sans rien construire derrière. La bonne approche en 2026 combine trois briques.
Le contenu qui construit la marque, avant la vente. Xiaohongshu reste la plateforme où un acheteur de vin de 25 à 40 ans se renseigne avant d’acheter : accords mets-vin, notes de dégustation simples, visite du domaine en vidéo courte. Ce n’est pas là qu’on vend, c’est là qu’on donne envie.
Le compte privé qui fidélise. Un compte officiel WeChat, avec du contenu régulier et un mini-programme pour commander directement, transforme un acheteur ponctuel en client qui recommande. Attention cependant : depuis fin 2024, les Video Channels (视频号) limitent fortement les tentatives de rediriger les utilisateurs vers du commerce en dehors de l’univers WeChat. La stratégie 2026, c’est capter l’attention sur une plateforme publique, ramener vers son propre compte, puis vendre en respectant les règles de chaque plateforme plutôt qu’en les contournant.
Le direct sur Douyin, en complément, pas en pilier. Le live shopping fonctionne bien pour écouler du volume à prix serré. Ça peut lancer une marque, ça ne la construit pas seule. Utilisez-le pour tester des références, pas pour porter toute votre stratégie chinoise.
Trois erreurs reviennent sans cesse chez les marques que j’ai vues arriver en Chine sans accompagnement : lister sur Tmall Global avant d’avoir la moindre notoriété locale, penser que le vin se vend « comme en France » en misant sur la médaille du salon ou l’appellation, et négocier avec un premier distributeur venu sans avoir vérifié son réseau réel de points de vente. Les trois se corrigent facilement si on les anticipe.
Un exemple : comment un petit domaine familial a trouvé sa place
Prenez Sophie, qui dirige avec son frère un domaine familial en Bourgogne, environ 90 000 bouteilles produites par an. Ils voulaient vendre en Chine depuis trois ans sans savoir par où commencer. Leur première tentative : un listing direct sur Tmall Global, sans aucune préparation de marque. Résultat en six mois : un peu plus de 200 bouteilles vendues, une marge quasi nulle une fois les frais de plateforme déduits, et aucun client qui recommande.
Ce qui a changé la donne : ils ont d’abord construit une présence Xiaohongshu autour de l’histoire du domaine, la transmission familiale, le terroir, avec un partenariat KOC ciblé sur une audience jeune et urbaine plutôt qu’un gros influenceur généraliste. En parallèle, un distributeur régional a placé la gamme dans une trentaine de bars à vin et restaurants à Shanghai et Hangzhou, en s’appuyant sur le contenu déjà existant pour rassurer les acheteurs professionnels. Ça a marché parce que l’offline et l’online se sont nourris l’un l’autre : le contenu donnait envie, le distributeur donnait accès, et personne n’avait à convaincre seul.
Résultat sur la première année pleine : environ 3 200 bouteilles vendues entre canal physique et digital, à un prix moyen 35% plus élevé que sur le seul listing Tmall initial. Pas un chiffre extraordinaire, mais un socle solide et rentable pour continuer.
Mise à jour octobre 2026 : les derniers chiffres
Selon les douanes chinoises, relayées par China Briefing, la Chine a importé 207,2 millions de litres de vin en 2025, pour environ 1,3 à 1,4 milliard de dollars. Au premier semestre 2026, le volume recule encore de 11 %, mais la valeur se stabilise à 716 millions de dollars (+0,8 %).
- La Chine importe deux fois plus de vin qu’elle n’en produit : sa production est tombée à 97 millions de litres en 2025 (-17,1 %), selon le Bureau national des statistiques.
- Le vin français paie 14 % de droit de douane en bouteille. Le vin australien et le vin chilien entrent à 0 %.
- Le vin chinois progresse en qualité : aux Decanter World Wine Awards 2026, le Ningxia a remporté 110 des 214 médailles chinoises, et le Yunnan son premier Platinum (Decanter China).
Pour rencontrer des importateurs, le rendez-vous est ProWine Shanghai, du 10 au 12 novembre 2026. Notre article trouver un distributeur en Chine vous aide à préparer ces rencontres.
Ce que ça veut dire pour votre marque
Le marché du vin en Chine en 2026 n’est plus celui qui grossissait sans effort il y a dix ans. Il est plus petit, plus difficile, et plus rentable pour ceux qui font les choses dans l’ordre : construire une marque avant de vendre, choisir un canal digital adapté à sa cible, et ne jamais dépendre d’un seul distributeur ou d’un canal institutionnel qui peut disparaître d’un décret à l’autre. Retrouvez toute notre actualité sur le vin en Chine sur Marketing Chine, et pour aller plus loin sur un produit ou un marché voisin, lisez pourquoi l’image de marque est primordiale pour un vin en Chine, notre article sur le vin mousseux ou notre guide pour vendre son champagne en Chine.
Questions fréquentes
Faut-il une licence d’importation pour vendre du vin en Chine ?
Oui, l’importation de vin en Chine passe par un importateur ou distributeur titulaire des licences requises (import alimentaire, quarantaine sanitaire). La plupart des petites marques ne passent pas ces licences elles-mêmes, elles travaillent avec un partenaire local déjà agréé. Voir notre guide sur l’export de vins, bières et spiritueux en Chine pour le détail des démarches.
Combien de temps faut-il pour lancer une marque de vin en Chine ?
Comptez six à douze mois entre le choix du positionnement et les premières ventes significatives, si vous construisez une vraie présence digitale en parallèle du circuit de distribution. Une marque qui saute cette étape peut vendre plus vite, mais rarement de façon rentable.
Le marché du vin en Chine est-il vraiment en baisse en 2026 ?
Oui en volume, à cause de la contraction du canal officiel et institutionnel. En valeur, la baisse de 2025 s’est arrêtée au premier semestre 2026 (+0,8 %). Mais le prix moyen à l’import augmente, ce qui montre un marché qui se recentre sur le haut de gamme plutôt qu’un marché qui meurt. C’est un marché plus étroit, pas un marché fini.
Faut-il d’abord vendre en ligne ou passer par un distributeur physique ?
Les deux ensemble fonctionnent mieux que l’un sans l’autre. Le contenu en ligne construit la confiance, le circuit physique donne l’accès et la crédibilité auprès des professionnels. Commencer uniquement en ligne, sans notoriété, mène souvent à une guerre des prix perdue d’avance.
Le vin français a-t-il encore un avantage face à la concurrence australienne ou chilienne ?
L’image reste forte, mais elle ne suffit plus depuis que l’Australie a retrouvé l’accès total au marché en 2024. L’avantage se joue maintenant sur l’histoire de la marque et la qualité de la présence digitale, pas sur la seule mention « vin de France » sur l’étiquette.
Quel budget prévoir pour une première présence digitale en Chine ?
Ça dépend fortement de l’ambition, mais une première stratégie sérieuse (compte WeChat, contenu Xiaohongshu, un ou deux partenariats KOC) démarre rarement en dessous de quelques milliers d’euros par mois sur les six premiers mois. En dessous, la présence existe mais ne construit pas de notoriété mesurable.
La politique d’austérité de 2025 va-t-elle durer ?
Rien ne l’indique en sens inverse pour l’instant. Ce type de mesure répond à un objectif politique de long terme, pas à une contrainte budgétaire passagère. Une marque qui bâtit sa stratégie chinoise sur l’hypothèse d’un retour du canal institutionnel prend un risque inutile.
GMA vous accompagne pour vendre votre vin en Chine
Chez GMA, on ne vend pas de plan marketing générique à une marque de vin. On construit d’abord le positionnement : qui est votre acheteur chinois en 2026, sur quelle plateforme il se renseigne, avec quel distributeur il croisera votre bouteille. On a vu trop de domaines brûler un budget sur un listing Tmall sans personne pour le découvrir.
Notre équipe a accompagné des marques comme celle de Sophie citée plus haut : un domaine familial sans notoriété en Chine, transformé en douze mois en marque identifiable sur Xiaohongshu et distribuée dans une trentaine de points de vente à Shanghai et Hangzhou, avec un prix moyen 35% supérieur à sa première tentative solo sur Tmall.
Un domaine à présenter aux acheteurs chinois ? Envoyez-nous votre dossier, on vous dira franchement où vous en êtes. Olivier commente l’actualité du vin en Chine sur LinkedIn et sur X. Les derniers cas clients de l’agence sortent sur son compte LinkedIn.
Pour aller plus loin : la distribution de vin en Chine, comment ça marche, l’interview de Jean-Charles Letellier, directeur export de GVG, ou notre agence distribution en Chine si vous cherchez un partenaire local.
Sources : Winesinfo, sur l’impact de l’interdiction d’alcool aux événements officiels, Xinhua, sur le règlement de sobriété administrative de mai 2025, et The Drinks Business, sur la revente des châteaux bordelais par des investisseurs chinois.



2 commentaires
Stéphanie
Espérons pour le marché du vin que la Chine va arrêter ces mesures de répression contre le gouvernement qui boit du vin français.